C’est la fin du Sidaction, et avec plus de 4 millions de dons collectés, l’édition 2016 confirme la tendance à la baisse des sommes d’argent récoltées année après année. Des statistiques sont parues ces derniers jours montrant la méconnaissance de cette maladie. C’est l’occasion pour nous de regarder ce qui a changé pour les malades depuis la découverte de la maladie en 1983.

 

Des soins efficaces, mais une maladie toujours incurable

Depuis 1996 et la première trithérapie, la médecine s’est considérablement améliorée dans le domaine de la lutte contre la propagation du virus. Les médecins associent plusieurs médicaments qui ne permettent pas de tuer le virus mais simplement de le bloquer en empêchant sa prolifération. Deux familles de molécules sont principalement utilisées. Les inhibiteurs de la transcriptase inverse empêchent le virus de se multiplier et les anti protéases suppriment la capacité du virus à contaminer d’autres cellules.

La contamination, un enjeu majeur

Même si ces médicaments, associés à d’autres, ne permettent pas d’éradiquer la maladie, une personne séropositive peut tout de même vivre avec une crainte moindre de contaminer quelqu’un. Une mère séropositive peut désormais enfanter sans transmettre le SIDA à sa progéniture. Certains individus séropositifs qui se soignent, que l’on appelle les séropositifs “indétectables” sont théoriquement incapables de contaminer une personne, même par la voie sexuelle. Dans ce cas, le virus est réduit par les médicaments à une souche certes présente mais totalement incapable de s’implanter chez un autre sujet.
Même si des traitements post-exposition d’urgence à prendre à l’hôpital dans les heures suivant une contamination supposée existent, le meilleur moyen reste toujours d’empêcher physiquement le virus de passer d’un corps à l’autre grâce à un préservatif. L'État a d’ailleurs mis en place depuis 2006 la présence de distributeurs de préservatifs dans les lycées. Le préservatif, qui malgré les efforts acharnés des associations, connaît toujours une assez mauvaise réputation chez les jeunes.


Les hommes homosexuels plus que jamais en danger

Le cliché communément admis associe cette maladie aux homosexuels. Les faits ont malheureusement tendance, sur le long terme, à confirmer ce cliché. AIDES, l’association de lutte contre le sida et les hépatites insiste dans son travail d’information sur le point suivant : les hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes sont les premières cibles du virus.
Les chiffres pour la France sont alarmants. Les hommes ayants des rapports sexuels avec un autre homme, que l’on appelle HSH en statistique sont depuis 2006 le groupe connaissant le plus de découvertes de séropositivité. D’après l’institut national de veille sanitaire, les HSH sont le seul groupe statistique dont le nombre de nouvelles contaminations augmente années après années. Cela, cumulé au fait que le nombres de nouvelles contaminations des HSH par d’autres infections sexuelles est aussi en augmentation.

N’oublions tout de même pas que si la France reste une bulle en matière de soins apportés aux séropositifs, la situation des pays pauvres en termes de prévention et de traitements est catastrophique. En 2013, dans le monde, seuls 37% des personnes connaissant leur séropositivité ont eu accès à un traitement. Cette même année, 1,5 millions de personnes sont décédées dans le monde des suites du Sida, d’après Sida Info Services.