Seconde vie d'un mégot

Depuis la COP21, la gestion des déchets, notamment des mégots, est revenue au cœur des préoccupations. De nombreuses entreprises se mobilisent pour sensibiliser la population. Voici le récit d’un mégot lambda.                   

 

Il est 10h30 quand Emilie sort une cigarette de son paquet et commence à la fumer. Pressée, la jeune femme inhale la fumée à une vitesse impressionnante. A peine quelques instants plus tard, le mégot jeté par terre, Emilie est déjà partie. Loin d’être un cas isolé, ils sont des milliers, voire des millions, à faire ce geste tous les jours en France.

Une fois avoir atteint brusquement la terre ferme, le mégot est piétiné. Constitué de matières uniquement chimiques comme le DDT, un puissant insecticide, et de chlorure de Vinyle, une substance cancérigène, il n’est pas biodégradable. S’ils ne sont pas ramassés, les centaines de mégots qui inondent les allées de Paris et qui forment des monticules ne seront jamais retirés. Leur durée de vie est estimée entre 1 et 5 ans. Très polluants, ils sont susceptibles d’intoxiquer près de 500 litres d’eau.                                                                                                                                                                                                               

Mais l’aventure de notre petit mégot écrasé dans un coin de rue n’est pas terminée, deux options s’offrent à lui. Il peut être ramassé par les éboueurs ou autres services de nettoyage et dans ce cas il sera ensuite entreposé dans des décharges. Il peut être éventuellement brûlé avec d’autres résidus produisant prêts de 960 000 MWh de vapeur par an.

Une autre option s’offre à lui. Il peut être l’objet de recyclage. Une entreprise privée du nom de Terracycle s’est penchée sur le sujet. Cette « brigade des mégots » donne une deuxième vie à ces petits êtres indésirables. Plaques de constructions, sacs à dos ou encore bancs publics, de nombreuses possibilités s’offrent à eux. La petite entreprise ne reçoit aucune subvention, c’est pourquoi elle multiplie ses partenariats avec de grands groupes comme Saint Michel ou Bic, reconnu pour ses stylos et briquets.
 

Créée en 2001 par un étudiant de l’université de Princeton, la firme se développe progressivement hors de ses frontières. Après avoir suscité un intérêt naissant aux Etats-Unis, Terracycle tente de s’imposer sur le territoire français. Elle fonctionne sur la base du bénévolat. Son système est assez simple. Il suffit de collecter les mégots puis de les envoyer à l’entreprise. Terracycle semble néanmoins limitée dans son action : jugée contraignante par la plupart des personnes concernées, elle peine à séduire les fumeurs.

Après 4 heures de route, le mégot et ses semblables débarquent en Angleterre. Là-bas, ils vont subir une multitude de transformations, le moulage par injection est l’une d’entre elles. A la fin du processus, les résidus sont prêts à être réutilisés. Mégot, devenu stylo, a encore de longs jours devant lui.
 

Les  entreprises, qui gravitent autour du recyclage et du développement durable, sont en pleine expansion. Des firmes comme Véolia ou GDF mettent de plus en plus de moyens dans les énergies renouvelables (les éolienne ou le solaire). La gestion des déchets s’est diffusée à tous les secteurs, par exemple les éco-quartiers. Ces derniers sont construits pour être respectueux de l’environnement et minimiser le gaspillage d’énergie ou de déchets.