Les intersexués, ni homme ni femme mais sexe neutre

23/10/2015

Les intersexués connaissent une première grande victoire en vue d'une reconnaissance complète de leur statut.
 

Le regard de Tsany.
 

Qu’est-ce qu’un intersexué ? Nées avec un vagin rudimentaire et un micropénis, c’est une véritable lutte psychologique à laquelle sont confrontées ces personnes dès leurs naissances. Depuis plusieurs années, les hermaphrodites, ou intersexués veulent pouvoir choisir leur genre et être reconnus en tant que tels, sans être assignés à un sexe par la chirurgie décisionnaire. Le tribunal de grande instance de Tours a pris acte de « l’impossibilité de rattacher l’intéressé à un tel ou tel sexe » même si le procureur du TGI de Tours a fait appel de cette décision le 20 aout dernier.

L’intéressé est âgé de 64 ans, porte un prénom masculin, mais il n’est pas un homme. Le TGI de Tours a reconnu cette personne intersexuée, en justice, en tant que « sexe neutre ». C’est un soulagement et une véritable avancée pour ces individus, nés avec un vagin rudimentaire, un micropénis mais pas de testicules, à qui la chirurgie a assigné un sexe à la naissance. Pour la première fois une juridiction française a permis à une personne de sortir du type masculin/féminin. De ce constat, on est en droit de se demander si la médecine possède tous les pouvoirs. En effet, les bébés intersexués sont opérés dès leur naissance, dans le but de privilégier leur bien-être futur mais surtout l’intérêt des parents qui peuvent ainsi se rassurer et voir grandir leur enfant comme une femme ou comme un homme.

Des avis divergents

C’est un véritable paradigme. La société n’a pas de cases appropriées pour ces personnes exclues et moquées pour la plupart. En 1950, la médecine s’est chargée de répondre à cette question par l’intermédiaire du psychologue et sexologue John Money. Selon « l’Obs. Le Plus » le sexologue néo-zélandais a affirmé que l’on pouvait intervenir sur le corps d’un enfant pendant les 18 premiers mois de vie pour rattacher ses organes sexuels avec le genre que ses parents voudraient projeter sur lui. Pourtant personne n’avait pris la peine de vérifier cette assertion. De ce fait la médecine s’est librement arrogée le droit de prendre cette décision d’une très grande importance pour la vie de l’enfant, dans le but de conserver l’archétype garçon ou fille. Certains intersexués sont allés jusqu’à accepter de se mutiler via la chirurgie et vivent dans la honte de leurs cicatrices. Une porte s’ouvre alors pour ces intersexués, la notion juridique de sexe n’ayant plus d’importance et plus de raison d’être. On peut donc s’interroger sur l’énoncé de l’article 57 du code civil « L’acte de naissance énoncera le jour, l’heure et le lieu de la naissance, le sexe de l’enfant ». Suite à cet article, la cours d’appel de Paris avait rendu, en 1974, la décision suivante « Tout individu, même s’il présente des anomalies organiques, doit être obligatoirement rattaché à l’un des deux sexes masculin ou féminin, lequel doit être mentionné dans l’acte de naissance ».

Cependant cette décision ne fait pas l’unanimité. Françoise Guégot, députée de Seine Maritime et membre des républicains s’est dite « atterrée » de cette décision qui admet un troisième sexe, effrayée par l’idée que cette notion de sexe neutre s’impose à des personnes qui ne sont pas intersexués, instrumentalisée par des lobbys militants.  

La France, où les intersexués représentent  1,7 % de la population selon « 20 minutes », n’est pas le premier pays à avoir fait un pas vers la reconnaissance du troisième Sexe. En effet, selon « TV5MONDE » en Australie, la juridiction du pays avait reconnu qu’une personne pouvait naître ni femme ni homme.

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