Primaires américaines, épisode 5 : le Super Tuesday

Ce mardi c’était le Super Tuesday outre-atlantique. Cette appellation désigne le premier mardi du mois de mars de l’année d’élection présidentielle. Ce que ce mardi a de « super », c’est qu’un grand nombre d’état votent en même temps lors des primaires ou caucus. Cette année, ce sont 12 états qui ont été appelés aux urnes du coté républicain et 13 du coté démocrate.

 


Carton plein, ou presque pour Clinton
 

C’est sans aucune surprise que Hillary Clinton a emporté la majorité des états (Géorgie, Tennessee, Virginie, Arkansas, Texas, Alabama, Samoa américaines et Massachussetts). Bernie Sanders a de son côté ramassé les miettes mais comptabilise tout de même quatre victoires (Vermont, Minnesota, Colorado et Oklahoma). L’ex-secrétaire d’état remporte donc 8 des 13 états(Le vote des démocrates « étrangers » durant jusqu’au 8 mars n’est donc pas encore comptabilisé), ces vistoire lui offrant 409 délégués supplémentaires. Il faut également y ajouter le vote des super délégués. Ces élus ne sont pas désignés par les votants mais sont des membres du parti comme des gouverneurs, sénateurs ou simples représentants. Puisque Hillary est la favorite de l’establishment, il n’est donc pas surprenant de voir ces super délégués se rallier massivement à elle. Depuis le début des primaires, ce sont ainsi 457 d’entre eux, soit 95% des super délégués qui ont choisi la compagne de Bill Clinton, ex-président de 1992-2000. L’ex-secrétaire d’Obama possède donc désormais un total de 1052 délégués sur les 2383 nécessaire pour la nomination du parti.
 

Du coté de Sanders, c’est une déception, mais il limite les dégâts. Il remporte 330 délégués mais seulement 7 super délégués sur le Super Tuesday, portant à 405 son nombre total de délégués et à 22 celui de super délégués. Dans l’intégralité, il possède donc 427 délégués, moins de la moitié du total de Clinton. Cette victoire ne laisse quasiment plus aucun doute sur l’issue du vote démocrate, car même se Sanders peut encore l’emporter mathématiquement, cette issue est totalement inimaginable au vu des tendances actuelles.

 


Le Texas empêche Trump de profiter pleinement de sa victoire
 

Chez les républicains, le spectacle va continuer, et encore longtemps. Si Trump l’emporte sur la majorité des 12 états, il est arrivé 2ème dans le Texas. Cet état est pourvoyeur de 155 délégués au total. Ted Cruz, qui est arrivé largement premier dans cet état, amasse 104 délégués, en laissant 48 à Trump et seulement 3 à Rubio. Bien que le milliardaire a gagné plus de délégués que le sénateur du Texas (253 contre 214), il devra encore continuer cette campagne. Le grand perdant de cette soirée électorale est Marco Rubio : le favori de l’establishment n’arrive premier que dans un seul état, le Minnesota, et se trouve maintenant dans une situation critique puisqu’il commence à être largement devancé dans la course par les deux autres. Quant aux autres candidats John Kasich et Ben Carson, ils traînent largement derrière. Ce dernier préparerait d’ailleurs son retrait puisqu’il n’a pas participé au dernier débat républicain du 3 mars.
 

Trump avance donc, et s’impose plus que jamais en tant que probable candidat républicain pour les présidentielles de novembre. Néanmoins, il reste encore beaucoup d’obstacles sur son chemin. Tout d’abord, le score de l’establishment reste supérieur, et si Cruz ou Rubio abandonnait, l’autre serait favorisé et aurait du même coup de grandes chances de l’emporter.  Malgré le soutien du sénateur du New Jersey Chris Christie, Trump est toujours mal-aimé des Grands du parti républicain. Celui-ci a d’ailleurs commencé des manœuvres pour tenter de déstabiliser le milliardaire. Jeudi dernier, c’est Mitt Romney, l’ex-candidat républicain de la présidentielle 2012, qui l’a attaqué, déclarant qu’il faut tout prix barrer la route à cet « imposteur ».  La réponse de Trump ne se fit pas attendre, puisqu’il s’est moqué de cette sortie, et a rappelé que Romney lui avait supplié de le soutenir il y a quatre ans lors des dernières élections.


Le 15 mars, prochaine date importante
 

35 Etats sont encore en jeu lors de ces primaires, dont certains des plus importants le 15 mars. C’est le cas de la Floride (99 délégués), de l’Illinois (69 délégués) et de la Caroline du Nord (72 délégués), surtout que les deux premiers sont Winner takes all, c'est-à-dire que le candidat qui arrive premier remporte tous les électeurs.  Pour les républicains, cette date donnera très certainement le duel final, où même le gagnant. Pour les démocrates, ce sera sûrement trop tard pour Sanders… Avant cette date, les prochaines primaires auront lieu ce samedi 5 mars.