REGIONALES 2015 : DES ELECTIONS HORS DE LEURS POMPES

par Nathan Bonin

Suite aux attentats, l’union nationale n’a pas tenu et le combat politique français est très vite revenu à ses vieux démons. La gestion de crise du gouvernement fut très vivement attaquée par nos députés et chefs de partis d’opposition, une semaine après cette tragédie, la campagne des régionales se joue définitivement à l’échelle nationale.

Le débat sur les compétences régionales passé aux oubliettes
 

La réforme des régions a fait de cet échelon politique une véritable force de décision dans trois domaines : les transports, l’économie ainsi que la formation et l’éducation. Dès le début de la campagne, les partis menaient une campagne déjà assez loin de ces trois domaines. Si les transports en Île-de-France sont jusqu’au crépuscule du 13 novembre restés au coeur des enjeux, les discours se concentraient en réalité principalement sur des thèmes nationaux.

Les Républicains ont fondé leur campagne dès le début sur une vive critique de François Hollande et du gouvernement. Les discours de Nicolas Sarkozy, sur un ton moqueur rejettent totalement toute action du gouvernement. Face à cela, les élus de gauche ont tenté la carte de la pédagogie. Ils essayaient tant bien que mal de redonner une teinte locale aux débats. Cette tentative a été cependant noyée par Manuel Valls la semaine précédant les attentats. Partant du principe que la gauche subira une très lourde défaite et que l’extrême droite pourrait remporter au moins une région, il théorisa une alliance avec les élus de droite modérée pour contrer les extrêmes, de quoi faire du premier ministre la risée des élus LR et FN.


Les républicains, l’oeil du nouveau cyclone politique


L’union solennelle - que l’on avait pu observer à Versailles lorsque le Parlement s’est réuni en Congrès - est tombée des les séances suivantes à l’Assemblée Nationale. Laurent Wauquiez dans ses discours à la chambre a voulu être l’incarnation de la ligne sécuritaire. Il propose des solutions extrêmement radicales quelques jours après le drame avec le soutien de l’opposition.

Les propos de Nicolas Sarkozy sont quant à eux beaucoup plus virulents. Il fait de l’attitude du gouvernement face à la question de la sécurité le filon du parti pour emporter les régionales. Un classique pour l’ancien Président de la République. Le bilan en terme de sécurité de M. Valls est clairement attaqué. La stratégie du parti pour la campagne se résume à ce constat simpliste: la gauche n’aurait pas su tirer les leçons des attentats de Charlie.


Les attentats, du pain bénit pour l’extrême droite
 

Les discours du Front National précédant le 13 novembre ont trouvé illustration dans la tragédie. Les propos de Marion Maréchal-Le Pen à Antibes le 6 novembre stimulaient déjà la peur. Ce jour là, elle martela l’idée que la France pourrait renaître après une grande tragédie. Et pour le Front National, cette grande tragédie est arrivée la semaine dernière. Les attentats ont eu pour effet d’agrandir la peur de l’immigré et des frontières ouvertes. Alarmiste, Marine Le Pen ne cesse dès lors de crier à la fermeture définitive des frontières.

Les thèses xénophobes et racistes semblent tout de même avoir pris du crédit après ces tragiques évènements. Sur les réseaux sociaux, des publications quelques peu édulcorées de pages telles que celle du bloc identitaire leur ont permis d’élargir leur audience à l’heure où l’émotion des attentats a provoqué de très nombreux échanges de contenus.

 

Les régionales, dont la campagne était déjà à l’origine peu attrayante et en marge des enjeux réels s’est littéralement noyée dans le contexte politique. Tandis que les deux partis de gouvernement semblent s’être perdus dans la question de la gestion des attentats, l’extrême droite de manière générale a l’air de se grandir et de se renforcer.

François Rihouay/Reuters