Barack Obama a organisé le quatrième sommet sur la sûreté nucléaire en fin de semaine.

 

A Washington, le quatrième et dernier sommet de Barack Obama sur la sûreté nucléaire a réuni une cinquantaine des principaux leaders mondiaux. Ce sommet, conclu le premier avril, était placé sous le signe de l'inquiétude en rapport avec la crainte d’attentats terroristes recourant à du matériel nucléaire et l'obtention de l'arme atomique par la Corée du Nord.

 

La question nord-coréenne

 

En ce qui concerne la Corée du Nord, une réunion tripartite entre la Corée du Sud, le Japon et les États-Unis puis une réunion bilatérale avec la Chine ont été organisées pour trouver des solutions face à une éventuelle menace nucléaire. Barack Obama a promis une unité entre les trois acteurs de la première réunion pour leur permettre de se défendre. Puis lors de la réunion avec les dignitaires chinois, le président américain a demandé à son homologue asiatique de faire pression sur la Corée du Nord pour qu'ils arrêtent leurs essais nucléaires. Donald Trump, candidat à l'investiture républicaine avec suggéré lors d'un entretien au New York Times le 25 mars dernier que les États-Unis aident le Japon et la Corée du Sud à obtenir l'arme atomique pour qu'ils puissent se défendre face à la Corée du Nord. Politique tout de suite réfutée par Barack Obama, qui a déclaré : « Les déclarations auxquelles vous faites référence, que nous disent-elles ? Elles nous disent que la personne qui les a prononcées ne connaît pas grand-chose à la politique étrangère, à la politique nucléaire, à la péninsule coréenne, ou au monde en général », mettant tout de suite fin à la polémique.

Après avoir évoqué la situation à Pyongyang jeudi, les participants du sommet ont évoqué la possible fabrication d'une bombe sale par les djihadistes. Cet bombe ne serait pas nucléaire mais pourrait disséminer des particules radioactives dans l'atmosphère. Cette crainte a été renforcé par la découverte d'une surveillance d'un responsable nucléaire belge par des membres de l’État Islamique. Cependant, Barack Obama a souhaité une dizaine de jours après l’attentat de Bruxelles évoqué la nécessité d'anticiper les nouvelles attaques de Daesh et de définir une nouvelle stratégie pour stopper les djihadistes en Irak et en Syrie.

Un sommet fermé
 

Ce sommet organisé par les États-Unis a suscité de nombreuses critiques, notamment sur l’absence d’acteurs clés puisque seulement 50 pays étaient représentés. Parmi les absents, seul Moscou avait reçu une invitation. La Russie avait évoqué comme motif de non-participation à la réunion « un important déficit d'interaction lors de l'étude préalable des questions et des sujets abordés pendant le sommet ». Alors que plus tôt, le conseiller adjoint de la Sécurité nationale de la Maison Blanche Ben Rhodes a annoncé que la Russie « s’est isolée des discussions » sur la sécurité nucléaire. Ce à quoi le diplomate russe Mikhaïl Oulianov a répondu « Les propos de cette teneur sont étranges, même du point de vue formel. Le sommet de Washington ne réunit qu'un peu plus de 50 pays. Tous les autres ne sont pas invités, bien que nombre d'entre eux possèdent des sites et du matériel nucléaire… Si la Russie est isolée, c'est avec 150 autres pays du monde. La seule différence est que Moscou a reçu une invitation ». Mais Barack Obama, loin de vouloir polémiquer, a préféré souligner les progrès faits en matière de non-prolifération nucléaire notamment avec les accords de Téhéran. Barack Obama semble, à neuf mois de la fin de son mandat, satisfait de ce qu'il a entrepris depuis 2010 pour la non-prolifération des armes nucléaires. Il a par ailleurs confirmé son désir de voir un monde débarrassé des armes nucléaires, comme il l'avait esquissé dans son discours à Prague début mars 2009 mais, selon ses dires, il semble plus probable qu’il ne verra pas sa concrétisation « de [son] vivant ».