Remain ? Leave ? Telle est la question pour l’Angleterre, qui votera le 23 juin prochain son adhésion à l’Union Européenne.
 

Ce soir, Michael Gove, partisan du LEAVE et ministre de la Justice,  était l’invité de la chaine SkyNews, 24h après David Cameron. Si le discours du Premier ministre était centré sur l’économie et l’immigration, celui de Gove s’est axé autour d’une idée répétée et répétée : l’Union Européenne pompe l’argent du pays qui pourrait être utilisé plus utilement dans le Royaume Uni. En difficulté à plusieurs reprises, et sur la défensive face à des questions porteuses d’accusation, Michael Gove n’a certainement pas convaincu ce soir.
 

« Pouvez me citer une seule organisation économique, un seul chef d’Etat qui soutienne le Brexit ? », attaque le journaliste.
 

La réponse du ministre de la Justice est simple : « Les gens en ont marre des organisations économiques. Elles ont déjà eu tort : elles n’avaient pas prévu la crise économique. Peu d’organisations économiques sont avec moi, et j’en suis content. » Le journaliste marque un point : qui soutient aujourd’hui le Brexit ? Après que ce dernier ait listé les partisans du REMAIN, parmi lesquels la France, les Etats Unis, la réponse de l’accusé est toujours aussi vague.

Un homme du public l’interpelle : « Vous agitez votre drapeau et défendez le Brexit, mais vous n’avez aucune idée des conséquences que celui-ci pourrait avoir pour la Grande Bretagne. ».
 

C’est en effet l’image que donne Michael Gove. Quand celui-ci annonce que 360 millions de pounds sont envoyées dans l’Union Européenne chaque semaine, le journaliste explique pourquoi ce chiffre est faux. Le ministre en revient alors à la critique des élites : « notre argent sert à financer le jet privé de Jean Claude Juncker (président du Parlement Européen) : il n’est pas utilisé correctement, dans notre pays. ». Tantôt arguant que ce chiffre ne tient pas compte de l’argent reversé par l’Union Européenne au Royaume Uni, tantôt citant un organisme économique proche de UKIP (parti de Nigel Farage, partisan du LEAVE), Michael Gove semble incapable d’appuyer son discours sur des chiffres reconnus.


 

« L’Union Européenne est gérée par des gens que personne n’a élu, et que personne ne connaît. »
 

En revanche, le ministre de la Justice à le sens de la formule. Alors qu’un spectateur lui demande une garantie pour chacun de la sécurité d’un emploi, celui-ci répond, en provoquant les rires, que seuls perdront leur emploi les parlementaires européens britanniques. A coup de grands discours sur ce que pourrait redevenir le Royaume Uni dans un futur proche et indépendant, le rêve de Michael Gove semble peu réaliste, et bien loin de la réalité britannique. On y trouverait presque des airs de Make America Great Again…