Mariage homosexuel : l’Italie dit presque oui

Le 11 mai, le Parlement italien a enfin adopté le projet d’union des couples homosexuels. L’aboutissement d’un travail qui a déchiré tout le pays.
 

Enfin un statut pour les couples homosexuels
 

Le cas de l’union civile homosexuelle a révélé les faiblesses du système parlementaire italien, à l'intérieur duquel l’inaction a toujours été préférée à la réforme. En fait, si l’idée d’un statut pour les couples homosexuels semblait être acceptée par une large partie de parlementaires, il ne s’agissait que de quelques opposants dans chaque groupe de la majorité qui faisaient pression pour ne pas faire aboutir le texte. Le poids politique des catholiques est tel dans ce pays que l’on en retrouve dans tous les partis.


Matteo Renzi monte au front
 

Devant l’impuissance du système parlementaire à résoudre la question, le président du conseil italien Matteo Renzi a posé la question de confiance à sa majorité afin de faire passer le texte en force. Sa coalition le suit puisque 369 députés lui ont donné leur confiance contre 193. S’en est suivi dans la journée un ensemble de votes procéduriers pour adopter définitivement le texte, le sénat l’ayant déjà ratifié après un premier passage en force de Renzi.


Mariage ou union civile ?

Le gouvernement italien joue sur les mots. Ce qui a en fait été créé est un nouveau type de mariage spécialement pour les couples homosexuels. L’obligation d’assistance économique et morale reste au coeur des principes de ce nouveau mariage. En revanche, plusieurs droits et devoirs ont disparus, d’où le fait que ce projet de loi s’apparente plus à un PACS qu’à un véritable mariage. Pour conserver sa coalition, composée en partie de députés de centre droit, le gouvernement a dû céder sur certains points. Le contrat passé entre les deux mariés ne prévoit pas d’obligation de fidélité, l’adultère ne peut donc être un motif de rupture unilatérale. De plus, la possibilité d’adopter les enfants naturels du conjoint est totalement abandonnée.

Il s’agit d’une grande avancée pour les homosexuels d’Italie, pays fortement régi par la morale chrétienne. Mais ce texte a un goût amer pour les associations LGBT qui estiment qu’il ne résout pas le problème de fond des couples homos, la filiation.

(Pixabay)