Les projets purement rock auxquels prenait part Iggy Pop n’ont pas été légion ces dernières années. Mais en ce mois de mars 2016, le charismatique chanteur américain sort son nouvel album, Post Pop Depression, dans lequel il renoue avec son passé avec énergie.
Quand on a les antécédents d’Iggy Pop, se lancer de nouveaux défis paraît parfois risqué. Pour preuve, ses derniers albums n’étaient pas vraiment à la hauteur de sa carrière musicale longue de près de 50 ans aujourd’hui. Pop a donc décidé de s’entourer de valeurs sûres de la scène rock actuelle pour Post Pop Depression : Josh Homme, leader des Queens Of The Stone Age, Dean Fertita, multi-instrumentiste du même groupe, et Matt Helders, talentueux batteur des Arctic Monkeys. La présence de cette section instrumentale aux allures de big band apporte une atmosphère pesante et rythmée à l’ensemble de l’album, divulguant riffs, accords puissants et changements de tempos derrière la voix de crooner d’Iggy Pop. Mais même si l’album est signé de ce dernier, l’influence musicale sur la composition est clairement issue de Josh Homme. Il n’y a effectivement pas un morceau dans lequel on ne ressente pas la patte du marathon man du stoner rock, de la fusion ardente de In the Lobby aux licks funk de Sunday sonnant comme un hommage au grand ami de Pop, David Bowie. German Days est lui un morceau se rapprochant de ce qu’a pu produire Them Crooked Vultures, une autre des formations de Josh Homme - comme par hasard - où Iggy se rappelle de ses années à Berlin . On écoute malgré tout là un véritable album d’Iggy Pop, incluant quelques moments de répit (comme Chocolate Drops) perdus dans de grandes envolées de chœurs et des couplets punk rappelant l’époque de Lust For Life, âge d’or d’Iggy Pop et de ses collaborateurs de ces temps musicaux révolus. On ne perd pas une note de ces huit morceaux finement composés et écrits, offrant à celui que l’on surnomme l’iguane une merveilleuse vitrine pour montrer que son énergie et sa vigueur d’antan n’ont pas disparu avec le temps. Reste à voir si la magie se poursuivra sur scène.
P.I.

Au programme de cette seizième édition : le nouvel Iggy Pop est arrivé, 60 années d'Elvis et La Femme à l'Olympia.

IGGY POP
POST POP DEPRESSION
4/5

ELVIS PRESLEY
ELVIS PRESLEY 60 ANS

Le 23 mars 1956 sortait le premier album d'une légende, d'un des plus grands chanteurs de tous les temps, de celui qui a popularisé le rockabilly et le blues parmi la classe moyenne américaine. L'album éponyme d'Elvis Presley a 60 ans.
A côté de beaucoup de productions actuelles, le rock des années 50, des premières années, celui qui émerge après Rock Around The Clock, peut paraître quelque peu antique. Pourtant, il s'agit là des racines du rock, de la pop, et de plus ou moins toute la musique qui a suivi. Le rock and roll à la Elvis, ce n'est rien de plus que la réinterprétation d'une musique déjà populaire chez les afro-américains, portée par de grandes figures telles que Little Richard ou Ray Charles, représentatives du rhythm and blues. Ces grands compositeurs et interprètes font perdurer l'héritage des chants noirs, des rythmes qui choquent profondément la société américaine encore puritaine de l'époque.
Elvis Presley ne contient aucune composition d'Elvis lui-même, comme cela restera le cas pour la suite de sa discographie. Le King est un interprète avant tout, un interprète de génie, qui parvient à se réapproprier des morceaux qui étaient déjà de grands classiques. Elvis n'hésite pas à interpréter des succès de Carl Perkins, Ray Charles ou Jesse Stone. L'ensemble de l'album, oscillant entre ballades sucrées et airs rockabilly et country, dégage une énergie très inhabituelle pour un chanteur américain blanc du milieu des années 50. L'album n'est jamais faible, ne s'arrête jamais durant sa courte demi-heure de durée. La voie d'Elvis s'adapte à chacune des chansons avec une harmonie toute maîtrisée, se fondant parfaitement dans cette musique typiquement noire américaine. Et tout le génie du King réside dans la capacité qu'il a eu, en cette année de 1956, à rendre populaire une musique de noirs à un publics de blancs, dans une société américaine encore ségrégationniste.
T.H.

ON y etait
la femme a l'olympia

Se produire à l'Olympia quand on est un groupe français, cela revient à passer un petit cap dans une carrière. Au vu des répétitions sorties de la bouche de Sacha Got, La Femme a cultivé la veine du mythique "music-hall" parisien ce mercredi 23 mars. Face à 3000 fans gonflés à bloc, le quintet a offert 2h de show dans la lignée parfaite de son travail en studio : ambiance cold wave assumée, multiples chanteuses à la barre, passages quelque peu allumés, mais surtout une capacité hors norme à sortir le bon titre au bon moment. Et, puisqu'ils étaient surtout là pour faire la promo de leur nouvel album, ils ont réalisé deux sets coupés par une entracte (Olympia oblige). Pour une première dans cette salle, La Femme a réussi son coup, leurs nouveaux morceaux s'intégrant idéalement dans la flopée de tubes issus de leur premier album, qui leur avait valu une Victoire de la Musique en 2013 dans la catégorie Révélation de l'Année. La joyeuse bande est désormais passée au rang de confirmation : son second album sort en septembre, et elle se produira au Zénith en janvier prochain. Histoire d'attirer ceux qui ne seraient pas encore conquis par leur musique aussi unique qu'efficace, dans les écouteurs comme en live. P.I.