Astérix et le papyrus de César : l'aventure continue

25/10/2015

La bande-dessinée la plus vendue au monde est de retour. Astérix et ses compagnons ont fait leur rentrée avec un 36e ouvrage, Le papyrus de César, jeudi 22 octobre. Scénarisée par Jean-Yves Ferri et dessinée par Didier Conrad, la bande-dessinée ne perd rien de son humour  et reste fidèle à l’œuvre originelle, pour le plus grand plaisir des lecteurs. On a lu, on a aimé, on vous fait partager.

 

 Fragment de la couverture du Papyrus de César, le dernier album d'Astérix. (Albert-René)



L’actualité sur fond historique

 

La force du nouvel ouvrage réside dans la capacité de ses auteurs à lier vérité historique et enjeux actuels de la société. Ferri a en effet choisi de commencer son histoire avec la publication de la Guerre des Gaules, œuvre de sept volumes dans laquelle Jules César relate ses exploits militaires lors de la conquête de la Gaule. L’éditeur de l’empereur, Promoplus (caricature du publicitaire Jacques Séguéla) lui conseille de supprimer un passage de son récit dans lequel il raconte avoir été défait par d’« irréductibles gaulois d’Armorique », car cela pourrait nuire à la réputation du grand conquérant... Sur ordre de César, les copies du passage en question sont donc supprimées, à l’exception d’un exemplaire qui finira par arriver dans le village gaulois, par l’intermédiaire de Doublepolemix, un « colporteur » (journaliste) activiste aux faux airs de Julian Assange (l’informaticien et cyber militant connu en tant que fondateur de Wikileaks). Ce point de départ permet au scénariste de parler de sujets très actuels : la relation entre les médias et le pouvoir, l’adaptation à l’arrivée de nouveaux moyens de communication (symbolisée par les pigeons), la place des journalistes, le contrôle de l’information... Le tout sur fond de réalité historique : la volonté de César de modifier l’histoire à son profit ou encore l’importance de l’oralité dans la culture gauloise. Le dernier album de ce type réalisé par Uderzo et Goscinny, La rose et le glaive, a été publié en 1991 et portait sur le féminisme. Les nouveaux auteurs souhaiteraient confronter Astérix à des enjeux encore plus modernes, comme la mondialisation ou les questions énergétiques. Le petit héros gaulois est bel et bien entré dans le XXIe siècle.

 

Des limites à la copie ?

 

Il faut également constater que le style de Conrad, le successeur d’Uderzo en tant que dessinateur, est bien plus fluide que lorsqu’il a dessiné Astérix chez les Pictes. La prise en main a été compliquée : il a dû analyser le style de l’ancien dessinateur, apprendre à dessiner Astérix et ses compagnons et créer les 44 planches de l’album en seulement huit mois. Aujourd’hui, on le sent plus détendu, la copie est réussie, on retrouve réellement la patte d’Uderzo dans les dessins ainsi que les mêmes clins d’œil aux ouvrages précédents. Mais pour certains, il manque ce petit supplément d’humanité aux personnages, que l’on retrouvait dans les dessins d’Uderzo. Mais peut-être que cela est seulement lié à une histoire de paternité. Néanmoins, les dessins de Conrad se distinguent en un point de ceux de son prédécesseur : les raies du pantalon d’Obélix sont plus grosses que celles dessinées par Uderzo ! Ce dernier est par ailleurs unanime quant à la nouvelle bande-dessinée : « Bravo les p’tits gars ! ». Il trouve l’idée épatante : « c’est un scénario auquel on n’avait pas pensé et qui est une très heureuse idée qui colle avec l’histoire », confie-t-il sur Europe 1. Les lecteurs et les fans sont d’accord avec lui, comme le montre le tirage exceptionnel de cinq millions d’exemplaires et la traduction dans vingt langues différentes.

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