Photos : Veni Vidi Rome

Un week-end de découvertes, appareil photo pendu autour du cou, objectif vissé, baskets usées par les kilomètres de marche que Rome offre aux visiteurs. Un petit tour s’impose...

TEXTE ET PHOTOS
 JULIA MAZ-LOUMIDES

7 février 2018

L’Incontournable, le premier pas à fouler à Rome, l’impressionnant Colosseo. Aucune photo ne permet de retranscrire la démesure de cet édifice. Entre colonnes de pierre, escaliers de travertin et passerelles de marbre, l’extravagance paraît être le maître mot. Inauguré en l’an 80, le monument a traversé les âges, de la chute de l’Empire jusqu’à nos jours. Planté à distance égale du Forum et du Monte Palatino, le Colisée est un véritable tour de force architectural. Entre les gradins en ruine, les touristes photographient une terre imbibée de combats mortels.

La cité du Vatican est, à première vue, une muraille. Elle renferme nombre de trésors : entre la Cappella Sistina, la galerie des cartes et le Museo Chiaramonti… la visite des Musei Vaticani et ses 7 km d’expositions restent gravés dans les esprits et dans les jambes. Tapisseries, sculptures, peintures, dorures… tous les arts convergèrent en ce lieu.

Au détour d’une ruelle, non loin du Parlement italien, des cris résonnent. Une poignée de manifestants brandissent drapeaux et bannières. Il pleut, mais rien ne les décourage. « Unis, nous sauvons toute la Roumanie », en roumain ou en italien, chacun ses notes, les voix tonnent au rythme d’un speaker à l’énergie incontrôlable. Au fond, quelques policiers, ils ne parlent ni roumain ni anglais, mais ils attendent. Pourtant rien ne se passe, ne se trouve ici que le poids des mots jetés en pâture au gouvernement : « notre nationalisation ».

Une pizza ? Oui. Mais avec une pâte fine, légère, qui fond, sans trop de garnitures, jamais plus de quatre ingrédients pour garder un goût simple, unique, sans artifice. Des pâtes ? Oui. Carbonara, parfaitement al dente, sans crème, avec des tranches translucides de lardons grillés recouverts de parmigiano reggiano, traditionnel. Une glace ? Oui. Stracciatella, parfait mélange entre acidité d’un yaourt, onctuosité d’une glace et douceur du chocolat, noir, s’il vous plaît. S’il n’y avait qu’une merveille à déguster ? Arancini, deux ingrédients, riz et mozzarella, une boulette fris qui rendra vos antipasti plus beaux. L’Italie n’a qu’une devise…

Flâner à Rome est un art. Il faut sentir l’odeur des pizzas vendues à la sauvette pour deux sous. Entendre une langue aux consonances rondes et fluides dont le débit étonne, mêlée à une gestuelle ample. Voir les étales colorées s’offrir aux passants, l’imagination sans limites des commerçants pour que, en s’arrêtant prendre une photo, on finisse par se laisser entraîner. Sourire pas après pas face aux dédales de rues pavées, les via qui se succèdent les unes après les autres, si simplement que le cliquetis des sabots sur le sol semble s’étendre sur des kilomètres.

Pourquoi faut-il jeter une pièce dans la Fontana di Trevi ? Non pas parce que ses imposantes sculptures, ensemble extravagant de personnages de la mythologie, de chevaux sauvages et de cascades, forcent le respect. Y glisser une pièce permet de s’assurer de revenir une nouvelle fois à Rome, car, envoûté par Neptune, refouler les terres italiennes devient comme une évidence. À savoir : plus de 3000 euros finissent chaque jour dans la célèbre fontaine ; jusqu’en 2012 des opportunistes s’y rendaient la nuit, désormais l’argent est donné à une association caritative.