La Pologne en passe d'interdire l'avortement

Demain, la Pologne va peut-être rejoindre Malte, et dans une moindre mesure l’Irlande, dans la liste des pays interdisant l’avortement en Europe.
 

Alors que des millions de femmes luttent pour avoir accès à l’IVG sur les continent africains et sud américains, ou encore au Moyen-Orient, certains pays décident de restreindre ce droit. Sur le continent européen, hormis les principautés, tous les pays ont légalisé l’IVG, à  deux exceptions près : Malte et l’Irlande, deux pays profondément catholiques, comme la Pologne. Dans le premier, le recours à l’avortement est illégal, et sans exception, alors que le second permet l’avortement, mais uniquement s’il y a des risques vitaux pour la femme. Autrement dit, une femme violée ne peut avorter ni à Malte, ni en Irlande. Cependant, deux autres pays européens ne pratiquent pas l’avortement sur demande. Il s’agit de la Finlande et de la Grande Bretagne, où l’avortement est autorisé si il résulte d’un viol, si la santé de la mère est menacée par la grossesse ou pour des raisons « économiques et sociales ».

Actuellement, la Pologne autorise l’IVG seulement si la vie ou la santé de la femme enceinte est en danger, si le fœtus est mal formé ou pour raison de viol. Mais un texte déposé par Ordo Iuris compte revenir sur cette loi. Ce think-tank a été crée pour défendre une société « pro-vie » basé sur les valeurs naturelles et la famille. Ce texte a atteint près de 500 000 signatures alors que seules 100 000 étaient nécessaires pour qu'il soit pris en compte par l’assemblée, qui en débattra ce jeudi 22 septembre.


Double peine

 

En plus de criminaliser la femme, cette proposition prévoit jusqu’à cinq ans de réclusion criminelle pour une personne pratiquant ou subissant un IVG. Plusieurs associations du pays, et européenne s’inquiète de voir cette proposition de loi être légiféré. Selon Barbara Nowacka, cette loi risquerait de renforcer le réseau clandestin d’IVG et de développer « un tourisme abortif » dans les pays voisins (Allemagne, Ukraine ou Slovaquie). On dénombre 2000 avortements légaux chaque année, et 150 000 avorteraient clandestinement où à l’étranger.
 

Ce projet de loi devrait s’imposer sans grande difficulté dans un parlement où le PIS, parti très conservateur, a une majorité absolue. Ce parti a d’ailleurs traditionnellement beaucoup d’attache avec l’Eglise catholique. Le président, Andrzej Duda ne devrait pas opposer de véto, quant au président du parti, lui ne devrait pas donner de consigne de vote. 


Maxime Wangrevelain
(crédits photo : Sipa Press)