Le beau chapitre de l’Euro définitivement refermé, il est temps d’oublier un peu cette équipe de France, au moins jusqu’en septembre. Vient désormais le temps de notre championnat national : la Ligue 1. Après une cuvée 2015 mi-figue mi-raisin, que nous réserve cette année de football ? Eléments de réponse.

 

Le champion en titre :
 

Paris amorce la phase 2 de son projet titanesque. Exit Laurent Blanc et ses certitudes. Bienvenue à Unai Emery, qui a triomphé de la petite Europe trois années de suite avec Séville. Il  pourra amener une nouvelle concurrence que vont sûrement regretter les indiscutables comme Matuidi ou Luiz. Le départ d’Ibrahimovic ne va pas forcément laisser un énorme vide en pointe. Tout cela couplé à une intelligente recrue comme Krychowiak, cela laisse présager de grandes choses. Difficile en revanche d’afficher un avis tranché sur Thomas Meunier, relatif anonyme avec Bruges avant un Euro inachevé avec les Diables Rouges belges. Il fallait une doublure à Aurier, il fera l’affaire, en espérant qu’Emery arrivera à cadrer ce dernier. Pour ce qui est d’Hatem Ben Arfa, il n’y a qu’à espérer que ce génial dribbleur ne se crame pas à Paris, comme à chaque fois qu’il a eu à effectuer un choix entre clubs. Paris va finalement vivre une saison comme les autres : malgré tout ce chamboulement, il sera champion de France sans trop forcer et sera jugé sur son parcours européen.

 

Le top 5 :
 

Lyon, deuxième faute de concurrence l’an dernier part une nouvelle fois un peu dans l’inconnu. La prolongation de Bruno Génésio répond à une certaine logique suite à ses six bons premiers mois. Résistera-t-il au rythme de la C1 ? Rien n’est moins sûr. Pour autant, l’OL a fait, une fois n’est pas coutume un recrutement intelligent, alliant jeunesse brillante (Mammana) et expérience (Rybus et Nkoulou). La campagne de préparation fut bien menée, il faudra confirmer ces progrès face au PSG pour le Trophée des Champions, samedi. 

 Il faudra cependant faire face à une plus forte concurrence de l’ASM cette année. Si le club du Rocher s’est lamentablement écroulé en fin de saison dernière, les renforts devant et derrière seront primordiaux dans la quête de la place de dauphin. En attaque, exit Lacina Traoré, qui aura exposé toutes ses limites, place à une doublette qui fait saliver sur le papier : Germain – Falcao. Au milieu, pas de changement notable si ce n’est le départ « surprise » de Toulalan pour Bordeaux. Derrière, les recrutements de Sidibé (Lille), Glik (Torino) et Mendy (OM) peuvent redonner espoirs aux supporters monégasques. Si l’ASM passe le cut des barrages de la C1, il faudra vraiment les surveiller cette saison.

 

Derrière ce trio de tête, difficile de vraiment savoir qui se situe réellement dans le top 5. La saison dernière, c’est Nice et Lille qui s’étaient fait cette place au soleil. L’OGCN a beaucoup perdu cet été. Si le départ de l’entraîneur, Claude Puel, a été bien compensé avec l’arrivée du très bon Lucien Favre, le constat ne vaut pas pour les joueurs. La force de frappe offensive s’est réduite, avec les départs de Ben Arfa, Germain et Pied, et derrière, on ne trouve pas grand monde pour les remplacer. Aux autres postes, les départs de Mendy et Genevois ont seulement été compensés par les arrivées de paris comme Donis (Juventus) ou Dalbert (Guimaraes). A suivre. 
Lille a été moins actif sur le mercato. Le départ du vétéran Balmont devra être digéré mais, derrière, tout est resté globalement stable. L’arrivée de Palmieri va densifier le milieu et le transfert définitif d’Eder va enfin lui permettre de s’installer en pointe. 
De notre côté, nous voyons bien Bordeaux s’incruster cette année dans le top 5. Avec un nouvel entraîneur, Jocelyn Gourvennec visiblement plus offensif que son prédécesseur, les Girondins ont entamé un recrutement intensif qui a vu Kamano, Ménez, Sabaly et Toulalan débarquer au Haillan. Le départ en prêt de Crivelli à Bastia lui permettra de tranquillement s’aguerrir de son côté. Sans Coupe d’Europe à disputer, le FCGB aura clairement sa carte à jouer cette saison, en espérant qu’un véritable plan de jeu émerge enfin de cette équipe qui stagne depuis quelques saisons.

 

Pêle-mêle

 

Derrière, difficile de ne pas parler de l’OM. Après la traditionnelle saignée estivale, Marseille a un petit peu retrouvé des couleurs. Les arrivées de Gomis, Bedimo, Hubocan et Sakai permettent de jouer à onze, à défaut de voir venir. Njie pourrait suivre et Thauvin va revenir définitivement sur la Canebière après son échec en Angleterre. Une équipe bricolée plus que montée, qui aura bien du mal à jouer les premiers rôles, pour faire simple. 
Saint-Etienne n’aura pas plus d’ambitions cette saison que l’année dernière. Finir en Europa League et gagner les derbies seront les seuls objectifs de Sainté, qui jouera dans la continuité de la saison précédente : mêmes joueurs, même coach, même frilosité offensive. Le départ de Bayal Sall pour le Qatar a été comblé par l’arrivée de M’Bengue (Rennes), pas de sursaut, tout dans l’efficacité. Continuité, on vous dit. 
Rennes est également, comme chaque année, attendu. Avec un effectif séduisant, il serait dommage d’à nouveau tout gâcher, comme la saison dernière. Gourcuff, Ntep et compagnie peuvent assurer, à eux de faire rêver le Roazhon Park. Le départ de Dembélé va toutefois laisser un vide sur l’aile, celui de Toivonen, beaucoup moins. Les arrivées de Bensebaini, Chantôme et Nardi sont intéressantes, il faudra surveiller, mais seulement d’un œil, le Stade Rennais cette année.

 

Lutte pour la relégation
 

Changement cette année : seuls deux clubs seront concernés par la relégation, un troisième par des barrages. Une nouveauté qui apportera un peu de piment aux fins de saison. Bienvenue à NancyMetz et Dijon en L1. Même si le DFCO semble être trop juste pour la première division, on n’est jamais à l’abri d’une surprise ! L’année dernière, Troyes était le plus séduisant des promus et l’on a bien vu comment l’affaire s’est terminée…
Toulouse sera une nouvelle fois un très bon candidat à la descente, d’autant plus sans Ben Yedder, transféré à Séville. La magie de Pascal Dupraz fera-t-elle encore effet ? Angers, Lorient, Guingamp et Montpellier se livreront de leurs côtés une course toute la saison, mais il semble que ce soit le MHSC qui soit le plus juste dans ce lot : le dur lot des champions surprises, Leicester vous en parlera dans quelques années…

 

Et bonne saison quand même !