Paris 2024 : une candidature responsable qui ne fait pas l'unanimité

Paris veut des Jeux de proximité, utilisant des structures déjà construites, proches du futur village olympique. 

En effet, les Jeux doivent également servir à améliorer la vie des Franciliens. Le futur village olympique situé dans le quartier de Pleyel, dans la ville de Saint-Denis (93) doit être facile d’accès. Aujourd’hui, la commune située au nord de Paris va devoir réviser son accessibilité, médiocre, d’ici huit ans pour pouvoir accueillir les meilleurs athlètes de la planète.
 

Paris présente ses atouts
 

Autour de Saint-Denis, toutes les structures sont presque déjà présentes, c’est un des points forts de la candidature parisienne qui ne souhaite pas construire des stades gigantesques inutiles pour l’ « après ». Les exemples sont légion, nous pensons dernièrement au Stade Olympique de Londres ou au Stade Ficht, à Sochi. Paris dispose de grandes enceintes disponibles immédiatement qui sont, en plus, proches de Saint-Denis :  le Stade de France pour l’athlétisme, le Parc des Princes pour le football, le Stade Jean-Bouin pour le rugby, le Stade Yves du Manoir pour le hockey sur gazon, Roland-Garros pour le tennis, le Vélodrome National pour le BMX, Bercy pour le basket et le judo, le Zénith pour la boxe, la Porte de Versailles pour le handball et le tennis de table, le Golf National ou encore la base nautique de Vaire.

La plupart des autres infrastructures, des lieux prestigieux, nécessitent simplement la mise en place de tribunes et de structures minimes. Ainsi, la Tour Eiffel pour le volley, le Grand Palais pour l’escrime ou le taekwondo, les Invalides pour le tir à l’arc, le Trocadéro pour le triathlon ou encore le Château de Versailles pour l’équitation sont autant de lieux de prestige pour la candidature de Paris 2024.

Seuls quelques lieux sont à construire de A à Z : outre le village olympique, la piscine d’Aubervilliers, la deuxième Arena de Bercy et l’Arena 92 de Nanterre sont autant d’équipements qui devront sortir de terre dans les prochaines années. Des projets déjà en route avant la candidature pour les deux derniers cités. Tout cela permet de faire de Paris 2024 une candidature responsable. Les structures sont proches les unes des autres - seule la voile est délocalisée à Marseille - il y a peu d’équipements à construire, cela pourrait revenir peu cher pour l’Etat, et par conséquent pour les impôts. Le secteur des transports, promesse de campagne de Valérie Pécresse, a tout à y gagner et les Franciliens avec. C’est tout du moins l’avis des défenseurs de ce projet, soutenu évidemment par le gouvernement et la Mairie de Paris.


Un projet peu soutenu publiquement
 

Si ce projet semble habilement défendu par le comité d’organisation, la candidature de Paris ne jouit pas d’un élan populaire incroyable. Globalement, le public semble être assez neutre quant à cette candidature. Le spot publicitaire et son slogan « Je rêve des Jeux » ne faisant pas tellement effet, faut-il s’inquiéter de ce manque d’élan populaire ?

Une pétition s’alarmant de la candidature circule sur Internet, s’appuyant sur les Jeux précédents, à Athènes ou à Sochi où la compétition aurait fait perdre respectivement 20 et 37 milliards d’euros au pays organisateur, sans compter le coût écologique inestimable. Les Jeux ne pourraient rapporter à la France puisque cette dernière « a déjà prévu d’exonérer d’impôts les organisateurs des JO ».

Outre ces pétitions manquant d’arguments, Paris souffre de la comparaison d’autres villes candidates, comme Los Angeles, où 88% des habitants sont en faveur de l’organisation des JO. Aucune étude de ce genre n’a été faite pour Paris, alors que Guy Drut, membre français du CIO déclarait au Monde l’année dernière que « le soutien populaire est indispensable à la réussite d’une candidature olympique ». Et s’il était là, le vrai problème de Paris 2024 ? 

AFP