PRÉSENTATION

Nom : Juppé

Prénom : Alain

Date de naissance (âge) : 15 aout 1945 (71 ans)

Fonction actuelle : Maire de Bordeaux, Président de Bordeaux Métropole

Fonction exercées : Plusieurs postes de ministres (Défense, Ecologie, Budget et récemment Affaires étrangères), ainsi que Premier ministre de 1995 à 1997.

Véritable couteau suisse administratif, Alain Juppé a occupé presque toutes les fonctions politiques possibles. Originellement inspecteur des finances, il devient un collaborateur de Jacques Chirac dans les années 70. Suite à la montée en puissance de ce dernier, Alain Juppé occupe des postes de plus en plus importants, jusqu’à celui de Premier ministre en 1995. Tout ne s'est cependant pas passé comme prévu puisque son projet de loi sur les retraites et sur la sécurité sociale à été un fiasco, entraînant des grèves générales et la descente de plusieurs millions de personnes dans la rue. Il doit quitter ses fonctions suite aux  élections législatives anticipées de 1997 (qui amèneront la cohabitation avec Lionel Jospin).

S’en suit ce qu’on appelle sa « traversée du désert », qui n’en est en fait pas vraiment une. En effet, à l’époque, on pouvait cumuler le poste de maire et celui de Premier ministre. En 1995 donc, il était Premier ministre, mais également le maire de Bordeaux, mandat qu’il occupe toujours près de 21 ans plus tard, mais de manière discontinue. Effectivement, entre le 13 décembre 2004 et le 13 octobre 2006 Alain Juppé est absent de toute présence politique suite à sa condamnation dans l’affaire des emplois fictifs de Paris.

Depuis sa condamnation, il a été ministre dans les gouvernements Fillion I et III (ministre de l’écologie et ministre des affaires étrangères). Profitant d’un regain de popularité suite a son passage au quai d’Orsay, il a aujourd'hui en tête d’occuper le poste qui lui échappe encore : Président de la République.

 

SES POSITIONS SUR :
 

L’économie : Pour Alain Juppé le plein-emploi est possible. Son projet repose sur 3 piliers. Le premier est une réforme du marché du travail : il souhaite baisser les charges sociales, assouplir les modalités de licenciement, mais également augmenter la durée du temps de travail hebdomadaire à 39 heures. Cela ressemble un peu à la fameuse loi travail Macron, plus radicale que le texte du gouvernement actuel.

La deuxième colonne de son programme est la baisse de la pression fiscale, c'est-à-dire une baisse de l’impôt sur les sociétés, ainsi que les charges sociales des artisans et des professions libérales. Enfin, la suppression de l’ISF serait également au programme, tout comme une réduction d’impôt pour les familles. Seul hausse envisagée, la TVA, qui gagnerait 1 point.

Enfin, le dernier axe est l'économie de 85 à 100 milliards d’éuro sur les budgets de l’Etat, des collectivités territoriales et de l’assurance maladie. Pour finir, Alain Juppé souhaite un report de l’âge l’égal de la retraite à 65 ans.

 

 

Le social : De par ses positions à l’économie, on peut assez vite conclure que le social ne sera pas le point fort d'Alain Juppé. En effet, son programme peut être jugé "antisocial", comme l’homme froid et rigide qu’il incarne. Il souhaite couper dans les dépenses publiques, tandis que, parmi des idées trouvées par ici par là on peut noter le retour aux 39 heures (déjà évoqué dans son programme économique) mais aussi la suppression du CDI, et surtout la suppression des dépenses publiques.

Pour certaines personnes il s’agit de sauver ce qu’il reste du modèle social français, pour d’autres, ce serait l’achever. Dans tous les cas, notre société est en mutation, et notre modèle social ne semble plus être raccord à la situation actuelle. Une modification est proposée par tout le monde, mais pas de la même façon. Celle de Juppé apparait comme celle de l’austérité.

Enfin, sur les questions de société, la aussi Alain Juppé n’a pas dévoilé beaucoup de ses idées, la campagne étant parasitée par le thème de la sécurité et de l’économie. En bref, il ne souhaite pas revenir sur le mariage pour tous ou sur l’adoption, et il est contre la dépénalisation du cannabis.
 


La politique intérieure : Homme de droite dans la lignée gaulliste, Alain Juppé veut un pouvoir fort, en particulier au niveau des rôles régaliens. C’est pour cela que sur la sécurité, il tient une position particulière. Il souhaite augmenter le budget de la défense à 2% du PIB - il est actuellement de 2.1%, mais en baisse. Alain Juppé souhaite également constituer une réserve opérationnelle des armées et de la gendarmerie à hauteur de 60 000 hommes.

L’ancien Premier ministre souhaite aussi rétablir la double peine pour les condamnés étrangers radicalisés, et la surveillance des lieux de culte, avec pour finalité la fermeture des mosquées radicales et l’expulsion des imams salafistes. Il souhaite généraliser l’utilisation des nouvelles technologies pour « faire face à la massification de la menace terroriste », et donc une hausse du « flicage » chez les citoyens.



La politique extérieure : Ici, Alain Juppé, souhaite encore une fois rester dans la lignée gaulliste, c'est-à-dire celle d’un pays indépendant. Il souhaite d’un coté construire un dialogue stratégique avec les Etats-Unis, et de l’autre maintenir le dialogue avec la Russie tour en étant « ferme ». Le développement de la francophonie est également un objectif, celui-ci passant par l’accueil d’étudiants et de créateurs étrangers et la recréation d'un véritable réseau culturel français.

Sur l’Europe, Alain Juppé veut renégocier les accords du Touquet (accords déterminant que la frontière entre la France et le Royaume Uni se trouve à Calais, la France devant donc prendre en charge les migrants). Juppé souhaite par ailleurs renforcer les liens avec l’Europe, et est en faveur d'une plus grande intégration. Par exemple, l’harmonisation des bases d’imposition de société pour mettre fin à la concurrence entre les états membres, mais aussi, plus généralement, une harmonisation fiscale.


SON IMAGE VUE PAR DES JEUNES ADULTES :

 

Jean, 27 ans, responsable technique audiovisuel :  « J'ai peu de choses a dire sur Alain Juppé, n'étant pas de droite et ne partageant pas les idées que portent Les Républicains. Malgré ça, dans ces primaires de la droite, c'est le candidat qui ressort le plus à mes yeux. Il est fédérateur et surtout, il ne fait pas de son égo son programme, comme le fait Sarkozy notamment. »

 


Vincent, 27 ans, gestionnaire de patrimoine : « Pour moi c’est un candidat sérieux à droite car il sait plaire à la frange ultra des républicains mais aussi au centre (cf sa positions plutôt ouverte sur le mariage pour tous). En revanche, il va se faire dévorer par Sarkozy qui ne lui laissera pas la place. Attention aussi à son image de sagesse et d’expérience qui peut vite se transformer en côté ringard (il est un peu vieux à mon sens et traîne quelques casseroles) »

 



Maxime Wangrevelain
(Crédits photo : AFP)