La pression était forte sur les épaules d’Anthony Gonzalez, fer de lance de M83, cinq ans après le plus grand succès du groupe, Hurry Up, We’re Dreaming, acclamé aussi bien par la critique que par les fans. A coups de singles bien placés ces dernières semaines, le groupe, devenu un pilier de la scène électro hexagonale, a fait monter le suspense jusqu’à ce vendredi et la sortie officielle de Junk. Do It, Try It, Solitude et Go ! ont placé le son M83, entre ballades interstellaires et voyages oniriques, dans une continuité. Junk est-il, à l’image de ses singles, une suite à Hurry Up, We’re Dreaming ? Dans l’art de cultiver la surprise, Anthony Gonzalez aura été astucieux, car ce n’est pas du tout le cas. Junk n’est pas une succession de sons électro-lyriques aux voix quasi-religieuses, mais se place comme une œuvre entre modernité et hommage aux grandes ères de la musique, comme l’avait fait Daft Punk avec Random Access Memories  il y a trois ans. 

Deux semaines chargées au niveau des sorties : M83 sort Junk, The Last Shadow Puppets reviennent, Mickey 3D renaît et Weezer rayonne à nouveau.

Deux chanteurs britanniques, Alex Turner des Arctic Monkeys et Miles Kane de lui-même avaient monté ensemble en 2008 le projet The Last Shadow Puppets, un duo projeté éphémère, dont l'album supposé one-shot nommé The Age of The Understatement fut un succès tant critique que commercial. Cet album résultait d'un savant mélange de pop, de country et d'épique far-west, comme une méchante bande originale d'un Tarantino déjanté, sur les traces d'Ennio Morricone et de Scott Walker. The Age of The Understatement, en tant que premier album, relevait le défi de parvenir à concrétiser une union, celle de deux auteurs-compositeurs dont les styles se ressemblaient encore assez en cette fin de décennie 2000. Le second projet du duo rompt avec ce fait établi.

 

   Le deuxième album du groupe, Everything You've Come to Expect est, il faut le dire franchement, beaucoup moins réussi que son prédécesseur. On sens bien que les deux tentent d'y mettre la même énergie, d'y appliquer la même recette, mais la sauce prend tout simplement moins. 

Les stéphanois de Mickey 3D ont marqué les années 2000 dans la chanson française engagée. Les voilà de retour avec un sixième album studio, intitulé SebolavyMickaël Furnon a avoué qu’il lui avait fallu du temps pour réécouter ses chansons. Sept années séparant son dernier album de son prédécesseur, l’introspection du chanteur de Mickey 3D lui aura permis de pondre un disque aux apparences joyeuses. Mais il ne faut pas se leurrer : le groupe ne change pas sa façon de faire, ni de voir le monde. Ses chansons sont acerbes, remplies d’ironie, mais ont perdu en résonance politique… Dommage ? Pas forcément. On ne retrouve pas de morceaux de la trempe de son tube Respire sur Sebolavy, mais plutôt des récits de vie, mêlés à des titres critiquant doucement la société, avec la subtilité que l’on prête à la plume de son auteur-compositeur. Tout y passe, les envies d’un amant (J’attends Mylène), le retour en arrière (Sylvie, Jacques et les autres), le spleen du chef d’état (François sous la pluie) … Sebolavy présente aussi des instants insouciants, à la fois touchants et remplis d’humour (Le dernier des cinglés) s’inscrivant dans une logique rétrospective propre à cette nouvelle œuvre studio. Les paroles sont souvent à fleur de peau, touchant dans le mille, et exhalent leur punch sur des compositions musicales précises et diversifiées, issues d’une base revenant sur plusieurs morceaux : une intro accrocheuse, prenant ses racines dans l’électro (Sebolavy) ou dans la cold wave (Aurélia), suivie de l’arrivée des guitares acoustiques, élément typique du son du groupe depuis les premiers jours. L’ensemble se résume à une définition plus large, faisant la force de Sebolavy : jouer de l’encre et des accords pour, pourquoi pas, faire danser sur le désespoir. P.I.

Weezer est un groupe qui sent bon l'été, l'inconscience de l'adolescence, la folie sur la plage, la fête et les vacances. Weezer, c'est un quatuor qui, mené par son leader-chanteur-auteur-compositeur Rivers Cuomo, fait l'effet d'une douce madeleine de Proust, rappelant à tous que les années 90, c'était mieux. En tout cas, pour Weezer, ça l'était. Deux albums excellents, Weezer et Pinkerton, en 1994 et 1996, puis la descente. Malgré des albums réussis (Weezer green ou Weezer red), le groupe s'enfonce durant la décennie 2000 dans de la pop saturée et banale, culminant avec l'affreux Raditude en 2009.  La vie d'un fan de Weezer est des plus compliquées, quand on s'intéresse à la carrière du groupe, alternant les albums moyens et les mauvais, sortant quelques bonnes chansons entre une dizaine de mauvaises. En 2014, après quatre ans d'absence, le groupe était revenu avec Everything Will Be Alright In The End, leur meilleur album depuis le Green de 2001. On retrouvait alors les guitares en premier plan, des mélodies originales, une épopée finale exceptionnelle digne d'un Only In Dreams...  

Une réelle bonne surprise, malgré une très forte inégalité des morceaux. Car depuis 2001, un album de Weezer contient toujours un certain nombre de mauvaises chansons. Avec ce quatrième album éponyme, blanc cette fois-ci, Weezer essaie de rompre la malédiction qui les poursuit depuis l'album vert.

 

   Weezer est certainement l'album le plus estival de toute la discographie du groupe, comme un remix rock des premiers succès des Beach Boys. L'album aura sûrement le temps de faire son chemin, pour devenir un album majeur de cet été 2016. Et on ne peut que lui souhaiter, tant l'album est une agréable surprise, après tout ce que Weezer a produit depuis plus de 15 ans. En effet, on est clairement en face du meilleur album du groupe depuis le formidable Pinkerton de 1996. L'album n'atteint pas la qualité de ce dernier, mais reste un très bon moment d'écoute. Cuomo abandonne complètement les ballades, l'album est dans une énergie constante, sans aucune pause pour souffler jusqu'à la fin, à la manière, encore une fois, de Pinkerton 20 ans auparavant.

 

   L'album commence avec California Kids. L'ambiance est assumée, les vagues viennent lécher la mélodie, une chanson entraînante et qui annonce immédiatement un gros travail sur les guitares. En revanche, l'auditeur remarque tout de suite la production irritante autour de la voix de Cuomo, saturée et doublée jusqu'à, parfois, l'overdose. Le chanteur n'en a pourtant pas besoin, et c'est probablement le problème majeur de l'album. Wind In Our Sails est la chanson typique du « nouveau Weezer » qui se réinvente après les échecs des années 2000. C'est un titre assez commercial et peu intéressant, mièvre dans sa sur-utilisation du piano, symptomatique du voile 2010 qui s'est abattu sur la pop-rock. La chanson suivante est bien plus intéressante, démarre doucement mais se déchaîne grâce à un refrain irrésistible. Thank God For Girls mêle le rock à la Weezer, à de la pop 2010 et à du hip-hop plus ou moins assumé, mais inédit chez le groupe. Il est très peu étonnant que la chanson soit sortie en premier single de l'album, car elle porte cette énergie qu'on cherchait désespérément dans les compositions de Cuomo dans les années 2000.

 

   La chanson suivante, (Girl We Got A) Good Thing, retombe dans les mêmes travers que la deuxième piste, et est assez décevante. Puis suit le deuxième single de l'album, Do You Want To Get High?, qui relance l'album. Sans être la chanson de l'année, on retrouve un groupe plein d'entrain et de conviction, dans une composition digne de l'album bleu de 1994. King Of The World est une chanson rock des années 2010, bien dans son époque, mais assez moyenne en définitive. Le chant de Cuomo est soutenu par un riff de guitare très appuyé qui ravira l'oreille de tout adorateur du groupe, mais le reste de la chanson reste peu inspiré.

 

   Après ce sixième morceau, l'album ne fait plus un seul faux pas, et les quatre dernières pistes s'enchaînent parfaitement. Summer Elaine and Drunk Dori s'ouvre sur une guitare lourde qui rappelle les meilleurs moments du groupe, et qui fait définitivement plaisir. Le refrain est implacable, malgré les désagréables et Coldplay-esques « oh-oh oh-oh ». Si les couplets ne sont pas très originaux, le très gros travail sur la guitare rattrape superbement la chanson, s'offrant même un génial solo sur la fin. Suit ensuite L.A. Girlz, certainement la meilleure chanson de l'album, un vrai plaisir auditif, tant on retrouve le groupe au meilleur de sa forme. On sent bien à ce stade de l'album, que la guitare ne partira plus, et nous accompagnera jusqu'à la fin de l'été. L'avant-dernière piste, Jacked Up, est une bonne surprise. Bien qu'elle sonne commerciale et assez classique pop-rock 2010, la chanson est tout de même très convaincante. Le groupe se donne à fond, et c'est tant mieux. Endless Bummer termine l'album en beauté, faisant surfer l'oreille sur trois minutes d'une ballade annonçant la fin de l'été, un été de 34 minutes seulement, mais un été salvateur. L'album s'achève sur un solo de guitare sublime d'une minute, une guitare qui sombre finalement dans les vagues du début de l'album.

 

   Qu'est-ce que ça fait du bien de réentendre Weezer à un tel niveau. On en attendait peut-être plus autant, tant les déceptions s'étaient accumulées depuis 15 ans. Il est remarquable de constater que, même si certaines chansons sont plus faibles que d'autres, aucune n'est mauvaise, ce qui n'était pas arrivé à un album du groupe depuis Pinkerton. Ce White Album est effectivement leur meilleur depuis 20 ans, et sonne comme un renouveau pour un groupe qu'on attendait plus. On espère que Weezer va continuer sur cette voie encore longtemps. T.H.

Attention, le résultat final est très loin d'être mauvais, mais il reste assez insipide, comparé à toutes les attentes placées en Turner et Kane. Il est maintenant temps de faire dans le démagogique et le cliché, et de parler d'un caractère précis de cet album : la maturité. Pendant ces huit ans d'absence, les deux membres ont fortement évolué musicalement. Miles Kane est passé en solo et s'est rasé la tête, Alex Turner a transformé ses très british Arctic Monkeys en groupe lourd américain. Et cette transformation se ressent sur l'album. Les compositions sont moins désordonnées et aléatoires que sur The Age of The Understatement. On sent que l'énergie du groupe est bien plus catalysée, plus concentrée et l'album part moins dans tous les sens. Le résultat aurait pu en être magnifié, on en perd plutôt en folie, cette folie qui faisait le charme du premier opus. Après plusieurs écoutes, on se rend compte véritablement de cette absence de vraie folie. L'album est un peu plat sur les bords, plus calme que son prédécesseur, plus ambient voire même musique d'ascenseur (en particulier la chanson éponyme).

 

   Dès les premières notes de l'album, le groupe veut nous faire comprendre de ce changement. Les premières secondes sont très similaires au premier album, une montée anarchiste de cordes désunies, qui se stoppent d'un coup pour, on l'espère, ouvrir la vois à l'explosion mélodique attendue par l'auditeur. C'était le cas sur The Age of The Understatement, qui s'ouvrait après ce crescendo de violons sur un déferlement de guitares country, pour le plus grand plaisir de tout un chacun. Mais là, le silence finit sur un rythme lent et une mélodie de guitare presque attendue et calmée. C'est bon, on a compris le message. Cette chanson d'ouverture, Aviation, est l'une des meilleures de l'album. Le problème est qu'elle n'est malheureusement digne que des seconds couteaux présents sur The Age of The Understatement, et aucune chanson d'Everything You've Come to Expect n'arrive au niveau d'un Standing Next To Me ou d'un My Mistakes Were Made For You. Aviation est une chanson assez agréable malgré tout, dont le doux rythme de guitare porte bien la voix de Miles Kane. Celui-ci a toujours eu la capacité de composer de formidables riffs et mélodies pour une guitare, il le prouve encore sur ce morceau. On passe donc à la seconde piste de l'album, plein d'espoirs. Miracle Aligner n'est pas un miracle, mais une très agréable ballade. On suit joyeusement le chemin que dresse la voix suave d'un Alex Turner tout en retenue, loin de ses frasques devenues habituelles. Une réussite de composition, on passe à la suivante.

  A partir de ce point de l'album, l'écoute devient beaucoup moins enjouée, et vient la déception face à un cas typique d'album qui ne peut pas égaler le chef d’œuvre auquel il succède. Dracula Teeth emprunte totalement la route western de l'album précédent, mais avec beaucoup moins de conviction, et on en vient à écouter une chanson assez fade et décevante. Puis vient le pire moment de l'album, la chanson-titre. Deux interrogations : pourquoi donner à l'album le nom de cette chanson, et pourquoi la sortir en single. Everything You've Come to Expect est une chanson molle, assez prétentieuse par ses arrangements, et ne fait que marquer une pause assez malvenue et peu inspirée au milieu de l'album. Turner et Kane semblaient s'en être rendus compte, en venant à encadrer la chanson avec des bruits de vagues, voire même à en rajouter en plein milieu. Incompréhension totale à ce niveau. Puis vient The Element of Surprise, qui commence par un riff peu inspiré, suivi d'un coupley assez sympa puis d'un refrain pas vraiment à la hauteur du reste. Une fois de plus, chanson assez fade, on passe à la suivante. Et on attaque sûrement le plus gros morceau de l'album, la chanson la plus contestée chez les fans de la première heure, et chez les autres également d'ailleurs. Malgré ses arrangements aux violons et guitares western, Bad Habits est bien une chanson de Miles Kane et seulement de lui. Pas d'esprit de cohésion sur le morceau, une exaltation de Kane bien trop forcée, les paroles « bad habits » répétées beaucoup trop répétitivement... Quand on voit son orchestration, sa mélodie, Bad Habits avait tout pour être une bonne chanson, ce n'en est malheureusement pas vraiment une. Rien de désagréable véritablement, mais rien de marquant non plus.

 

   Le pire est passé à ce stade de l'album, qui sans offrir de magnifiques moments, tente alors de relever la tête. Alex Turner prend sa vengeance sur le morceau suivant, Sweet Dreams, TN, une sympathique ballade menée par un tempo militaire implacable (non, ces deux éléments ne sont pas incompatibles). On respire à nouveau, l'inspiration semble revenue dans le camp des Britanniques, on continue l'écoute. Used To Be My Girl et She Does The Woods sont deux morceaux assez transparents, et remplissent assez bien l'espace malgré tout. On sent que les deux chanteurs tentent de faire de leur mieux, mais on est loin de la jubilation du premier album. On retrouve tous leurs ingrédients, dont le violon, aux arrangements fort bien menés par Owen Pallett, déjà présent sur The Age of The Understatement. L'avant dernière chanson, Pattern, retrouve un semblant d'énergie salvatrice. C'est une agréable chanson portée par les violons justement, et par un rythme de guitare appuyé. La dernière piste réintroduit le piano en premier plan. The Dream Synopsis est une charmante ballade, la meilleure chanson de l'album très certainement, dans laquelle Alex Turner renoue avec une très belle et douce mélodie. C'est une très belle conclusion à un album malgré tout très inégal.

 

   Alors, que retenir de cet album ? On en attendait beaucoup des Last Shadow Puppets, eux qui faisaient patienter leur public depuis 2008. On en attendait sûrement trop d'ailleurs, et on ne peut s'empêcher d'être déçu malgré les qualités de l'album. Aucune des chansons n'égale les grands titres du premier album, et tout l'album reste malheureusement assez plat et moyennement inspiré. On retrouve avec joie les deux protagonistes, mais on souffre en les entendant partir loin de ce en quoi ils sont excellents, comme sur la chanson-titre. Everything You've Come to Expect, ce n'est pas un mauvais album, c'est juste différent, plus posé, moins jubilatoire aussi, et pas vraiment tout ce qu'on attendait. T.H.

   L’album semble articulé autour des featurings avec Mai Lan, au nombre de quatre, et assez inégaux. Go ! a constitué le single le moins intéressant musicalement ; Bibi the Dog mixe une ambiance inspirée d’Aphex Twin à un spoken word très en vogue chez certaines formations françaises du moment ; Laser Gun ressemble à une version plus légère d’une composition de la scène acid du début des années 90, et Atlantique Sud est une ballade un peu mielleuse centrée autour du piano. Ce n’est finalement pas une surprise, les meilleurs morceaux n’incluent pas Mai Lan, mais d’autres collaborateurs. Effectivement, au cœur d’influences nombreuses, de Justice à Panda Bear, mais aussi la pop soyeuse de la seconde partie des 70’s et Stevie Wonder, des chansons comme Time Wind avec Beck, Walkway Blues avec Jordan Lawlor et For The Kids avec Susanne Sundfor, en plus des déjà connus Solitude et Do It, Try It, se détachent de l’ensemble avec vigueur. La diversité de l’album est néanmoins remarquable, mais la production est souvent trop accentuée, et les ersatz de funk à cordes comme Moon Crystal sonnent davantage comme des bandes originales OVNI que comme des morceaux électro ayant leur place sur Junk en 2016. Anthony Gonzalez a suivi sa ligne de conduite à la lettre, et l’ensemble est fidèle à son intention, n’apparaissant pas comme une bande son pour l’été mais comme un album plus personnel que les précédents. Demi-réussite donc pour M83, qui a ici le mérite de ne pas avoir voulu imiter Hurry Up, We’re Dreaming, car la barre rêveuse de 2011 était, il faut bien se le dire, trop élevée. P.I.
 

 

 

 

 

 

 

 

Après 3 singles réussis (Do It, Try It, Solitude et Go !), M83 sort enfin son nouvel album. Intitulé Junk, c’est  le 7ème opus d’un groupe mêlant électro, pop et même shoegaze a ses débuts. Si dans une interview, le front-man Anthony Gonzalez a déclaré avoir voulu « repartir de zéro », l’œuvre s’inscrit néanmoins toujours dans un univers cosmologique et enfantin. Ces thèmes se retrouvent dans les paroles et les titres des chansons ainsi que sur la pochette du disque. Et comme dans la galaxie, on y trouve de tout, du bon, du très bon, mais également du moins bon. C’est également un lieu où se mélange plein de genres différents, qui ont fait la réussite de M83.

Dans Moon Crystal, par exemple, nous sommes renvoyés 30 ans en arrière avec un son vintage, retro et résolument 80’s. Certains des titres sont franchement oubliables, notamment Tension et Ludivine qui apparaissent plus comme des satellites sortis de leur orbite. Dans For The Kids, une voix juvénile se glisse nous rappelant certains de ses anciens morceaux (Raconte-moi une histoire). Le tout agrémenté de la douce voix de Susanne Sundfør, également présente sur un des titres de la bande originale d’Oblivion sortie en 2013. En effet, si cela fait cinq ans que l’artiste n’a pas sorti d’album, il n’a pas pour autant chômé. En plus de la soundtrack du film post-apocalyptique il a également œuvré pour un second dans le moins connu Les Rencontres d’après minuit, réalisé par son frère.

Petite nouveauté, l’album nous apporte de nombreuses collaborations. Mai Lan est présente plusieurs fois, de façon réussie comme sur Go ! ou Laser Gun et parfois un peu moins, notamment sur Bibi the Dog. Atlantique Sud, quant à elle, est une longue ballade douce et sucrée mêlant une voix masculine et une voix féminine. Gonzalez invite également Beck pour une promenade temporelle dans Time Wind. Jordan Lawlor, également membre du groupe, prête sa voix sur le groovy Walkway Blues. Cette avalanche de featurings est en décalage complet avec les anciens opus de M83, qui n’en comportaient que très peu, voire pas du tout. On sent qu’Anthony Gonzalez a voulu se faire plaisir, quitte à déplaire à certains de ses fans. Le dernier titre en est l’exemple parfait : Sunday Night 1987 clôt l’album sur une douce mélodie d’harmonica et de piano.

 

 

Alors que vaut Junk ? La rupture est nette avec son prédécesseur, le mythique Hurry Up We’re Dreaming a placé la barre tellement haute que Gonzalez a préféré repartir de zéro et il a eu raison! Si le dernier opus nous a rendu nostalgique sur les thèmes de l’enfance, des rêves et souvenirs, celui-ci parait en deçà tellement il part dans toutes les directions. Ici, pas d’hymne en vue comme Midnight City ou Wait, et ce n’est pas plus mal. Cet album est plus personnel tellement il est fouillis, sincère, original et fun. M83 nous fait explorer sa galaxie, où nous sommes de simples passagers. M.W.