Syrie : Poutine s'impose sur la scène internationale

07/10/2015

 

Depuis le 30 septembre, Moscou affirme mener des frappes aériennes en Syrie contre le régime de Bachar el-Assad. Les Etats-Unis et la France affirment cependant le contraire.

 Vladimir Poutine joue désormais la carte syrienne. (source photo : reseauinternational.net)

 

Peu de temps après avoir été lourdement sanctionnée suite aux événements qui se sont déroulés en Crimée, la Russie de Vladimir Poutine s'impose désormais en Syrie. Dans les faits, il apparaît que les troupes russes soutiennent les forces syriennes dans les zones où les hommes de Bachar el-Assad sont malmenés, et affaiblissent considérablement l'opposition armée au régime, tout cela dans le but d'aider les militaires du pouvoir à reprendre le contrôle de certaines régions passées sous domination rebelle. Selon les pays de la coalition, l'aviation russe s'attache plus à toucher les points névralgiques de l'opposition ainsi que les factions armées hors État Islamique, épargnant ainsi les troupes du "Califat". En effet, depuis quatre ans, l'opposition semble représenter une menace de plus en plus conséquente face à un régime en grande difficulté, tandis que L'EI, supposément cible prioritaire, est globalement épargné par Poutine et tenu à distance des zones de bombardements. Moscou réfute pourtant ces suspicions et affirme qu'une attaque contre l'Etat islamique a bien eu lieu dans son fief de Raqqa début septembre. Il n'en est rien : selon le journal Le Monde, Poutine n'a visé L'EI qu'à l'est d'Alep - dans la ville d'Al-Bab - puis dans les environs du site historique de Palmyre ravagé par Daech.


Le dilemme syrien
 

En agissant de la sorte, Vladimir Poutine met au jour un dilemme important : faut-il condamner ce renfort moscovite, et les actes du régime syrien, au risque d'accroître des tensions déjà plus que palpables, ou bien s'allier à Bachar el-Assad? François Hollande a apporté une réponse sans équivoque à cette question : "Assad est à l'origine du problème, il ne peut donc pas faire partie de la solution", a ainsi déclaré le président français. Malgré ces récents propos, les acteurs extérieurs au conflit se trouvent dans une impasse face à Vladimir Poutine, dont la stratégie consiste à renforcer le régime syrien en s'imposant sur une partie du territoire, pour mieux se positionner dans une lutte sans merci contre Daech. Dans une optique internationale, les conséquences de ce soutien russe à Bachar el-Assad entachent des années de lutte contre le tyran syrien ainsi que les relations déjà complexes avec les États-Unis de Barack Obama.
 

Avec cette intervention en Syrie, Vladimir Poutine se positionne donc en patron diplomatique sur la scène internationale, tout en se rapprochant de pays chiites comme l'Iran afin d'asseoir son influence sur le Moyen-Orient. De son côté, la France souhaiterait que L'ONU saisisse la Cour pénale internationale, mais cette demande semble vaine face au droit de veto que les Russes n'hésiteront pas à utiliser. Le constat est simple: "l'ogre" Poutine a ses mains sur le monde, et les grandes puissances ne savent pas quelle attitude adopter pour lui faire face.
 

 Le regard de Tsany



 

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