François 1er : le chemin de croix d'un pape progressiste

15/10/2015

François 1er, promu pape il y a deux ans et demi à la place de Benoît XVI, est un homme à part. L'habile communicant argentin, premier pape sud-américain de l'histoire, a dépoussiéré une image peu mobilisatrice de l'église par un enthousiasme exaltant ses fidèles.

 

                                                               Le pape François doit convaincre l'Eglise du bien fondé de ses idées. (AFP)

 

En totale contradiction sur le plan social avec son prédécesseur, François 1er a offert une nouvelle vitrine à l'Eglise au risque de contrarier les conservateurs du Vatican, avec des déclarations de grande envergure : "qui suis je pour juger une personne gay" en juillet 2013 suite au mariage pour tous conspué par une majorité de catholiques, "les femmes sont comme les fraises dans un gâteau, il en faut toujours plus" en décembre 2014, et plus récemment en avril 2015 en se prononçant sur les drames en Méditerranée en soutien aux migrants ("ce sont des hommes et des femmes comme nous"). 

 

Influent mais bousculé


Aujourd'hui, le pape François 1er est une des personnes les plus influentes du monde. Le pape semble prôner un discours de tolérance dont l'Eglise se revendiquait depuis toujours. Cependant, les temps sont durs : le souverain pontife assiste à la première fronde au sein de l'Eglise depuis sa prise de fonction en mars 2013. En effet, François 1er, qui a de plus en plus de mal à calmer ses opposants de la Curie, va devoir se confronter à ses détracteurs 3 semaines durant à Rome, dans le cadre du synode des évêques sur la famille qui s'achèvera le 25 octobre. Après un échec l'année dernière, le synode s'annonce rude pour le jésuite argentin qui va devoir convaincre sur des sujets majeurs divisant l'Eglise, notamment l'accès aux sacrements des divorcés remariés civilement et le débat sur l'homosexualité. Des cardinaux, des évêques, des experts, et peu de femmes selon Rémi Sulmont, ce seront au total 274 personnes qui seront présentes lors de cette réunion. Le Pape, qui a changé les règles du concile pour rallier les centristes, ne peut pas se permettre un nouvel échec et doit remporter la majorité des voix sur son texte final. Treize cardinaux l'accusent notamment de d'encourager la démagogie desacralisant l'église et d'avoir faussé les débats en changeant les règles, ce qui est vrai. La lutte est âpre, surprenant même le Vaticaniste Marco Politi, qui estime même que le pape François se trouve actuellement "parmi les loups". La question est donc de savoir si le pape argentin a été suffisamment habile pour réformer l'Eglise sans y aller trop fort. Face à ses détracteurs, le chef du parti progressiste va donc devoir sortir vainqueur des "loups" pour unifier l'église.

 

 

Et en France?
Depuis 2009, la côte de popularité du pape s'accroît d'année en année, selon le Figaro. Néanmoins, si deux tiers des français se disent chrétiens, seulement 4,5 % se rendent à la messe dominicale.

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