PLUS VITE QUE LA MUSIQUE #21

BARèME

 

Le single Dark Necessities avait ouvert la voie il y a un mois : les Red Hot Chili Peppers publient leur onzième album ce vendredi.

La carrière des Red Hot Chili Peppers n’est pas un long fleuve tranquille : changements de guitariste et batailles contre la drogue ont marqué leurs trois décennies d’existence au fer rouge. Depuis le départ de John Frusciante il y a six ans, le groupe navigue en eaux troubles. La direction musicale de son dernier album, I’m With You, n’a pas plu à une grande partie de ses fans, Josh Klinghoffer grattant sa guitare comme son mentor, la créativité en moins. Différents genres, différentes périodes… les Angelinos étaient attendus au tournant en cette année 2016, les questions s'axant surtout autour du style qu’allait adopter The Getaway. Les deux premiers singles - Dark Necessities et The Getaway - ont annoncé du nouveau, avec un style se rapprochant toutefois de ce que le groupe produisait il y a quinze ans.
Les RHCP seraient-ils devenus lisses ? Ils paraissent en tout cas beaucoup s’inspirer de leurs précédents albums – pas forcément les meilleurs -  sur des morceaux comme Go Robot et son intro de basse, The Longest Wave et sa guitare mélodique et les jeux vocaux d’Anthony Kiedis, ou bien Encore et ses airs de rappel de Stadium Arcadium. Feasting Of The Flowers est de son côté un hommage au premier guitariste de la bande, Hillel Slovak, décédé d’une overdose en 1988. Si les fans historiques seront probablement déçus que le groupe ne revienne pas aux horizons plus funky qui ont fait sa force durant vingt ans, les Red Hot prennent le soin de ne pas se perdre dans des airs trop grand public, ce qui semblait pourtant être devenu leur nouveau leitmotiv. L’attente est longue, mais au bout, on retrouve des innovations qui font plaisir. Detroit est très punk et le groupe est en unisson, This Ticonderoga pourrait très bien être l’œuvre des Stooges, et les riffs marqués des couplets de We Turn Red rappellent certains passages de Blood Sugar Sex Magic, le meilleur album du groupe. Le dernier morceau est le meilleur de l’album : Dreams Of A Samurai constitue un titre entre rock psychédélique et free jazz, autour de Flea et son accord de basse en toile de fond, de Klinghoffer qui torture sa guitare et d’un piano qui fait des siennes tout au long des six minutes du morceau. Comme une longue sortie dans des marécages brumeux où l’on apercevrait Kiedis et sa bande derrière des lunettes embuées. Le chanteur de 54 ans qui chante moins sur la drogue et le sexe, davantage sur l’amour et plus particulièrement sur sa rupture avec Helena Vestergaard, sujet, entre autres, de Goodbye Angels et de Sick Love, sur lequel le funk reprend quelques couleurs.

Finalement, avec The Getaway, les Red Hot Chili Peppers ont laissé définitivement derrière eux l’ombre de John Frusciante, et offrent un album qui ne laissera personne indifférent, qui possède autant de moments de grâce que de titres de seconde zone. Dans tout cela, au moins une chose est sûre : ils ne nous lasseront jamais.
P.I.

Red Hot Chili Peppers - The Getaway

 

Un album de Swans, ce n'est jamais anodin, jamais une expérience classique de musique déjà entendue et ne réservant aucune surprise. Un album de Swans, au contraire, c'est une immersion dans ce qu'est vraiment la musique, c'est découvrir la signification que veut donner à chaque note le groupe de Michael Gira. Absent de la scène musicale depuis 1996, Swans faisait son grand retour avec My Father Will Guide Me up a Rope to the Sky en 2010, inaugurant une nouvelle formation restée intacte jusqu'à aujourd'hui. Avec The Glowing Man, Michael Gira met fin à sept ans de musique folle et expérimentale, signant l'album testament de l'actuelle incarnation du groupe.
 

Réputé groupe le plus violent sur scène au début des années 90, Swans n'a réellement trouvé son public live que depuis 2010. Michael Gira considère d'ailleurs le live comme le lieu idéal pour faire vivre et se développer la musique, l'endroit où il est possible de vivre la musique comme une expérience sensorielle unique et onirique. Bien que se sentant incapable de faire vivre un album studio comme un live, Gira tente, avec chaque nouvel album de Swans, d'ouvrir les sens de son auditeur pour l'immerger complètement dans sa musique. Le groupe a réussi, depuis 2012, à pondre trois albums de deux heures, en parvenant à installer une continuité et une cohérence remarquables entre chaque, en évitant les redites. Avec une telle quantité de musique produite depuis 30 ans, il est impossible d'écouter du Swans sans se dire à un quelconque moment qu'on a déjà entendu ça. Pourtant, un album de Swans est toujours une expérience inédite et indépendante, et The Glowing Man en est une nouvelle preuve.


Toujours à la recherche de nouvelles façons de faire de la musique, Michael Gira a, avec The Glowing Man, écrit un album sûrement plus bruitiste que ses prédécesseurs. Moins ambient, plus rock agressif, l'album, bien que très long (1 heure 58), ne se découpe qu'en 8 morceaux. Alors que les 2 heures 20 de Soundtracks For The Blind étaient décomposées en 26 pièces musicales, The Glowing Man se targue de trois morceaux de plus de vingt minutes, et d'encore deux autres de plus de 10 minutes. Ces marathons musicaux emprisonnent et envoûtent l'auditeur dans un tourbillon instrumental époustouflant, où les sons se répondent et s'entrechoquent. La première piste, Cloud Of Forgetting, offre un départ presque doux à un album qui cache encore bien sa sauvagerie à venir. En 12 minutes, cette introduction offre un crescendo bienvenu avant l'explosion du deuxième morceau. En 25 minutes, Cloud Of Unknowing dévoile toute la capacité de violence et de bruitisme que peut fournir Swans, à travers une piste quasi apocalyptique, faussement désordonnée. Swans confirme qu'il n'est pas accessible à tous, défenseur d'une musique trop élitiste pour certains. Suit ensuite The World Looks Red/The World Looks Black, développant un rythme presque électronique et très répétitif, supporté par la voix grave et sombre de Michael Gira. Ce n'est pas le meilleur moment de l'album, et la suite surprend d'autant plus, la quatrième piste étant un court morceau de 4 minutes, presque exclusivement acoustique, pause bienvenue entre ce déferlement de sonorités féroces. Frankie M, une piste de 20 minutes, bien que très variée, ne séduit pas énormément, souffrant du péché récurrent de Swans : une répétitivité trop appuyée. When Will I Return ? est certainement la chanson la plus abordable de l'album, plus courte et plus simplement découpée, rock sans être trop brute pour certaines oreilles. Ce n'est pas un chef-d’œuvre, mais certainement une bonne vitrine pour l'album. L'avant dernière piste, The Glowing Man, étale en plus de 28 minutes une palette extraordinaire de musicalité, de bruits désordonnés, d'ambiance contrôlée, entre Damo Suzuki et Mark Hollis. Titre phare de l'album, le morceau éponyme surprend par son caractère parfois plus rock classique, tout en finissant par y ajouter la recette Swans, rappelant les envolées d'un Helpless Child ou d'un The Sound sur Soundtracks For The Blind en 1996. Et ce n'est qu'après cette demi-heure de folie que l'album décide enfin de se calmer, annonçant la fin de Swans à travers Finally, Peace. Le groupe ne se lamente pas de sa fin annoncée, il la célèbre à traverse une ballade soutenue de chœurs, rappelant le final éponyme de l'album Children Of God de 1987.
 

Comme plus ou moins tous les albums de Swans, The Glowing Man n'est pas parfait. En deux heures, le groupe ne peut éviter certaines longueurs, des moments trop répétitifs, ou un excès de bruitisme qui peut effrayer l'oreille. Pourtant, l'album est un véritable tour de force, Michael Gira prouvant, malgré les polémiques, que sa vivacité musicale est plus que jamais présente. L'album ne réinvente pas la musique de Swans, mais il en est une formidable continuité, cohérente dans la suite de l’œuvre immense d'un groupe immense. T.H.

Swans - The Glowing Man

 

Jake Bugg - On My One

Plus de deux ans après Shangri La, son deuxième album acclamé par la critique, le jeune premier Jake Bugg est de retour avec On My One.

Blues, rock, folk… On ne sait pas vraiment où situer Jake Bugg sur l’échiquier musical, mais il commence à y prendre une place de plus en plus importante. Ses deux premières œuvres studio témoignaient d’une capacité rare à chanter l’Angleterre et ses déboires, particulièrement ceux de la jeunesse, sans atteindre le mélo, en s’accompagnant énergiquement de ses Gibson, qu’elles soient acoustiques ou électriques. Pour On My One, Jake Bugg continue-t-il sur cette ligne de conduite ? Ceux qui répondent par la positive ne doivent pas avoir écoutés ses précédents albums. Le Britannique innove en effet dans les grandes largeurs sur son nouveau disque : il ne se limite pas à ses schémas musicaux classiques, à la fois dans la composition et la formation, mais donne bel et bien une nouvelle voie à sa musique. Gimme The Love est le premier choc de On My One : faisant suite au morceau-titre relativement classique chez le kid de Cliffton, il montre que Bugg ne fait pas du réchauffé mais élargit son panel musical, en y a ajoutant des inspirations électroniques qui se caractérisent ici par le rythme rapide et la basse artificielle bondissant dans nos oreilles. Bitter Salt traduit également ce désir nouveau chez le jeune homme de sortir la tête des marais folk pour mêler des rythmes qui s’accélèrent avec ses guitares caractéristiques. Ain’t No Rhyme, quant à lui, est une anomalie, un titre que l’on n’aurait pas imaginé s’insérer dans la discographie de Jake Bugg il y a quelques mois : la basse puissante et les arrangements hip-hop-rock le rapprochent des expérimentations de Beck, maître dans l’art de varier les styles vocaux et musicaux, ou de G-Love and Special Sauce - toutes proportions gardées.
Jake Bugg a des nouveautés dans son arsenal, mais elles sont finalement perdues au milieu de morceaux qui se rapprochent de son son habituel, celui de ses deux premiers albums. Il faut bien le dire, le Britannique n’est jamais meilleur que lorsqu’il pose les choses et que sa voix enveloppe le paysage : Love, Hope And Misery et All That sont des ballades touchantes, tandis que Put Out The Fire rappelle la country américaine, comme un miroir sur les débuts de l’artiste et son plus grand tube, Lightning Bolt. Sa voix atypique fait mouche à de nombreuses reprises, comme sur le poignant Never Wanna Dance et son esthétisme singulier. Sa tessiture unique et son accent de Nottingham relèvent en plus le niveau de morceaux moyens, comme Hold On You et ses accords bluesy en clôture de l’album.

Souvent comparé à Bob Dylan, Jake Bugg s’éloigne de l’acoustique et des bases de son début de carrière sur On My One, album qui fait office de transition dans sa discographie, entre expérimentations électroniques et passages plus habituels chez lui. Symbole d’un potentiel énorme chez un artiste âgé de seulement 22 ans.
P.I.

 

Yuksek - Sweet Addiction EP

Le musicien et producteur français Yuksek signe sa première œuvre véritablement indépendante depuis Partyfine #1, déjà un EP, en 2013.

Les extended play, formats à mi-chemin entre un single et un album, portent bien leur nom. Ils contiennent l’essence de ce qu’un artiste peut proposer en plus ou moins vingt minutes, sans égarement possible. Yuksek s’y est fait : son dernier LP, le très bon Living On The Edge Of Time, date d‘il y a cinq ans, un laps de temps durant lequel le musicien français a composé la musique de deux films et sorti Partyfine, tout en fondant son propre label. Avec quelques mois de libre, il en a donc profité pour composer et enregistrer Sweet Addiction. Cinq morceaux qui, faut-il le répéter, vont à l’essentiel, et proposent un large panel de styles dans la pure veine électronique et french touch années 10 du producteur de 37 ans.
Le morceau d’ouverture, d’où est tiré le nom de l’EP, se fait remarquer par son refrain entrainant et par la présence du duo parisien Her, qui apporte au titre une part de soul bienvenue au-dessus des rythmes frénétiques de Yuksek. La route continue dans le second morceau, Make It Easy, avec la chanteuse Monica lancinant sa voix de velours dans une production entre le disco et la dance des années 90. La basse y résonne à plein volume au-dessus d’un cocktail de sons distordus s’entrechoquant pour un résultat assez réussi. Yuksek fait dans le DJ set de studio, comme en témoigne le troisième morceau de Sweet Addiction, Golden Age. N’y voyez aucune ressemblance avec Woodkid, le musicien nous offre ici ce qu’il fait de mieux : cordes, riffs, percussions, harmonies… Les claviers s’en sentiraient presque jaloux s’ils ne dominaient pas le tout d’une main de maître. Cette dynamique s’achève avec Make It Happen, touchant dans ses airs camouflés de M83 version Hurry Up, We’re Dreaming. La voix de Yuksek est peut-être un peu surproduite, mais le break de la dernière minute redonne un souffle de diversité à cette semi-ballade, en introduisant des cuivres tirés de clubs de jazz américains. Enfin, Switch Addiction clôt l’album sur des expérimentations sonores qui se dirigent lentement vers un riff en répétition et des accords de clavier en symbiose, avant de se disloquer en point final d’un EP qui fait plaisir à l’écoute, sans, malgré tout, décrocher des montagnes.
P.I.
 

 

Mumford & Sons - Johannesburg

La musique traditionnelle de Mumford & Sons faisait déjà office de petit OVNI dans le monde de la musique britannique. Nul doute qu’avec Johannesburg, le fossé va davantage se creuser.

Qui a dit que les musiques du monde ne pouvaient pas se rencontrer sur la même piste ? Dans la lignée d'un Paul Simon ou d'un Ginger Baker, les Londoniens de Mumford & Sons se sont rendus à Johannesburg, une des plus grandes villes d’Afrique du Sud, pour enregistrer cet EP dont le nom fait reflet à son lieu de production. En s’alliant avec le Sénégalais Baaba Maal, le duo The Very Best et les Sud-Africains Beatenberg, un musicien et deux groupes accomplis venus tout droit du cœur du continent, Mumford & Sons détonent, et cherchent à apporter des variations noires à leur musique déjà riche de trois albums au bilan certes mitigé, mais sur lesquels les Londoniens cherchaient déjà à s’éloigner des sentiers battus de la musique d’outre-Manche. Le fil conducteur de ces cinq morceaux semble avant tout être la volonté de mener le bateau avec deux gouvernails : mettre en avant la musique africaine tout en permettant à l’auditeur de rester en terrain connu, tout du moins pour les connaisseurs du groupe. La voix de Marcus Mumford n’est absente d’aucun morceau, mais donne la réplique aux timbres si reconnaissables de ses acolytes africains, qu’il ne faudrait pas seulement considérer comme des guests sur ce mini-album. Oui, Johannesburg est avant tout une coopération entre quatre noms, qui élargissent les possibilités pour ouvrir une porte entrebâillée entre les régions et ses cultures. There Will Be Time et Si Tu Veux sont les meilleures des cinq (courtes) épopées musicales du disque, mais résument à elles seules son esprit. La première met en avant la kora malienne sur des percussions mêlant djembés et autres tambours dans une intro idéale pour ouvrir une œuvre, puis alterne des instants grandiloquents purement mumfordiens avec des passages plus lents, eux plus africains. La seconde achève l’album d’une manière totalement différente : les paroles entre le français et le sénégalais s’élèvent avec panache, l’instrumental forme un mur d’accompagnement presque irréel et ses cinq minutes passent comme un coup de vent décoiffant. Le reste est aussi original, quoique moins marquant, mais des morceaux comme Wona et Fool You’ve Landed sont des passages obligés de tout amateur de musique noire, tant ses chœurs et sa composition sont une ôde au continent africain.

Sans être des précurseurs des croisements musicaux, Mumford & Sons font ici coup double : ils allient une œuvre de qualité tout en insufflant à l’auditeur l’envie de se pencher sur le travail de ceux avec qui ils partagent l’affiche.
P.I.

 

ANNIVERSAIRE

The Smiths - The Queen Is Dead

30 ans

Les années 80 sont un cimetière incommensurable de stars à un tube, un unique tube qui fait monter brutalement son interprète au sommet des charts, avant de le laisser retomber aussi rapidement et dans un fracas totalement insonore pour le public. Les années 80 sont le tombeau des guitares des grands groupes de rock, alors que Dire Straits et Queen s'adonnaient de plus en plus au malsain plaisir du synthétiseur. Les années 80 sont le promontoire de chanteurs pop télégéniques et assoiffés d'audimat, sortant la moindre soupe commerciale immonde pour passer trois minutes au Top 50. Et pendant ce temps là, alors que le monde de la musique s'effondrait pour une grande majorité de dinosaures des années 70, un groupe sans prétention de Manchester, The Smiths, se faisaient une place dans le paysage musical britannique. Les Smiths ont en réalité pris la place que les Beatles avaient laissé vacante en 1970, enchaînant les tubes et les classiques. Peu de groupes peuvent se targuer, à l'instar des Beatles ou des Smiths, d'avoir produit un classique sur cinq chansons. Dans le cœur des Anglais, les Smiths sont devenus un repère, un mètre étalon pour toute la pop britannique des années 90. Si tous les maîtres de la Britpop ne se réclament pas d'eux, Pulp, Oasis ou Placebo ne seraient pas les mêmes sans les Smiths.
Le groupe avait fondé sa qualité sur une alliance stable et prolifique entre la qualité de composition et le jeu de guitare de Johnny Marr, et sur les paroles et le chant envoûtants de Morrissey, bien aidés par une batterie sobre mais implacable et une basse en parfait accord avec la guitare. Johnny Marr est l'un des sauveurs de la guitare électrique dans le paysage des années 80, celui qui a permis sa survie jusqu'à la nouvelle génération de rock alternatif. Malheureusement trop peu connus en France, les Smiths ont incarné une vraie stabilité musicale à travers une production de morceaux très importante, en à peine cinq ans de carrière. En quatre albums et trois compilations de faces b, les Smiths se sont imposés comme le groupe de guitare référence des années 80. Leur troisième album, The Queen is Dead, est sorti le 16 juin 1986. Désigné par de nombreux magazines et sondages comme le meilleur album de la décennie, l'oeuvre capture tout l'essence des Smiths, entre guitare subtile et virtuose, et voix mystérieuse. L'album traverse les démons de Morrissey, la mort est présente tout au long des 36 minutes de musique. A travers des tubes comme Bigmouth Strikes Again ou There Is A Light That Never Goes Out, le quatuor a définitivement marqué d'une empreinte indélébile toute la musique d'outre-manche. Certains lui reprochent un son plus pop, plus aseptisé, plus 80's. Pourtant, The Queen is Dead a marqué toute une génération, voire tout un pays, qui considère encore les Smiths comme le groupe le plus influent depuis les Beatles.
T.H.