Les arguments restent les mêmes pour les deux camps. Nigel Farage a présenté le clou de sa campagne : après le désormais célèbre bus rouge estampillé « We send the EU £350 million a week», le leader du parti UKIP a présenté un camion sur lequel est affiché une photo géante. Sur l’image, des réfugiés marchant par centaines sur un chemin, et en commentaire « Breaking point : the EU failed us all. ».
A deux jours du vote, David Cameron fait, lui, peser sa posture de Premier Ministre en prenant la parole devant la porte noire du 10, Downing Street. Il joue maintenant sur l’aspect sentimental, et clame :  « Je veux parler à ceux de ma génération […] : pensez aux rêves de vos enfants et petits enfants. Pour vous, pour votre famille, pour le futur de notre pays : votez Remain ».

 

Jeudi, les britanniques sont appelés aux urnes. Ils devront répondre à la question : « » en cochant « Yes » ou « No ». Les derniers bureaux fermeront à 22h, et les résultats seront connus, selon la BBC, vers 4h du matin (heure anglaise).

Remain ? Leave ? Telle est la question pour l’Angleterre, qui votera le 23 juin prochain son adhésion à l’Union Européenne.
 

A la veille du vote, les résultats sont toujours aussi difficiles à prédire et aucune tendance ne semble se dessiner dans les prévisions. Les derniers sondages du 21 juin annoncent un 45% contre 44% en faveur du « IN » (source :  Survation), mais la part d’indécis reste toujours très importante (11%) : suffisante pour faire basculer le vote dans un sens où dans l’autre. Le sondage YouGove, datant également du 21 juin, annonce, lui, 42% de « IN » et 44% pour le « OUT ». Les 13% d’indécis feront la différence.
 

La campagne du référendum reprend tout juste après quelques jours d’arrêt, suite à l’assassinat de Jo Cox. Cette membre du Parlement britannique (MP) a été tuée par balle dans l’exercice de ses fonctions jeudi dernier. L’assassin présumé, Thomas Mair, un homme de 52 ans, a été arrêté peu de temps après mais ses motivations restent toujours incertaines. Les hommages de tous les grands personnages britanniques se sont succédés pour saluer une personne profondément humaine, jeune, et si investie dans des causes humanitaires comme l’accueil des réfugiés en Angleterre, et ailleurs. Avec la reprise des débats, il était donc attendu un changement de ton, notamment concernant cette question de l’accueil des réfugiés, au cœur de cette campagne. 
 

Les voix s’élèvent à deux jours du vote
 

Jeremy Corbyn, le patron du parti travailliste (Labour Parti) britannique, interrogé par la chaine SkyNews, expliquait aux jeunes invités sur le plateau de la chaine que voter « Remain » ne signifie pas tout accepter dans l’Union Européenne, mais au contraire essayer d’évoluer ensemble vers un mieux. Autre prise de position importante à quelques jours du vote, George Soros, l’un des rares économistes à avoir prédit la crise de 2008, prévoit des conséquences graves en cas de sorties de l’Europe. Nicolas Petrovik, directeur de la société Eurostar, rappelle que l’Union Européenne leur apporte une possibilité de standardiser leur service. Les compagnies de transports LowCost prédisent, elles, une augmentation des frais en cas de départ du pays de l’Union Européenne.