Quelle que soit l’issue du premier tour de la présidentielle du 22 avril, le candidat de la “France insoumise“ peut se targuer de mener une campagne haute en couleurs. Un pari gagnant, si l’on en croit les derniers sondages, Jean-Luc-Mélenchon s’affichant par intermittence comme le troisième homme du scrutin. Mais derrière un discours très humaniste se cache un programme bien loin d’être dénué de défauts. Analyse.

 

Plus rien n’arrête Jean-Luc Mélenchon. Il n’aura échappé à personne que le candidat de la « France Insoumise » a largement misé sur les nouvelles technologies en vue de la présidentielle. Chaine YouTube, web radio, meetings en hologramme et même le jeu vidéo « Fiscal Kombat », tout y passe.  Cette stratégie de communication semble porter ses fruits. Selon les derniers sondages, Jean-Luc Mélenchon s’affiche comme le troisième homme du scrutin avec 18% des suffrages. Le tribun recueillerait 29% des intentions de votes chez les 18-24 ans, une preuve de plus de la campagne presque parfaite du candidat de la « France insoumise ». Pourtant Jean-Luc Mélenchon a longtemps été distancé dans les sondages. Depuis plusieurs semaines, le député européen profite de la déliquescence d’un Benoit Hamon en perdition, annoncé sous la barre des 10% d’intentions de vote. La gauche est divisée.

Le PS en perte de vitesse
 

Le quinquennat de François Hollande va s’achever avec un goût amer pour les partisans socialistes. Le « président normal » n’aura pas convaincu et certains de ses électeurs se posent des questions en vue du premier tour de la présidentielle. Mais il ne faut pas créditer à François Hollande tous les maux de la gauche. Si certains sont prêts à se tourner vers Jean-Luc Mélenchon ou Marine Le Pen, c’est aussi lié au ras-le-bol des partis historiques de l’hexagone. Le candidat de la droite à l’élection présidentielle persiste à croire en ses chances d’un second tour malgré l’affaire des emplois fictifs. François Fillon s’est sabordé lui-même, lui que l’on voyait déjà président de la République après les primaires de la droite. De l’autre côté de l’échiquier politique, Benoit Hamon est compressé entre Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron, deux hommes forts de cette campagne. L’équipe de campagne de Jean-Luc Mélenchon s’en prend ainsi au candidat du mouvement En Marche ! dans le jeu vidéo « Fiscal Kombat » dans lequel les joueurs pourront secouer Emmanuel Macron et récolter des pièces. Quant au report de voix, il est d’une violence extrême pour Benoit Hamon, qui dégringole au fur et à mesure que l’on se rapproche du premier tour.
 

Que penser de Jean-Luc Mélenchon ?
 

Jean-Luc Mélenchon a changé de statut. Lui qui était perçu comme trop virulent dans sa communication, s’est apaisé. Porté par un discours ultra humaniste, le candidat de la « France insoumise » séduit de plus en plus. Mais vous n’apprendrez pas ici qu’un seul discours humaniste fait d’un candidat à la présidentielle un bon chef d’état. Le charisme d’un politique et sa verve ne doivent en rien embuer le programme de celui-ci. Même si la déception de nos politiques et la peur des attentats règnent, ne nous précipitons pas sur celui qui parle plus fort que ses homologues. Il est vrai que le discours pacifiste et généreux de Jean-Luc Mélenchon est vendeur, lui qui se désigne comme le « candidat de la paix ». Mais derrière cette utopie, il existe bien un programme qui remet en cause le capitalisme et l’entrée du tribun dans le top 3 effraie les milieux économiques. Si Jean-Luc Mélenchon a enlevé les parties les plus provocatrices de son programme, celui-ci pose toujours des questions.

Les marchés sont inquiets vis-à-vis de deux mesures de l’ancien professeur d’histoire : la mise en place d’un salaire maximum autorisé, et l’obligation pour les patrons des entreprises d’augmenter leurs salariés avant de gagner plus.
Plus clivant encore, Jean-Luc Mélenchon affiche l’ambition de retrouver 4 à 5% d’inflation. Et pour cause, le candidat de la « France insoumise » souhaite en effet déclarer une partie de la dette publique, ce qui suppose qu’elle ne soit pas remboursée, ainsi qu’une hausse des impôts avec un prélèvements obligatoire de plus de 49%. Enfin, autre point sensible du programme de Jean-Luc Mélenchon, qui ratisse dans tous les partis, la renégociation des traités européens et une sortie de l’Union européenne en cas d’échec. Une vision moins directe que celle défendue par Marine Le Pen, mais qui pourrait bien se terminer par un résultat similaire à celui souhaité par la candidate du Front National.

 

Plus largement, le programme du candidat de la « France insoumise » à la présidentielle prévoit une hausse de 270 milliards d’euros des dépenses publiques, sans indications sur son financement. Jean-Luc Mélenchon laisse rêveur sur beaucoup de points. Pas sûr néanmoins que la réalité soit du même acabit.

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