La Turquie sous le choc après l’attentat d’Ankara

11/10/2015

Après l'attentat meurtrier qui a touché le coeur de la ville d'Ankara, c'est une Turquie choquée qui cherche aujourd'hui les responsables de l'attaque

 

     Des policiers entourent la place où les explosions se sont déroulées.

 

Samedi matin, en marge d’une manifestation pour la paix à Ankara, ou s’étaient rassemblés plusieurs milliers de militants venues de toute la Turquie pour protester contre la reprise des hostilités entre la capitale turque et les Kurdes, deux terribles explosions sont survenues. Elles ont causé au moins 95 morts et 245 blessés.  La Turquie a décrété trois jours de deuil national à la suite de cet attentat. Pour le gouvernement islamo-conservateur turc dirigé par Erdogan, cet attentat a été « perpétré par deux kamikazes ». Le pouvoir dénonce également une « attaque haineuse contre l'unité et la paix [de la Turquie] ». Pourtant en l’absence de revendication claire de cet attentat - le plus meurtrier de l’histoire du pays - le gouvernement a appuyé ses suspicions contre plusieurs mouvements dont le parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et le groupe Etat islamique (EI), Le parti pro-kurde de Turquie estime lui être victime d’un « état meurtrier qui s’est transformé en mafia »

 

Entre hommages et interrogations


Plusieurs hommages aux victimes se sont déroulés à Ankara ce dimanche, mettant clairement en cause Recep Tayyip Erdogan et le gouvernement, alors que Barack Obama a appelé son homologue turc afin de lui exprimer son soutien dans la lutte contre le terrorisme. François Hollande a quant à lui dénoncé un acte « odieux ». 
La Turquie se trouve dans une situation de troubles intenses depuis l’attentat de Suruç le 20 juillet 2015 et  l'enclenchement par le président Erdogan d'un plan de « combat synchronisé » contre le terrorisme, mais également contre les troupes kurdes basées dans le Nord de l’Irak. Pourtant, suite à l’attentat d’Ankara samedi, les Kurdes du PKK, en lutte depuis plusieurs mois avec les militaires turcs, ont annoncé la suspension de leurs activités, et ce à quelques semaines seulement des élections législatives. Entre AKP et PKK, chacun se renvoie la responsabilité de l’attentat, mais pour le peuple turc, le responsable n'est autre que le pouvoir en place, comme évoqué plus haut. En Turquie, les tensions ne devraient pas s’apaiser, d’autant plus que Recep Tayyip Erdogan a convoqué des élections législatives pour le 1er novembre suite à la perte de la majorité absolue détenue depuis 13 ans à l'occasion du scrutin législatif. Les dirigeants internationaux, à l’image des Etats-Unis, dénoncent comme une « perversion » le fait que les auteurs de cet attentat aient agi pendant une manifestation pour la paix. Plusieurs rassemblements ont eu lieu en France et à l’étranger pendant que la Turquie, en émoi, enterrait des victimes pacifistes. Une situation qui se répète de plus en plus souvent...

 

Ci-dessous, une vidéo de la première explosion.

 

 

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