Laissez-nous tranquilles #1 : Louis Sarkozy et la peopolisation des "fils de"

12/10/2015

Le fils cadet de Nicolas Sarkozy a fait la une de l'actualité cette semaine, en se dévoilant dans le magazine Paris Match. Certains de ses propos sur les armes à feu ont fait polémique. A La Pause Actu, on n'y prête pas attention. Voici pourquoi. 
 

 Louis Sarkozy est américain dans l'âme. (source photo: Twitter)
 

Aujourd'hui, les fils et filles de personnalités sont de plus en plus placés sous le feu des projecteurs. C'est peut-être l'ère des réseaux sociaux qui veut ça, mais il faut tout de même se demander pourquoi ce phénomène est en vogue. Louis Sarkozy en est le dernier exemple : fils d'un président de la République, expatrié pour cause d'études supérieures à New York, le jeune homme de 18 ans possède tous les attributs susceptibles de faire de lui la cible privilégiée des journalistes people. Ajoutez à son CV un avis tranché sur les armes, et vous obtenez un buzz immédiat sur toute la toile. En se servant de ces opportunités faciles, les magazines people font plaisir à leur lectorat (il faut avoir une certaine idée du journalisme pour en être abonné, d'ailleurs). On ne va pas ajouter qu'ils font du bien à leur profession... 
Il faut être un grand admirateur d'éventualités pour s'intéresser aux histoires des "fils de", qui n'ont souvent demandé à personne qu'on les interviewe et qu'on les mette sur le devant de la scène. Ce qui les rend spéciaux malgré tout, c'est le statut qu'ils possèdent par le biais de leur nom de famille. Le grand public se délecte en effet des photos volées des jeunes filles et garçons dans les bras de leur papa ou maman star, et en redemandent. Le cercle est lancé, et, bien souvent, la croissance des "fils" et "filles de" fait l'objet d'une chronologie illustrée s'étalant sur plusieurs pages typographiées à la va-vite.
S'intéresser aux "fils de", ce n'est pas aimer l'actualité, c'est apprécier la réussite, ou plutôt la future réussite d'enfants, adolescents et jeunes gens étant censés suivre le chemin vers la gloire que leurs parents ont ouvert pour eux. Les journalistes people attendent patiemment au bout de ce boulevard, ne jetant qu'un rapide coup d'oeil à ceux qui se sont égarés sur le bas-côté de la voie royale vers la reconnaissance.


Le filon Sarkozy


Cette semaine donc, l'interview vidéo de Louis Sarkozy a été reprise par de nombreux quotidiens d'information. Cet entretien vidéo ouvre de nouvelles frontières dans la fabuleuse histoire des fils de célébrités, car la politique avait jusque-là été épargnée par le phénomène. Il est en effet difficile de se rappeler du nom des derniers enfants d'hommes ou femmes politiques ayant fait la une (désolés Mazarine !). Il y a bien Thomas Hollande à la rigueur, mais le fils de François est bien trop "normal" pour intéresser la presse sur le long terme. Jouer la carte Sarkozy est un bien meilleur filon pour la presse, car, on ne peut pas le nier, essayer de déceler les tics du père chez ses fils est un jeu plutôt amusant (même si la déception ressort souvent de cet exercice...). Ce n'est bien évidemment pas la seule raison : les fils de Nicolas Sarkozy sont trois personnalités dont les différences servent à alimenter les journaux people. Pierre est DJ, Jean s'inscrit dans une lignée proche de celle de son père, et Louis aime les Etats-Unis et les armes à feu (la vérité c'est qu'on s'en fiche, mais on le répète quand même parce qu'on est pros). Les gens ont maintenant envie de savoir ce qui va arriver à ces graines de Nicolas, s'ils vont réussir à se faire un prénom ! Car il suffit parfois d'un mot, d'une phrase pour saisir l'attention des gens. Et c'est l'effet qu'ont déclenché les propos de Louis Sarkozy, aussi insignifiants qu'ils soient. C'est la réalité médiatique : il suffit de porter un patronyme célèbre pour que la portée de nos propos ne soit exacerbée plus que de raison. Et cela peut porter préjudice : si Louis Sarkozy reste toute sa vie dans un relatif anonymat, ceux qui ont regardé la vidéo de son entretien ou simplement aperçu le titre d'un article relatif à celui-ci n'auront pas une image positive du fils cadet du président de Les Républicains. L'étiquette "amateur d'armes" n'est pas facile à retirer, c'est bien peu de le dire. Voilà donc tout ce que peut engendrer la peopolisation intempestive des fils de personnalités. Ceux d'entre eux qui aiment évoluer dans la lumière en sortiront grandis, tant mieux pour eux. Les autres souffriront peut-être d'avoir été médiatisés trop tôt et auront plus de mal à se défaire de l'ombre de leur parent star, avant, peut-être, de tomber dans l'oubli. Ici à La Pause Actu, on ne demande qu'une chose pour leur bien : laissez-les grandir ! Pas sur que les fans de potins soient de notre avis...

 

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