Le 20 et le 21 octobre se tenait la 26e édition de Paris Manga & Sci-Fi Show, le rendez-vous pop-culture parisienne. Entre les notes électro de la K-pop, une Delorean sous néon et des bibliothèques géantes de mangas, la convention avait de quoi ravir ses visiteurs. Deux jours où passionnés, cosplayers et exposants se réunissaient sous le même étendard.

Par Julia Maz-Loumides & Léo Sanmarty
24 octobre 2018

Jeux vidéo, cosplay, mangas, musiques, séries… Dès l’ouverture, Paris Manga grouille de visiteurs aux yeux pétillants. Les allées se remplissent peu à peu, découvrant leurs stands tous plus colorés les uns que les autres : les perruques rose fuchsia côtoient les étalages de montres à gousset qui frôlent les posters de héros d’animés, eux-mêmes aux côtés de peluches aux couleurs diverses. Au parc des expositions de la Porte de Versailles, ce fabuleux mélange de pop-culture ravit petits et grands.

 

Tout un monde

 

Paris Manga ressemble à n’importe quel rassemblement de passionnés. Dans ses allées se dégage pourtant une formidable énergie. Un mélange de sourires, d’excitation et de respect. Rassemblés par les séries, la culture asiatique ou les mangas, les visiteurs paraissent tous liés d’une façon ou d’une autre. Certains lisent un même manga côte à côte, partageant leur avis sur le style du mangaka et dérivant peu à peu sur les autres livres qu’ils ont pu dévorer. D’autres encore rêvent devant les étalages de katanas, créant sur le tas un quizz sur le personnage à qui appartient cette épée. Plus loin, des fans rétro s’enchantent en observant une superbe DeLorean bardée de néons bleutés.

Dess inconnus deviennent amis l’espace de quelques minutes, discutant ardemment de leurs avis sur la fin d’une série ou l’évolution d’un jeu vidéo. À l’exposition Tomb Raider, mise en place à l’occasion de la sortie du dernier opus, chacun pouvait s’asseoir confortablement dans un canapé pour saisir les manettes de la DreamCast, de la PS1 ou de la Xbox One pour contrôler une Lara Croft aux formes parfois très géométriques. Une nouvelle façon de partager quelques instants pour une communauté rassemblée sous une même passion.

Parfois encore plus voyants, de nombreux visiteurs arborent leurs pancartes « Free Hugs », offrant étreintes chaleureuses et sourires à tout va. « On ne se connaît pas mais on se prend dans nos bras, si ça c’est pas géant ! » explique Clara* qui tend fièrement sa pancarte, enlaçant des inconnus avec plaisir. « C’est drôle, c’est l’occasion, on ne peut pas faire ça au milieu de la rue, ici tout le monde trouve ça normal » raconte Sébastien* qui résume parfaitement l’état d’esprit général : ici, sous cette normalité décalée, la grande famille de la pop-culture n’a pas le même regard les uns sur les autres, une belle leçon de partage.


* les prénoms ont été changés

One Piece : l’histoire d’un monument

« Ça fait combien de temps que tu connais One Piece ? », questionne Tim à l’abord de l’exposition organisée par le Dok’ de la chaîne Youtube One Piece Passion. Au détour des free hugs des allées, nous dénichons une pépite. Sur quelques mètres carrés, un homme s’affaire à renseigner les curieux, parler avec les connaisseurs et expliquer aux néophytes. Le Dok, comme il se fait appeler, propose sur YouTube des vidéos consacrées entièrement à One Piece : une sommité dans le milieu du manga.

Il a dépensé plus de 25 000 euros dans sa collection, passant des planches à peine crayonnées aux dessins colorés destinés au créateur de l’animé, le Dok emmagasine de nombreux documents parfois uniques. Son but : créer un musée consacré à l’œuvre de Eiichirō Oda, One Piece, comme il existe au Japon. Pour ça, il se déplace de convention en convention, proposant une exposition rassemblant différents artistes. Des figurines, des reproductions, des tableaux, l’espace mêle différents styles pour retracer certains passages du manga iconique.

Autour, les visiteurs se pressent. Ils parlent de ce qu’ils pensent du dernier chapitre, du dernier épisode, de ce qu’ils vont écrire sur la fresque pour Oda ou de leur moment préféré. Ils discutent avec les artistes, les félicitent, leur posent des questions. Tout un monde qui gravite autour d’un monument de la pop-culture, regroupant les fans, au grand bonheur du Dok qui a accompli son premier objectif : rassembler grâce à One Piece.

Cosplay is not consent

 

Qui dit convention dit cosplay : amateurs ou professionnels passionnés qui confectionnent vêtements et accessoires pour ressembler à un personnage de jeux vidéos ou de mangas. Hommes et femmes de tout âge se livrent à cet exercice de cosplay pour le plus grand bonheur des yeux et des photographes. Certains cosplays, particulièrement féminins, se trouvent souvent sexy, dénudés, courts… autant d’éléments que les cosplayers portent, ou non, sur eux. Et c’est ici que la passion qui rassemble devient parfois pesante. Incivilité, gestes déplacés, commentaires haineux sur les réseaux sociaux, le harcèlement ne s’arrête pas aux frontières d’une convention.
Nous avons rencontré les représentants de « Cosplay is not consent », mouvement américain importé en France depuis quelques années.