Alors que le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes n’a jamais semblé aussi proche de sa concrétisation, la commission indépendante d’experts chargée d’évaluer la pertinence de ce projet a rendu ses comptes. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils ne suivent pas l’avis de François Hollande et de Manuel Valls.
 

Un rapport qui n’impose aucune décision
 

Alors que le projet avance et que le chef du gouvernement souhaite à tout prix concrétiser ce projet vieux de trop longues années, un rapport va sans doute devoir le faire ralentir. Désirée par une grande majorité des ZADistes, la commission indépendante chargée par le Ministère de l’Environnement a rendu ses conclusions après deux petits mois d’enquête.  

Ségolène Royal, depuis toujours opposée à la délocalisation de l’aéroport de Nantes-Atlantique se félicitait de ses conclusions : le projet à Notre-Dames-des-Landes est bien trop ambitieux. Il faudrait le revoir à la baisse, notamment en supprimant une des deux pistes d’atterrissage et en réduisant la taille de cette dernière. Le rapport estime également que le vieil aéroport de Nantes pourrait très bien se suffire à lui-même après des travaux de réhabilitation

 

Des conclusions qui ne calment pas les pro ni les anti
 

Ce rapport n’impose donc aucune solution mais présente de simples conclusions. Une seule certitude : le projet, en l’état, ne doit pas être réalisé. C’est un véritable désaveu de la propagande que mènent les pros nouvel aéroport, qui voient une commission indépendante contester leurs arguments. Ce qu’ils estiment, en plus de leurs arguments de base, c’est qu’un abandon de Notre-Dame-des-Landes coûterait aux alentours de 250 millions d’euros à l’Etat. La raison ? Le précontrat signé entre le gouvernement et Vinci. Une rupture permettrait à l’entreprise de réclamer des dommages et intérêts très élevés.

Dans cette cohue, les discussions reprennent donc pour savoir quelle suite donner à ce projet, en attendant les résultats du referendum indicatif qui doit avoir lieu le 26 juin prochain. Principale concernée, Ségolène Royal va sans doute recycler sa décision de Sivens : faire un mélange des deux pensées s’affrontant pour trouver un « juste » milieu. C’est pourquoi l’idée de construire l’aéroport sur la base d’un projet moins ambitieux pourrait plaire à la Ministre de l’Environnement.

 

Un nouvel aveu d’échec pour le gouvernement ?
 

Même si ce projet est vieux maintenant de plus de soixante-dix ans, plusieurs gouvernements ayant donc eu successivement leur mot à dire, c’est le quinquennat de François Hollande qui pourrait donc endosser la charge de l’échec de ce projet. Cela sera peut-être injuste mais, en appliquant la jurisprudence « Sivens » et en essayant de contenter tout le monde, Ségolène Royal prend le risque de ne satisfaire personne. Les ZADistes ne sont pas près de quitter la zone, arguant du risque environnemental et du coût « 10 fois plus élevé de cette construction par rapport à la rénovation de Nantes-Atlantique ». En ne tranchant pas dans le vif rapidement, la situation ne risque pas de s’améliorer à Notre-Dame-des-Landes. Mais, après tout, ce n’est pas la première fois qu’un ministre de M. Hollande ne parvient pas à trancher dans le vif.a