Israël 
Et le dernier des pères fondateurs s'en est allé

La mort de Shimon Peres et l'organisation de ses funérailles font les gros titres des journaux depuis quelques jours. L'homme d’état Israélien est décédé le 28 septembre 2016 à l'hôpital de Ramat Gan en Israël des suites d'un AVC. Il était considéré comme le dernier représentant de la génération des pères fondateurs d’Israël, depuis la mort d’Ariel Sharon en janvier 2014.

 

Avant de parler de son rôle au sein de l'état d’Israël et dans le monde, revenons un peu sur son enfance et son adolescence. Shimon Peres, de son vrai nom Szymon Perski est né le 2 août 1923 à Vishnyeva en Biélorussie. Il émigre avec sa famille à Tel Aviv en 1934. Il fait alors ses études à l'école de Geula de Tel Aviv avant d’intégrer l'école agricole de Ben-Shemen. Il vit ensuite quelques années dans une kibboutz, nom donné en Israël a une communauté agricole.

 

Après avoir été membre d'une mouvement de jeunesse socialiste et sioniste, il intègre en 1947 l'Haganah, prédécesseur de l'armée de défense d’Israël. Il est désigne par David Ben Gourion comme le responsable du personnel et de l'achat d'armes. Il est ensuite nommé en 1953 directeur adjoint du ministère de la défense et contribue grandement à faire d’Israël la sixième puissance atomique du monde.

Il entame alors une carrière politique en étant élu pour la première fois au Knesset, le Parlement israélien, en 1959. Il est la même année nommé vice-ministre de la défense jusqu'en 1969, date à laquelle il quitte le parti au pouvoir, qu'il réintègre en 1968. Il est ensuite nommé ministre des transports en 1970 avant d'être nommé ministre de l'information. En 1974, il est nommé par Yitzhak Rabin ministre de la défense jusqu’en 1977. Il est ensuite plusieurs fois ministre sous différents gouvernements, ce qui lui procure une longévité assez étonnante dans le monde politique israélien. Même s'il na jamais gagné une élection en tant que leader d'un parti, il a tout de même été trois fois Premier Ministre, la première fois en 1977 par intérim a la suite de la démission d'Yitzhak Rabin, puis en 1984, mais laisse sa place à Yitzhak Shamir en 1986, et enfin entre novembre 1995 et juin 1996 à la suite de l’assassinat d'Yitzhak Rabin. Soutenu par le parti centriste Kadima, Shimon Peres devient ensuite président d’Israël, titre honorifique qui ne confère pas de pouvoirs particuliers.

 

Si Shimon Peres est connu à travers et le monde et que sa mort a causé tant de réactions à travers le monde, ce n'est pas grâce à sa longévité dans le monde politique d’Israël mais plutôt pour son rôle dans le processus de paix entre Israël et la Palestine. En effet, au début des années 1990, il est ministre des affaires étrangères dans le gouvernement d'Yitzhak Rabin. De ce fait, il est au coeur des négociations des accords d’Oslo et leur signature en 1993 ce qui lui a valu le prix Nobel de la paix en 1994. aux cotés de Yasser Arafat et Yitzhak Rabin.

 

Les obsèques de Shimon Peres organisées cette semaine ont été l'occasion pour l'ensemble des chefs d’état du monde entier de rendre hommage à un des plus grands défenseurs de la paix. Les obsèques ont notamment été l'occasion d'une longue poignée de main entre le président de l'autorité palestinienne Mahmoud Abbas et le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou. Cette poignée de main restera l'une des images fortes de ces obsèques.

Thomas Flenet

(crédits photo : Creative Commons)