“Where series begin” tel est le slogan du festival Séries Mania, qui se tient du 22 au 30 mars. Au programme de cette dixième édition, pas moins de 70 fictions sélectionnées venant de 18 pays différents. Parfait pour les adeptes du binge-watching. Nous avons passé cinq jours au festival, à Lille, pour prendre la température, et vérifier s’il était vraiment un terreau fécond. Spoiler : oui.

Par Ophélia Pinto et Marion Surateau
2 avril 2019

Projections, premières mondiales, tables rondes, expositions, master class, quizzs : Séries Mania a envahi le centre de Lille pour la deuxième année consécutive. Difficile de faire un pas dans la capitale du maroilles sans voir une banderole, un sticker sur les pavés... ou même un bus dédié à l’événement. Pour cause, il s’agit d’un des festivals internationaux de séries les plus importants actuellement. Professionnels comme sériephiles sont venus des quatre coins du monde pour avoir un aperçu des nouvelles et futures productions du petit écran. Ecran d’ailleurs plus si petit que cela, puisque les projections ont lieu aux cinémas Majestic, UGC, et Nouveau Siècle. Tout est fait pour rassembler, et faire profiter un maximum de personnes : les projections sont gratuites sur réservation.

Sélection plus féminine

De ces cinq jours, nous retiendrons qu’un vent nouveau souffle sur le monde des séries. Elles sont plus inclusives, plus féminines et plus féministes. Avec des personnages plus audacieux, comme ceux de la série québécoise Fourchette, ou celles de Arde Madrid, comédie d’espionnage espagnole en noir et blanc. Présentée le samedi 23 mars dans la cadre du marathon La Nuit Des Comédies, la québécoise M’entends-Tu ? est tout aussi représentative du changement ambiant. Elle nous fait suivre Ada, Fabiola et Carolanne, fauchées et paumées, qui chantent pour s’échapper un peu de leur tabarnak de quotidien. Sans oublier la présence de l’invitée d’honneur Uma Thurman, venue présenter sa nouvelle série Netflix, Chambers. Après Chris Brancato de Narcos, Séries Mania s’est offert la scénariste Marti Noxon (Grey’s Anatomy, Madmen, Dietland) comme présidente d’un jury international majoritairement féminin avec également Julianna Margulies (Urgences, The Good Wife), Audrey Fleurot (Engrenages) et la romancière Delphine de Vigan. Les producteurs et productrices de Killing Eve étaient également de la partie pour parler de la seconde saison de la série qui met en scène des femmes comme elles l’ont rarement été. Fortes, indépendantes, violentes, imparfaites, les héroïnes de Killing Eve ne s’excusent jamais, et détonnent dans le paysage des séries policières. La série française Zérostérone, écrite et réalisée par des femmes, bénéficie quant à elle d’un casting 100% féminin, puisqu’elle parle d’un monde sans hommes.

La France joue à domicile, et se démarque

Mais m’entends-tu ? est loin d’être la seule série francophone en compétition à Séries Mania. Après le succès de Dix Pour Cent, la France tire à nouveau son épingle du jeu avec des productions aussi diverses que Mytho en compétition officielle, ou encore Zérostérone. Le mot qui a été sur toutes les langues pendant ces cinq jours : Osmosis. Il s’agit de la troisième série française produite par le géant américain Netflix. Un coup d’accélérateur pour la reconnaissance des séries de l’hexagone à l'international. La science fiction et l’anticipation ont rarement été traitées par le petit écran français. Pourtant elles se retrouvent à l’honneur avec ces deux séries, trois ans après la diffusion de Trepalium sur Arte. Un vent nouveau souffle sur le petit écran, et à Séries Mania, il apporte une douce odeur de baguette.


On a bingé pour vous

Curfew Dans un monde envahi par les zombies, le couvre feu règne sur un univers urbain totalitaire. Plutôt les zombies que l’enfermement : certains se lancent dans une course automobile illégale, destination inconnue. Série d’anticipation post-apocalyptique, Curfew va à deux cents à l’heure et interroge la notion de liberté.

M Une perle de genre au milieu des formats courts en attente de sortie, la série argentine propose un thriller déroutant. Diane et son compagnon Tim traversent la Patagonie sur les traces du père de celui-ci, disparu des années plus tôt. Entre un guide aux intentions discutables et les pumas, les deux Américains s’enfoncent dans la forêt, inconscients du danger.

Miracle Workers Dieu en a clairement assez de gérer la Terre, au point de vouloir démissionner... et tout faire exploser. Heureusement, une fine équipe d’anges travaillant au service des miracles, va tenter de sauver les meubles. Les meubles, étant la flore et la faune, dont l’humanité : une comédie qui envoie du bois.

Fourchette Fourchette, c’est cette jeune écrivaine dont l’ex trouvait qu’elle ressemblait à une fourchette à fondue chinoise, et qui tente de se remettre de sa rupture. La mini série québécoise qui sortira sous peu oscille entre joie et larmes, et est garantie 0% clichés et 100% accent local.

Homecoming Julia Roberts campe pour sa première série une psychologue engagée dans un programme secret du gouvernement pour réintégrer les militaires à la vie civile. La série déjà disponible tangue entre ces consultations mystérieuses, et son futur où elle travaille comme serveuse. Homecoming nous vient des USA et c’est un bijou d’esthétisme et de mystères.