Monde :
L'Iran est de retour !

Par Maxime Wangrevelain

2016 marque le retour d’un géant du Moyen-Orient dans la mondialisation : l’Iran.  Le pays a vu ses sanctions économiques, et par extension, diplomatiques et politiques, être levées après de longues négociations sur son programme nucléaire.


L’Iran, un pays isolé pendant de nombreuses années
 

La nation perse n’était pas totalement isolée du monde mais elle devait faire avec de nombreuses sanctions économiques l’empêchant d’échanger avec le monde, ou bien encore de recevoir des investissements. Le pays était totalement coupé du circuit mondial actuel. Par exemple, 32 milliards de dollars étaient bloqués dans des banques depuis plus de 10 ans, sans que l’Iran ne puisse s’en servir. Le pays a également eu du mal à exporter son pétrole ou à importer des matières premières manquantes. La principale raison de son isolement par l’ONU était la recherche nucléaire. Le pays, selon le gouvernement iranien, voulait utiliser la technologie nucléaire à des fins purement économiques et énergétiques, comme c’est le cas dans de nombreux pays comme la Corée du Sud, qui possèdent des centrales mais pas la bombe.  Néanmoins, beaucoup de pays, dont Israël est le chef de file, suivie par les Etats Unis et beaucoup de membres de l’Union Européenne, suspectaient l’Iran de s’être approprié la bombe nucléaire à des fins militaires. Il suffit de jeter un coup d’œil à la situation géopolitique de la région, déjà compliquée avant le printemps arabe, pour voir que les deux pays sont des ennemis jurés, aussi bien Israël que l’Iran ayant fait le serment de détruire l’autre.
 

Après des années de tensions, de sanctions et de réunion tantôt en Suisse tantôt en Autriche, l’Iran et les Nations Unies se sont finalement mis d’accord sur le programme nucléaire. Celui-ci pourra être continué, mais très étroitement surveillé et diminué. Si les Etats-Unis, la Grande Bretagne ou l’Allemagne se sont félicités de l’entrée en vigueur du traité, celui-ci n’est pas au goût de tous les pays, particulièrement Israël, de nombreux pays arabes et, étonnamment, de la Russie, allié important de l’Iran.


Un retour sur la scène internationale remarqué tant au niveau économique que politique
 

La grande majorité du Moyen-Orient se méfie du retour de l’Iran dans les relations internationales, et la raison est connue de tous. En effet, le pays de plus de 80 millions d’habitants est très majoritairement chiite, ce qui en fait un ennemi automatique de l’Arabie Saoudite et de nombreux pays sunnites. Israël, quant à lui, tient des rapports glacials avec l’Iran pour des raisons religieuses mais aussi militaires, l’état hébreu accusant l’Iran d’armer et de financer le Hamas et le Hezbollah.

Le retour de la théocratie chiite sur le marché du pétrole signifie qu’elle peut à nouveau pomper du pétrole, et le gouvernement iranien a déjà annoncé la production de 500 000 barils supplémentaires par jour. Cela a immédiatement donné un coup à la valeur du pétrole, déjà très bas, qui atteint maintenant la barre des 28 dollars, son niveau le plus bas depuis 2003.
 

Cela ne fait pas les affaires de la Russie, car l’économie du pays est basée sur les hydrocarbures, ce qui veut dire que plus le baril est bas, moins le pays va récupérer d’argent. La chute du prix du pétrole a donc trainé le rouble, la monnaie de la Russie, dans les abysses, un dollar équivalant désormais à 79,43 roubles. Le budget du pays étant prévu et tablé sur un baril à 50 dollars, un énorme déficit attend le géant russe pour l’année 2015 et sûrement 2016. Quant au reste des acteurs du monde, le Venezuela est dans une situation similaire, et verra aussi son déficit exploser. Enfin les entreprises du pétrole comme le français Total ou l’américain Exxon ont déjà prévu des suppressions de postes et un chiffre d’affaires moins important. Selon le Financial Times les entreprises du secteur ont annulé près de $400 milliards d’investissement.
 

Le retour de l’Iran est également une bonne nouvelle pour les entreprises du monde. Le pays, qui compte 80 millions d’habitants est un marché immense. Il y a quelque mois Hassan Rohani, le président du pays, avait déjà commencé à négocier avec Airbus pour une énorme commande de 114 avions, ayant une valeur de 9 milliards de dollars. Le pays compte attirer des capitaux : entre 30 et 50 milliards en 5 ans, dans le but de faire remonter la croissance. Le pays est en récession depuis de nombreuses années et le chômage a récemment atteint la barre de 20%.
 

Néanmoins, il ne faut pas oublier que l’Iran est une terrible dictature ou un seul homme, le « Guide Suprême » Ali Khamenei, décide de tout. Les lois du pays sont celles dictées par la charia faisant du pays un endroit très brutal comparable au l’Arabie Saoudite, voire a l’Etat Islamique. L’homosexualité par exemple est encore passable de la peine de mort. L’Iran est aussi connu pour être lié de très près à divers groupes terroristes comme le Hamas, le Hezbollah ou encore les Houthis au Yémen.