Les malheurs de Nadine

10/10/2015

Pour avoir refusé de retirer ses propos sur la "race blanche", Nadine Morano a perdu sa place sur les listes électorales de Les Républicains pour les élections régionales. Ce qui ne l'empêche pas de continuer à clamer sa bonne foi.

                                                                           Nadine Morano ne sera pas candidate aux élections régionales (photo Reuters)

 

Elle n'en démord pas, décidément. Ce vendredi matin, Nadine Morano a déclaré qu'elle ne laisserait pas Nicolas Sarkozy la "faire passer pour une raciste". La raison de ces propos : la décision du conseil national d'investiture de son parti, qui a retiré son nom de la liste électorale LR de Meurthe-et-Moselle suite à ses propos polémiques sur la "race blanche", prononcés le 26 septembre dans l'émission "On n'est pas couché" sur France 2. Alors que son parti tente de refaire son image, entachée par de nombreux scandales financiers et autres polémiques en tous genres, les propos de la députée européenne n'arrivent pas au meilleur moment. Mais ce qui n'est pas passé dans les hautes sphères de LR, c'est avant tout le refus borné de Nadine Morano de s'excuser après ces déclarations maladroites, même sous la pression de Nicolas Sarkozy. L'ancien président de la République a donc été obligé de statuer en défaveur de celle qui l'a toujours soutenue, même dans les moments les plus difficiles.

La révolte

Fidèle à son caractère, Nadine Morano est partie depuis mercredi en croisade contre le chef de son parti, mettant de côté l'affection politique qu'elle lui porte. L'ex-ministre a notamment déclaré qu'elle monterait sur scène lors d'un éventuel discours de Nicolas Sarkozy en Lorraine, afin de dire tout haut ce qu'elle pense du sort qui lui est réservé, évoquant un "lynchage médiatique" contre sa personne. Sur ce point-là, elle a pu compter sur le soutien de membres emblématiques de l'UMP et de LR comme François Fillon, Michèle Alliot-Marie ou encore Jean-François Copé. Le premier a en effet qualifié la décision du conseil d'investiture de "procès en sorcellerie excessif", tandis que les deux autres se sont abstenus de voter lors de la délibération du conseil. Malgré cela, cette fronde menée par Nadine Morano apparaît comme une entreprise inutile qui dessert son image bien plus qu'elle ne l'améliore.

Une manœuvre purement politique

En se positionnant contre Nadine Morano, Nicolas Sarkozy a envoyé un message fort : il n'acceptera aucun écart de conduite des membres de la haute sphère de son parti. Dans les coulisses, il semble pourtant que les conséquences de ce choix ne soient pas si négatives pour Nadine Morano. Celle-ci ne perd effectivement qu'une simple place de tête de liste pour des élections de relatif second plan, alors qu'elle aurait pu craindre d'être purement et simplement exclue de Les Républicains. Nadine Morano a ainsi pu défendre des convictions populistes que nombre de ses amis politiques approuvent, mais s'abstiennent de prononcer tout haut. De cette affaire ressort alors une question que l'on est en droit de se poser : Nicolas Sarkozy aurait-il soutenu Nadine Morano s'il n'avait pas été président de Les Républicains? Au regard des oppositions régnant actuellement dans le parti de l'opposition, il est difficile de se positionner. Néanmoins, on peut difficilement croire qu'un homme qui courait après les électeurs du Front National il y a 3 ans ait changé de vision politique en un claquement de doigts. On ne peut en tout cas pas reprocher à l'ancien chef de l'état de manquer d'autorité. L'évolution du dossier Morano nous fournira sans doute plus d'indications sur les nouvelles "convictions" de Nicolas Sarkozy. Car son ancienne ministre paraît plus que jamais décidée à continuer le combat.

 

 

 

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