Un rassemblement qui se veut apolitique et spontané a eu lieu sur la Place de la République de Lille, ce samedi après midi. Ils étaient plusieurs centaines, massés sous le brouillard, à  avoir fait le déplacement pour exprimer leur soutien aux habitants d’Alep.

« Combien d’Aylan pour qu’on comprenne que ça doit cesser ? »
 

Il est à peine plus de 14h. Une tente dressée sur place, l’air est humide, et le froid tenace. Des hauts parleurs diffusent en  boucle une chanson hommage à Aylan, petit garçon retrouvé mort sur une plage dont la photo avait fait réagir le monde. Les prises de paroles se succèdent ensuite. La foule massée devant la fontaine, d’où s’expriment les orateurs, applaudit les discours. Deux professeurs d’université syriens racontent avoir vu leurs élèves se faire frapper sous leurs yeux par les « services des renseignement » du régime. Et l’homme de poursuivre : « Aujourd’hui, le monde est trop connecté, on ne peut plus fermer les yeux ! ». Et la femme de compléter : « Le régime créé un ennemi, ce n’est pas une guerre civile, c’est une révolution avortée ! », en larmes.

« Non à la guerre, il ne faut plus tuer les enfants » : Yamina, 7 ans.  

Des bénévoles d’une association présentent une mise en scène, au son de récits d’enfants.

Sonate au clair de lune : « Le pire des moments, c’est quand le nuit tombe à Alep »


La foule est émue. Plusieurs drapeaux flottent, sont portés sur les épaules par participants. « Qu’est ce que c’est triste.. » réagissent deux cinquantenaires, assises sur un muret. « On a vu à la télé ce qu’il se passe là bas, c’est terrible ! ». Plus loin, sous la tente, un stand de l’association « Syria Charity ». Les bénévoles distribuent des tracts et proposent d’écrire un petit mot de soutien sur un grand panneau. « J’ai honte d’être en sécurité ici alors que les enfants sont tués en Syrie » crie une syrienne de la région de Damas au micro. Le rassemblement se clôture par une minute de silence.

La foule, le poing levé ou les doigts en ‘V’, pour la « victoire de la paix » dit-on ici.

Quentin Trigodet
(Photos : Quentin Trigodet / LPA)