Salah Abdeslam, l’homme le plus recherché d’Europe a été arrêté vendredi 18 mars dans la commune de Molenbeek en banlieue de Bruxelles. L’arrestation du coordinateur des attentats du 13 novembre à Paris aurait un lien avec les manœuvres qui ont eu lieu mardi 15 mars à Forest près de la capitale belge. Il s’agit là de la première arrestation d’une personne ayant joué un rôle direct au sein du commando du 13 novembre.

 

La fin de 4 mois de traque

 

C’est l’un des premiers grand succès des forces de l’ordre franco-belges dans la lutte anti-terroriste en Europe. Nous étions sans informations depuis plus de 4 mois concernant Salah Abdeslam. Certains disaient qu’il avait fui en Syrie ou au Maroc mais depuis le 13 novembre dernier, c’est bien à Molenbeek, à Bruxelles, que l’essentiel des recherches avait lieu. L’interpellé avait pu revenir dans son quartier d’origine après les attentats en partie à cause d’une mauvaise communication entre les polices belge et française. Connu des autorités belges et contrôlé trois fois par les français le 14 novembre 2015 entre Paris et Bruxelles, il était passé inaperçu faute de signalement de son identité à la police française. La suite de la traque s’est faite en coopération entre les deux pays et a pu être un succès en partie grâce à la discrétion des services de renseignement concernant l’évolution de la situation. Son ADN avait été repéré dans plusieurs communes de Bruxelles, notamment à Schaerbeek où il se serait caché durant 3 semaines après les attentats. L’un des grands avancements de l’enquête est survenu mardi dernier lors d’une perquisition dans le quartier de Forest quand Mohamed Belkaïd, complice des attentats, a été abattu et que deux suspects avaient pris la fuite. Les autorités sont restées discrètes à propos des empreintes digitales fraiches de Salah Abdeslam retrouvées sur place et ont annoncé publiquement que ce dernier ne faisait pas partie des deux suspects en fuite. Les recherches se sont par la suite accentuées jusqu’à retrouver la trace du terroriste.

 

 

Un assaut réussi 

 

Le succès de cette interpellation tient également dans la coordination parfaite des forces de police belges. La mise en place des troupes qui ont sécurisé le quartier très rapidement et dans le silence n’a laissé aucune chance d’évasion à Salah Abdeslam qui s’est vite retrouvé encerclé, avec à ses côtés également un autre complice. En moins de 30 minutes, à partir de 16h50, l’assaut est donné et deux hommes dont Abdeslam sont arrêtés et sortis de l’appartement. Ils sont blessés par balle au niveau des jambes et sont transférés dans un hôpital bruxellois et aux alentours de 18h l’un des hommes revendique être Salah Abdeslam. Du côté de la police, aucun blessé n’est à déplorer.

 

 

Ce que cette arrestation va apporter

 

« Coordinateur », « suspect numéro 1 », « cerveau », Salah Abdeslam était jusqu’à hier l’homme le plus recherché d’Europe depuis les attentats du 13 novembre 2015. Il semblerait qu’il ait principalement joué un rôle logistique dans les attaques de Paris principalement en déposant les terroristes sur les lieux des attaques, et également par la confection de ceintures explosives à Bruxelles, entre autres. Il ne s’agit donc pas là d’un simple exécutant mais d’un planificateur qui pourrait probablement constituer un lien entre les autorités de Daesh et les personnes radicalisées sur les territoires français et belge.

Il devrait être transféré en France au cours du weekend des 19 et 20 mars où il sera interrogé par les autorités françaises. Il pourrait ainsi éclaircir de grandes zones d’ombres à propos du réseau islamiste aujourd’hui présent en France et en Belgique ainsi que sur les attentats et leur organisation, des informations qui s’avèreront précieuse pour la lutte antiterroriste en Europe. Cette arrestation et les interrogatoires qui vont en découler apporteront aussi des réponses aux victimes des évènements du 13 novembre ainsi qu’à leurs proches.

Pour François Hollande et le gouvernement français, cette interpellation va permettre, au moins pendant une courte durée, de détourner l’attention des français de la grande question du moment qui fait débat, la loi travail. Espérons que cette nouvelle ne servira pas uniquement de vecteur pour augmenter la côte de popularité de notre président.  Si Bernard Cazeneuve, ministre de l’intérieur parle d’un « coup important porté à l’organisation terroriste Daesh en Europe », on souhaite bien sûr que cela ait un réel effet ressenti sur la sécurité des français.