Cette semaine dans l’actualité il n’y avait pas uniquement les Football Leaks, la candidature de Manuel Valls à la primaire de gauche ou la nomination de Bernard Cazeneuve au poste de premier ministre. La dernière semaine du dernier procès du tribunal pénal de Yougoslavie avait également lieu. En effet, Ratko Mladic se présentait pour une dernière fois devant les juges plus de 20 ans après le massacre de Srebrenica perpétré en juillet 1995.

Qui est Ratko Mladic ?

Surnommé « le boucher des Balkans », Ratko Mladic a été le commandant en chef de l'armée de la République serbe de Bosnie pendant la guerre de Bosnie entre 1992 et 1995. Le conflit éclate en Bosnie à la mort de Tito, chef de l’ancienne Yougoslavie, car les différentes entités de ce pays censé regrouper tous les Serbes sous une seule bannière réclament leur indépendance. Si la Slovénie obtient son indépendance sans trop de souci, pour les autres et notamment la Bosnie, c’est une autre histoire. En effet, au vu du nombre de Serbes présents en Bosnie, la Serbie ne veut pas qu’elle obtienne son indépendance. S’en suit une terrible guerre qui a débuté le 6 avril 1992 et se termine par les accords de Dayton le 14 décembre 1995.

De quoi est-il accusé ?

Ratko Mladic est accusé de génocide, de complicité de génocide, de crimes contre l'humanité et de violations des lois et coutumes de la guerre par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY). En tant que commandant en chef, Mladic est accusé par le TPIY d'être responsable du Siège de Sarajevo de 1992 à 1995 et du massacre de Srebrenica. Le siège de Sarajevo a commencé le 5 avril 1992 et s'est achevé le 29 février 1996. Le nombre de pertes civiles est estimé à 5 000. Quant au massacre de Srebrenica, il désigne l'assassinat de plus de 8000 hommes et adolescents bosniaques bosniens musulmans dans la région de Srebrenica en juillet 1995. Ce massacre est qualifié de génocide en France.

Quelle issue pour le procès ?

En 2011, Ratko Mladic est arrêté après quinze ans de cavale. La manière dont il a échappé à la justice internationale pendant aussi longtemps reste un mystère même si la plupart des hypothèses vont dans le sens d’une protection par les services secrets serbes. La Serbie aurait accepté de le livrer car sa capture était une condition obligatoire à sa possible entrée dans l’Union Européenne. Son procès, commencé en 2012, se termine cette semaine et le procureur a requis contre lui la prison à perpétuité déclarant que « ce serait un affront à la justice de le condamner à toute autre peine ». Étant donnés les quarante ans de prison auxquels a été condamné l’équivalent politique de Ratko Mladic, Radovan Karadzic, la peine de prison a perpétuité semble être une sentence possible. Une fois que la défense aura parlé, il faudra cependant attendre quelques semaines voire peut être quelques mois avant que la condamnation soit prononcée, car il faut que les juges délibèrent entre eux, ré-examinent les preuves, réécoutent les témoignages… En d’autres termes, ce procès n’a pas encore fini de faire parler de lui. Si les procès pour la guerre de Yougoslavie se termine avec Ratko Maldic, il faut cependant noter que la Serbie est toujours aux prises dans une guerre d’indépendance avec le Kosovo, état qui est lui soutenu par la communauté internationale et qui obtient de plus en plus d’indépendance année après année. En mai dernier, il a par exemple été reconnue par la FIFA, et possède donc désormais une équipe nationale de football.


Thomas Flenet
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