Allemagne : Pegida, l'extrémisme attire

Lundi dernier se déroulait à Dresde la cérémonie d'anniversaire de Pegida. Un an de manifestations xénophobes qui, après avoir connu un essoufflement au milieu de l'année, trouve un nouveau public à l'orée de l'année. Il est en effet certain que le mouvement des Patriotes Européens Contre l'Islamisation de l'Occident était au creux de la vague cet été. Passés les attentats terroristes de janvier, le soufflé est retombé. Seulement, la politique allemande d'accueil de migrants a permis de relancer ce qui ressemble à une organisation raciste.

 Les manifestants soutenant Pegida sont de plus en plus nombreux. (photo TZ/DPA)

 

Pegida mobilise de plus en plus de monde

 

Lundi 19 octobre, ce sont près de 20 000 partisans qui se sont réunis à Dresde pour le premier anniversaire de Pegida, une année marquée par un développement impressionnant du mouvement. Qu'elles sont lointaines ces premières manifestations où seuls 500 initiés venaient pour clamer les valeurs de la grande Allemagne. Ce sont aujourd'hui plusieurs dizaines de milliers d'Allemands, de toute classe confondues, qui battent le pavé. Pegida attirait auparavant de simples citoyens allemands anti-islamisation. Aujourd'hui, Pegida rassemble également des hooligans et des néo-nazis, étonnant quand on connaît le supposé rejet par Pegida de ce qui était le NSDAP, rejet qui s'affiche jusqu'à son logo. Si Pegida rassemble de plus en plus en monde ces derniers temps, l'opposition s'organise également. Lundi dernier, autour de la cérémonie se sont réunis 15 000 opposants, laissant craindre un affrontement très violent dont l'Allemagne n'a clairement pas besoin.

 

Un mouvement de plus en plus extrême

 

Dans le public, une majorité d'hommes, brandissant pêle-mêle le drapeau allemand, le drapeau de la Saxe ou, plus étonnant, le drapeau hongrois, comme pour clamer leur soutien à la politique du premier ministre Viktor Orban. Si Pegida cristallise les craintes, c'est parce que le mouvement ne redoute pas la violence : l'agression au couteau samedi dernier de la maire de Cologne en est l'exemple le plus frappant. Pegida entretient de même une relation schizophrène avec les néo-nazis, conscients qu'ils représentent un soutien non négligeable. Ainsi, le président-fondateur Lutz Bachmann a-t-il été démis de ses fonctions pour s'êtré grimé en Adolf Hitler en janvier dernier. Cet homme, auparavant condamné pour braquages et trafic de stupéfiants a toutefois retrouvé sa place moins d'un mois plus tard sur décision des autres dirigeants de Pegida. Le fait de retrouver des néo-nazis assister à la cérémonie est également lourd de sens, comme expliqué ci-dessus. Lundi dernier, l'auteur Akif Pirinçci, invité à parler sur scène malgré ses sombres antécédents n'a pas hésité à regretter la disparition des chambres à gaz sur scène, devant une foule divisée. Pirinçci a finalement été interrompu par M. Bachmann, qui ne devait pas s'attendre à de tels propos de la part d'un homme déjà incriminé pour son rejet des homosexuels et des droits des femmes.

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