Marseille : de l’agression à la polémique sur le port de la kippa

L'agression d'un enseignant juif lundi à Marseille a lancé un débat sur le port obligatoire de la kippa pour les juifs pratiquants.

L’adolescent de 16 ans qui a agressé un enseignant juif à Marseille, lundi 11 janvier, avait auparavant revendiqué son acte, affirmant agir « au nom d’Allah » et du groupe Etat islamique. Encore aujourd’hui, le jeune homme continue de défendre ses actes regrettant même de ne pas avoir tué l’enseignant, avant de déclarer aux autorités « je ne regrette rien, j’en suis fier ». L’adolescent de 16 ans a été mis en examen par des juges antiterroristes. Inconnu des services de renseignements français, le jeune homme se serait radicalisé suite à des visites sur des sites internet, principale source de recrutement de Daesh, selon le parquet de Marseille.
L’agression de l’enseignant a créé l’émoi dans la communauté juive et l’a divisée. En effet, le président du Consistoire israélite de Marseille, Zvi Ammar, a appelé les juifs de la ville à retirer leur kippa « jusqu’à des jours meilleurs ». Cette décision est justifiée par la gravité des évènements, mais divise considérablement la communauté juive de Marseille. Sur iTélé, le représentant des juifs de la ville, a tenu à expliquer que cette mesure ne consiste pas à « céder au terrorisme » mais uniquement à apaiser les tensions dans un souci de sécurité, « pour préserver des vies humaines, parce qu’il n’y a pas plus sacré que la vie humaine ».


Kippa ou pas kippa ?
 

Ce mot d’ordre fait des émules et est très loin de convaincre tout son monde. Ainsi les désaccords autour de cette décision n’ont pas tardé. Le grand rabbin de France a réagi : « nous ne devons céder à rien, nous continuerons à porter la kippa », en contradiction avec le président du Consistoire israélite de Marseille. Alors pour ne pas prendre de risque, quitte à se mettre à dos plusieurs milliers de juifs, dans une ville ou cette communauté est particulièrement importante, faut-il accepter de ne pas porter la Kippa ? Avec 70.000 membres sur une population de 855.000 habitants, soit la deuxième en nombre, après Paris, Marseille ne peut pas se permettre de vivre dans la peur de l’antisémitisme. Cette agression à engendré un débat national, car retirer la kippa pourrait en effet diminuer ce genre d’attaque, mais contraindrait les juifs de Marseille à se cacher. Pour Joël Mergui, président du Consistoire central israélite de France, ce n’est pas le port ou non de la kippa qui va « résoudre la question du terrorisme » selon « Le Point ».