Volkswagen : la "deutsche Qualität" du trucage

18/10/2015

Ayant admis avoir truqué des logiciels anti-pollution sur des millions de ses véhicules, le groupe automobile allemand Volkswagen fait face depuis un mois à la plus grande crise de son histoire. Le point sur les dernières informations.
 

 Le groupe Volkswagen est en situation délicate.


Ah, business, quand tu nous tiens. Non pas que Volkswagen soit une exception dans le secteur, la marque allemande a en tout cas été prise en flagrant délit de triche sur les performances moteur de ses véhicules. Plus précisément au niveau du logiciel anti-pollution. Après les doutes des autorités américaines, Volkswagen a fini par admettre fin septembre avoir équipé ses engins d'un détecteur permettant d'anticiper les tests anti-pollution, et ainsi de rentrer dans les normes définies par la loi. Il ne va pas sans dire qu'en temps normal, les véhicules Volkswagen polluent au-delà des niveaux que les tests font ressortir. Ne faisant pas dans le minimalisme, VW ne pensait sûrement pas que la supercherie serait découverte... et a donc équipé des millions de véhicules de son logiciel truqué. De plus, la firme allemande possède plusieurs filiales européennes, des marques au nom familier telles que Audi, Seat ou encore Sköda. Certains des véhicules de ces sous-groupes ont également reçu l'apport du fameux logiciel, amplifiant encore plus l'ampleur du problème pour les dirigeants de Volkswagen. A la tête du constructeur depuis 2007, Martin Winterkorn a préféré démissionner plutôt que de devoir gérer les retombées négatives du scandale. 

Rattraper le coup

Pour Volkswagen, le temps est désormais venu de remédier, au moins en partie, au problème. Dans cette optique, la firme allemande a d'ores et déjà mis en place un site permettant aux possesseurs d'un véhicule d'une des quatre marques en question de savoir si leur quatre-roues est équipé du logiciel truqué. Tout cela en attendant de rappeler en Allemagne l'ensemble des voitures concernées, qui seraient environ 9 millions en Europe, dont près d'1 million sur le territoire français. Dans l'hexagone, de nombreuses organisations ont par ailleurs porté plainte contre Volkswagen, le siège français du constructeur ayant même été perquisitionné il y a quelques jours.
Des actions importantes qui se sont multipliées depuis début octobre, comme pour montrer à Volkswagen que sa puissance ne cosnstitue pas une raison viable pour frauder, et ce malgré le soutien de Berlin. L'industrie allemande compte en effet énormément sur son constructeur principal pour se maintenir en très bonne santé, un plan d'aide à l'emploi dans la firme ayant été lancé cette semaine par le gouvernement d'Angela Merkel. 


Peu de coupables

Plusieurs enquêtes internes et externes à Volkswagen ont été lancées afin de faire la lumière sur l'identité des responsables du trucage généralisé. Si le magazine allemand Der Spiegel a révélé que moins de dix personnes étaient au courant de la chose, il semblerait néanmoins que le désormais ex-PDG Martin Winterkorn ne soit pas à l'origine de la fraude, au contraire du chef du développement d'Audi Ulrich Hakenberg. Des informations que VW n'a évidemment pas confirmées, la firme attendant le résultat de l'investigation menée en interne, qui pourrait coûter leur poste à plusieurs dirigeants du constructeur mais aussi de ses filiales européennes. 
En admettant avoir truqué ses véhicules, le groupe Volkswagen s'expose à une amende de 18 milliars de dollars aux Etats-Unis, ce qui constituerait un nouveau record en la matière. A une heure où la pollution excessive est dans tous les esprits, le groupe allemand aurait peut-être dû jouer la carte "coûts supplémentaires" dès le départ, puisque certains de ses véhicules pollueraient jusqu'à 40 fois plus que la norme autorisée... Preuve que les fraudes les plus élaborées ne marchent pas toujours, même au nom du business.

 

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