C'est désormais officiel, et cela à fait grand bruit : la France organise les Jeux olympiques 2024. Mais qui dit olympisme dit également para-olympisme. Quels changements notre pays peut-il attendre des para-olympiades à venir ?
 

Depuis le début de la candidature de Paris 2024, on entend la même parole, selon laquelle l'olympisme et le para-olympisme forment "un seul et unique projet". Dans ce discours officiel, on identifie trois thématiques principales de travail : l'amélioration des conditions d'accès et de la pratique pour tous, le développement de l'accessibilité des équipements et enfin, le changement de perception sur le handicap dans la société.
Qu'en sera-t-il très concrètement pour chacune de ces trois thématiques ? Eléments de réponse.

 

L'amélioration des conditions d'accès et de la pratique
 

Dès l'année 2016, la Région Île-de-France a mis en place un programme nommé "ambassadeurs du sport". Il permet à 80 athlètes olympique et paralympiques d'intervenir devant des élèves dans des établissements franciliens, afin de parler de leur métier et permettre de discuter, enfin, du para-olympisme avec tous les jeunes. Il est bien sûr regrettable que cette initiative se limite à la région francilienne.
A l'échelle nationale, a été créée une "Semaine Olympique et Paralympique" qui a d'ores et déjà intégrée au calendrier scolaire depuis janvier dernier. Elle existera jusqu'en 2024, et ce auprès des 63 000 établissements scolaires du pays. Dans les textes, cette semaine "associe enseignements autour du sport et activités physiques pour faire découvrir les disciplines olympiques et paralympiques". Le temps y est découpé équitablement entre l'enseignement et la pratique du sport. Cette semaine permet de "contribuer au changement de regard des jeunes sur le handicap, en proposant des temps forts consacrés aux para-sports et aux rencontres sportives partagées, animées par des athlètes paralympiques" . Avec ces périodes de sensibilisation, que concernent tous les établissements, Paris 2024 espère augmenter de 20% son nombre de licenciés jeunes dans les fédérations olympiques et paralympiques, ce qui doit permettre de valider cet objectif de corriger les inégalités d'accès à la pratique sportive. Enfin, il est prévu le doublement des créneaux handisport dans les équipements sportifs, un problème qui touche particulièrement des régions rurales, dans lesquelles il est parfois difficile pour les clubs de trouver un créneau et des infrastructures pour pouvoir pratiquer.

 

Accessibilité des équipements
 

Pour ce qui est des athlètes seuls, le village olympique sera à 100% accessible pour les handicapés, et 90% d'entre eux seront logés à moins de 30 minutes de leur site de compétition.

Pour le grand public, il est intéressant de se replonger dans le contenu de l'étude d'opportunité que Paris avait remis en février 2015. Il y était alors précisé que cette candidature pourrait "changer le quotidien et la place des personnes en situation de handicap" . Pour cela, "les différents aménagements dans les transports pour les personnes à mobilité réduite, qui avaient été prévus dans le cadre de la candidature de Paris 2012 et qui n'ont pas été réalisés depuis, seraient relancés". La capitale est donc consciente de ses lacunes en termes d'accessibilité et compte bien les corriger en profitant de l'organisation des JO. Il est seulement fait mention ici des transports alors que, bien sûr, de nombreux édifices publics sont toujours de véritables cauchemars pour les handicapés, et ils ne seront pas à oublier lors des travaux de mise à niveau.
Pour ce qui concerne l’accessibilité, les Jeux de Londres en 2012 sont souvent posés comme exemple à suivre. A la différence notable que la capitale britannique avait construit beaucoup d'infrastructures pour l'occasion, et il était alors facile de prendre en compte l'accessibilité pour les personnes à mobilité réduite. Aujourd'hui, l'organisation française fait la part belle aux sites déjà existants. Il faudra donc procéder à des travaux de rénovation sur tous les sites non-équipés, ce qui pourra peut-être poser problème dans les plus anciens, affaire à suivre. Enfin, il est encore une fois notable que cet aménagement des infrastructures pour les handicapés ne semble concerner que la capitale. Il serait pourtant pertinent de profiter de cet appel d'air pour combler le retard de la France à ce niveau.

 

Changement de perception dans la société
 

Cet axe de travail est peut-être le plus compliqué. Si les infrastructures sont une question d'argent, l'esprit des gens ne s'achètera pas. Tout doit donc être bien ficelé de ce côté-ci. Si les interventions en établissements scolaires sont un bon début, elles ne permettront pas un réel changement. Pour Ryah Sallem, champion de basket, de natation et de rugby handisport, interrogé par RMC, il y a un déjà un problème de sémantique : "On dit souvent les JO, mais l'aimerais qu'on les baptise les JOP : les Jeux Olympiques et Paralympiques ! Que tout le monde dise "On veut les JOP !""  Ce qui permettrait, à chaque mention des Olympiades, de prendre en compte les Paralympiques, qui sont parfois oubliés, mis en retrait. Leur différenciation temporelle peut également faire partie de cette exclusion dans les têtes. Mais, pour d'autres, programmer les Paralympiades après les Olympiades permet une meilleure médiatisation.
Pour le comité organisateur, il était en tout cas primordial que les épreuves se déroulent sur des sites d'envergure, comme pour les JO : le football à cinq aura lieu sur le Champ de Mars, le para-triathlon devant la tour Eiffel, tandis que l'esplanade des Invalides accueillera le tir à l'arc et la grande Halle de La Villette ouvrira ses portes à la para-haltérophilie.

 

Un début pour le changement de perception du handisport. Reste à voir quand seront récoltés les fruits.
Pour plus d'informations sur tout ce qui est prévu pour l'accueil des Jeux, ce manuel de Paris 2024 sera d'un grand intérêt.

PAR THÉOPHILE PEDROLA
PHOTO PANORAMIC

Aujourd'hui, l'organisation française fait la part belle aux sites déjà existants. Il faudra donc procéder à des travaux de rénovation sur tous les sites non-équipés, ce qui pourra peut-être poser problème dans les plus anciens, affaire à suivre.

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