Rugby : Nouvelle-Zélande, l’or noir

01/11/2015

La Nouvelle-Zélande a remporté samedi la troisième Coupe du Monde de rugby de son histoire en battant l’Australie 34 à 17, au terme d’une finale à couper le souffle. Avec un deuxième sacre d’affilée, les All-Blacks se positionnent plus que jamais en tant que première nation de la discipline.
 

 Brandissant la coupe Webb-Ellis, Richie McCaw aura réussi son dernier challenge, tout comme Dan Carter (à sa gauche). (AFP/ Gabriel Bouys)



Le rugby mondial change avec le temps, la technologie vidéo prend de l’importance, les blessures se multiplient… mais une constante reste, voire s’améliore à mesure que les tournois et les compétitions passent : la Nouvelle-Zélande nous régale encore et encore. Mais contrairement au temps révolu des décennies 90 et 2000, le XV de la fougère traduit désormais son beau jeu en remportant des Coupes du monde. Tout au long de l’édition 2015, les All-Blacks auront démontré qu’ils méritent largement ce qui leur arrive, en ne laissant quasiment aucune once de chance à leurs adversaires.

Une finale grandiose

A l’heure de retrouver l’Australie en finale, les néo-zélandais sortaient pourtant d’un match compliqué, le plus serré de leur compétition. En remportant sur le fil leur demi-finale contre l’Afrique du Sud (20-18) après avoir littéralement détruit l’équipe de France au tour précédent, les hommes de Steve Hansen ne s’étaient pas seulement qualifiés pour la finale, ils avaient également trouvé le supplément d’âme qui aurait pu leur manquer après toutes ces larges victoires. La finale était donc l’occasion de voir ce que les Néo-zélandais avaient dans leur sac, s’ils allaient retrouver le rugby qui leur avait fait défaut en demi-finale. Et ils ont apporté au monde la meilleure réponse possible.
Dominant les Australiens dans tous les compartiments du jeu, de la conquête à la mêlée, et comptant sur une défense de fer, les partenaires de Richie McCaw ne pouvaient pas repartir de Twickenham sans la médaille d’or autour du cou. En appuyant sur l’accélérateur de part et d’autre de la mi-temps par Milner-Skudder puis Nonu alors que le match était assez équilibré, la Nouvelle-Zélande paraissait avoir plié le match (21-3). Mais le carton jaune un peu stupide de Ben Smith à une demi-heure de la fin du match a relancé des Wallabies qui n’en demandaient pas tant. En effet, deux essais de Pocock à la 53ème et de Kuridrani dix minutes plus tard ramènent les troupes de Mickael Cheika à 4 points des Blacks avec un quart d’heure à jouer. En grands champions, ces derniers ne vont jamais paniquer et, grâce à la patte gauche magistrale de Dan Carter par deux fois, reprendre le large pour s’assurer le titre, avant de tuer tout suspense en inscrivant un essai en contre par Beauden Barrett à la dernière minute, comme un symbole.


La meilleure équipe de l'histoire?

Les Néo-zélandais et leur rugby total, fait de mouvements rapides, de dédoublements et de passes après contacts à foison, sont le reflet de ce que chaque champion du monde devrait être. S’ils avaient été critiqués il y a quatre ans après leur finale gagnée à l’arrachée contre la France (8-7) sans Dan Carter, leur victoire fait cette fois l’unanimité chez tous les spécialistes de l’ovalie. Aussi bien les avants (Coles, Whitelock, Retallick, McCaw…) que les arrières (Carter, Savea, Nonu, Milner-Skudder…) de cette équipe sont dans le top 3 de leur poste au niveau mondial ! Battre la Nouvelle-Zélande aujourd’hui relève du miracle tant les individualités savent se souder pour forger ce qui constitue peut-être le meilleur groupe de joueurs de l’histoire du rugby professionnel. L’Australie y était parvenue en août dernier, elle n’a pas réussi à recréer l’exploit ce week-end. Logique implacable contre les Australiens, qui ne pouvaient pas vraiment espérer mieux hier malgré leur compétition exceptionnelle. Dans la lignée des losers magnifiques que furent les Français en 1999 ou les Australiens de 2003, les Wallabies auront perdu cette bataille pour la suprématie planétaire, mais les protégés de Mickael Cheika, vainqueurs du Four Nations plus tôt dans l’année, se positionnent aujourd’hui en tant qu’outsiders numéros un pour la prochaine Coupe du Monde dans quatre ans, avec un groupe qui, contrairement à celui des doubles champions du monde néo-zélandais, n’est pas vraiment en fin de cycle.
A voir du rugby joué comme ça, on ne peut qu’applaudir et en redemander, mais également espérer que les équipes du Nord sauront rebondir après le désastre que fut cette Coupe du Monde pour elles. Pour l’intérêt du sport, et pour l’intérêt du spectacle.

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