La France, comme attendu, n’a pas cédé. Emmanuel Macron a su suffisamment fédérer autour de lui pour devenir, en ce dimanche 7 mai 2017, le huitième président de la Vème République Française.

Le brillant jeune homme devenu roi
 

Deux ans. Deux ans pour passer du rang d’inconnu du grand public à président d’une des plus grandes puissances du monde. Deux ans pour entrer au gouvernement, devenir l’un des ministres les plus populaires d’un gouvernement à la dérive, créer son mouvement politique, démissionner, se présenter à l’élection, doubler François Hollande par sa droite, engranger des soutiens venus de tout l’échiquier politique, gagner.

L’ancien énarque a vu, pendant sa campagne, affluer des soutiens tous azimuts, la droite qui ne voulait pas de Fillon, la gauche dite “réaliste” et le centre se sont vite joint à lui, pour le propulser à une vitesse éclair comme le meilleur candidat pour terrasser Marine Le Pen. Ses meetings géants, où il arrivait fendant la foule telle une star ont également façonné son image d’un garçon sûr de lui, parlant, parfois s’emportant, face à une foule galvanisée. Emmanuel Macron a imposé ses drapeaux européens dans les meetings alors qu’il n’y avait que trois candidats ouvertement pro-européens dans cette élection. L'homme de 39 ans a, en fait, gagné avec,et non pas sur, ses idées. Refusant de changer son programmer pour attirer les Insoumis de Jean-Luc Mélenchon, il a montré sa rigueur et le sérieux de son projet.

Seulement, il faut bien reconnaître que l’ancien banquier d’affaires a su piocher la bonne carte au bon moment. La défaite surprise d’Alain Juppé à la primaire de la droite au profit d’un François Fillon très “droitier” lui a fait profiter d’un report de voix impressionnant, tout comme la défaite de Manuel Valls lors de la primaire de la Belle Alliance Populaire. Ces deux hommes étaient les plus à même de marcher sur les plates-bandes du fondateur d’En Marche !. Une élection l’opposant à l’un des deux l’aurait à coup presque sûr éjecté hors du second tour. L’opportunisme, la chance, mais aussi la carte joker. Un homme jeune, qui connaît le monde des affaires, plutôt élégant, doté d’une culture impressionnante, chantre du social-libéralisme, avait finalement tout pour plaire au plus grand nombre. Sa stratégie de se positionner d’abord “ni à droite, ni à gauche”, puis sensiblement à droite, puis sensiblement à gauche lors de sa toute fin de campagne s’est révélée gagnante. La composition de son programme s’est également révélée inédite : la fameuse marche à la rencontre de français pour modeler son programme a beaucoup fait parler, puisque retardant la publication de ce dernier.

Finalement, l’ancien membre du Parti socialiste a su jongler également entre toutes les attaques, notamment celles sur son programme, avec habileté. Seulement, l’avenir ne semble pas si rose pour Emmanuel Macron.

 

Une recomposition inédite de la vie politique

Une chose est certaine depuis le premier tour, la politique française ne sera plus jamais la même. L’élimination précoce des deux partis “présidentiables” a conduit à une campagne de deuxième tour inédite, violente et parfois même fatigante. Le front républicain s’étant envolé, Emmanuel Macron va devoir apprendre à gouverner avec une cote de popularité très faible pour un président à peine élu. L’opposition aura plusieurs visages et ils seront tous très puissants. Déjà, l’aventure s’annonce ardue pour l’ancien ministre de l’économie, qui va devoir très vite rassurer notamment les Français qui ont choisi l’abstention. Les élections législatives sont déjà son prochain objectif, puisqu’il est crucial qu’elles le placent en position de force à l’Assemblée. Pas une mince affaire. La survie de son futur Premier ministre en dépend (déjà). Cette recomposition politique, longtemps désirée par beaucoup d’électeurs, saura-t-elle tenir dans le temps ? Il ne tient pas à grand chose à ce que le pays devienne ingouvernable. C’est pour cela que le nouveau président va d’abord gouverner par ordonnances, pour mettre en place le plus vite possible des idées prioritaires, qui auront la lourde tâche de convaincre.

PAR THÉOPHILE PEDROLA
PHOTO AFP

Macron, un homme jeune qui connaît le monde des affaires, plutôt élégant, doté d’une culture impressionnante et chantre du social-libéralisme, avait finalement tout pour plaire au plus grand nombre.

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