Plus vite que la musique #1 : souvenirs de Britpop

09/10/2015

 Le 2 octobre 1995 est publié l'album le plus emblématique du mouvement Britpop : (What's The Story) Morning Glory? d'Oasis. Avec plus de 4 millions de copies écoulées au Royaume-Uni, le groupe de Manchester écrase son concurrent Blur, dont l'opus The Great Escape ne parvient pas à atteindre le million d'albums vendus. Thomas Hermans revient sur un album qui n'est rien d'autre qu'un mur à merveilles.

Tout le monde a son album d'Oasis préféré, et il s'agit bien souvent, de façon très justifiée, d'un des deux premiers. Si je penche pour Definitely Maybe (sorti en 1994), leur deuxième album n'en est pas moins mauvais, et le surpasse par sa cohérence et sa maturité. La première fois que je l'écoute, je n'ai pas l'impression de le connaître. Pourtant, il prend tout mon temps. Car il en faut du temps pour l'apprivoiser, cet album faussement pop légère. Dès les premières notes, Oasis nous fait croire qu'il n'est plus qu'un groupe guimauve, mais ce n'était qu'un mini accord de Wonderwall, jeté là comme un leurre avant le véritable déchaînement de la première piste, à laquelle je dis salut. Et l'album roule avec ça : une prétendue dérockification du style Oasis, qui n'est en réalité que le miroir de la nouvelle stature du groupe. Noel Gallagher le dit : le premier album évoque le désir de devenir une pop star, ce deuxième album évoque la réalité d'être une pop star. Et peut-être est-ce là la force de l'album : moins de gros sabots prétentieux, mais une musique à l'échelle des superstars qu'étaient les membres d'Oasis à l'époque. Ni plus ni moins. On peut vraiment imaginer le Boss dire aux autres "Eh, maintenant ! C'est le moment de faire l'Album, celui dont les gens se souviendront dans 20 ans, celui qui nous consacrera, tout en écrasant ces bourgeois de Blur... Le dernier album était bien, mais on peut faire plus cohérent, plus magnifique, plus exhaltant. Ne regardez pas en arrière avec colère, regardez plutôt vers l'avant avec joie et dynamisme !" juste avant de se lancer dans une joute avec son frère.

Certains pourraient dire qu'Oasis ne fait ici qu'un étalage répétitif de ce qu'il a déjà fait, en distillant de plus en plus de références, voire de plagiats des Beatles dans leurs compositions. Mais Noel Gallagher ne ressent aucune honte à reprendre certains éléments de ses quatre idoles de Liverpool. On ne peut d'ailleurs objectivement pas le lui reprocher lorsque l'on écoute le résultat, ce résultat qui se vendit à 22 millions d'exemplaire à travers le monde, oubligeant le groupe à le fêter par une supernova de champagne. L'album ne possède pas d'ombre, il est lumineux du début à la fin, et cloue le bec des critiques regrettant la relative répétitivité des compositions de Definitely Maybe. C'est la gloire matinale dans la journée de la carrière d'Oasis. L'après-midi sera moins fastueux, mais réservera malgré tout quelques moments de bravoure, d'où l'importance d'être paresseux face au choc de la foudre. Ce qu'on peut retenir de cette galette, c'est qu'elle est électrique. Je l'ai faite tourner de nombreuses fois, et pourtant. Après une écoute, bien installé, j'ai besoin d'un peu de temps pour me lever lever.

(What's The Story) Morning Glory?, c'est l'album de toute une génération, celle des années 90. Les adolescents de 1995 n'ont pas pu passer à côté de l'Oasismania. Depuis, ils ont grandi avec l'album. Les cordes de Wonderwall leur rappellent à tous des souvenirs, Don't Look Back In Anger est devenu un véritable hymne de stades, tandis que Champagne Supernova s'est imposée comme l'une des chansons emblématiques du groupe, et de tout le mouvement Britpop. (What's The Story) Morning Glory? a vingt ans, et tous les enfants des années 90 doivent se sentir vieux maintenant... Et vous, où étiez-vous pendant qu'ils se défonçaient ?

 

 

 

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