A Stamford Bridge hier soir, le PSG s'est hissé en quarts de finale de la Ligue des Champions en éliminant Chelsea grâce à deux buts d'Ibrahimovic et Rabiot. Cette qualification ne devrait pourtant pas amener les Parisiens à se reposer sur leurs lauriers.

 

Paris s’est qualifié pour les quarts de finale de la plus prestigieuse des compétitions européennes. Les faits sont là. Une victoire 2-1, sur le même score qu’à l’aller, dans l’antre londonienne. La progression est visible : une élimination il y a deux ans, une qualification dans la douleur l’année dernière avant ce nouveau succès sans trop de frayeurs cette année. Implacable. C’est également la première fois que Paris remporte ses deux matchs dans sa double-confrontation avec les Anglais. La montée en puissance parisienne est-elle si indéniable ? Rien n’est moins sûr.


 

Le pire Chelsea qu’ait eu à affronter le PSG

Si lors des deux dernières saisons, le Chelsea qui se dressait devant Paris avait tout d’un ogre, cela n’était pas du tout le cas cette saison. Le CFC cru 2015-2016 était un très mauvais millésime. Un début de saison catastrophique avant un redressement depuis le début de l’année, qui n’en faisait tout de même pas un ogre du championnat anglais. D’autant plus avec un Eden Hazard tout simplement fantomatique. Il est également clair que la défense des Blues était plus que diminuée. Baba Rahman à l’aller puis Ivanovic hier soir ont déséquilibré une équipe qui mise habituellement sur sa défense pour se projeter ensuite vers l’avant. Ce Chelsea-là était un petit piège, sûrement pas un adversaire du niveau de Paris.


 

Un PSG loin d’être souverain
 

Nombreux sont les articles faisant l’éloge de la « force tranquille » de ce PSG qui aurait passé sans sourciller sur Chelsea. Dans les faits, il est pourtant clair que le PSG n’a pas passé une si bonne soirée que ça à Stamford Bridge, la joie finale provoquant sans doute un peu d’amnésie. Laurent Blanc devrait se pencher sur l’heure entière durant laquelle Paris a subi les assauts d’une équipe londonienne bien trop dangereuse. Dès le coup d’envoi, Paris s’est recroquevillé, sans raison, laissant des espaces incroyables au milieu anglais. Thiago Motta a été submergé, son match étant seulement sauvé par la passe – magnifique – qu’il adresse à Di Maria amenant le deuxième but parisien. Au-delà de ça, l’Italo-brésilien a pris l’eau, provoquant notamment le but anglais. Ses compères du milieu n’ont rien arrangé. Un Matuidi diminué a exposé toutes ses limites du moment et Adrien Rabiot a peiné à compenser ses limites techniques par un engagement de tous les instants. Engagement qui lui a tout de même permis d’ouvrir le score. Le milieu a coulé mercredi soir. Quoi qu’en en dise. L’absence de Verratti s’est cruellement faite sentir. Le but de Rabiot est presque arrivé contre le cours du jeu.

De son côté, la défense type s’est faite peur sur un nombre incalculable de ballons. Les longues passes transversales pas assez appuyées ont représenté des caviars pour les attaquants de Chelsea, qui n’ont pas su en profiter. Le dernier rempart, Kevin Trapp, a fait son boulot, réalisant cinq arrêts décisifs. Bémol : il semble incapable de capter un ballon sans le relâcher et ne représente toujours pas une garantie dans le but. La plus-value par rapport à Sirigu se fait toujours attendre. Seule l’attaque a surnagé avec un Di Maria omniprésent et, par conséquent, dans tous les bons coups. Ibrahimovic a eu l’énergie pour capter des ballons bas et le flair pour être à la conclusion des actions. Un très grand match du Suédois. Seul Lucas a semblé un ton en-dessous. Ses qualités de vitesse et de débordement n’ont finalement pas servi ce PSG qui aurait peut-être préféré un Javier Pastore dans sa capacité d’élimination.

 

 

Y-a-t-il un besoin de remobilisation ?
 

Toutes proportions gardées, ce PSG s’est tout de même fait peur durant une heure. Après son (très) léger coup de frein en L1, faut-il s’inquiéter d’une éventuelle baisse de régime ? Le prochain match à Troyes devrait permettre aux Parisiens de prendre trois points de plus en L1 avant un match important contre Monaco, 2e, lors duquel il faudra définitivement se rassurer.

Paris va très bien, il doit juste rester sur terre, se dire que cette qualification n’est plus un exploit comme l’année dernière mais quelque chose de normal. La saison commence maintenant.