Turquie : Erdogan haut les mains

02/11/2015

L'AKP menée par Recep Erdogan a récupéré  la majorité absolue lors des élections législatives de ce week-end. Le président turque a désormais les mains libres pour diriger un pays en proie à de nombreuses violences.
 

 Le leader de l'AKP Recep Teyyip Erdogan est un président controversé. (Creative Commons)



Recep Teyyip Erdogan voulait continuer à gouverner la Turquie en autocrate. Après les élections législatives, il en a à nouveau les moyens. En effet , l’AKP a largement remporté les élections législatives du dimanche 1er novembre, dans une période de troubles intenses où les conflits sont nombreux dans le pays. En obtenant la majorité au parlement, Erdogan à désormais la main mise sur la Turquie qu’il dirige de manière autoritaire et inquiétante. Ce résultat est d’une importance capitale pour l’évolution de la guerre en Syrie et au niveau des relations que la Turquie entretient avec les pays membres de l’Otan qui ont  plus que jamais besoin du soutien du pays d’Erdogan dans la lutte contre le terrorisme.

Des tensions internes et externes

L’AKP avait perdu la majorité absolue lors des dernières élections, pour la première fois depuis 2002,  et se retrouvait condamné à gouverner en coalition, ce que le président turc a refusé. Il avait dès lors convoqué un nouveau scrutin jusqu’à mener lui-même une campagne en s’appuyant sur la stratégie de la tension, selon « Le Monde ». La tension avec Le PKK kurde, organisation considérée comme terroriste par L’UE, est palpable. Plusieurs militants de L’AKP ont vandalisé une centaine de permanences de Kurdes modérés, alors que des rassemblements du HDP (Le Parti démocratique du peuple) ont été la cible de deux attentats meurtriers, attribués a des groupes djihadistes, causant la mort de plusieurs opposants au parti d’Erdogan. Le patron de l’AKP contrôle dorénavant un pays de 75 millions d’habitants alors que la moitié de la population turque lui est farouchement opposée. Mais pour le président turc la démocratie se résume aux élections et le vainqueur a le droit de dominer tous les contre-pouvoirs tels que les élus ou encore la presse, tous intimidés voire persécutés, toujours selon « Le Monde ». Obnubilé par la question kurde, Erdogan va-t-il réellement être un allié dans la lutte conte L’EI et aider L’ONU à endiguer l’exode massif des refugiés de Syrie ? La Turquie, qui est dans une situation de chaos proche-oriental doit aussi régler de nombreux différents : Turcs contre Kurdes, sunnites contre alévites ou encore élites contre conservateurs. L’ONU va-t-elle céder à tous les caprices d’Erdogan ? Ankara doit continuer d’héberger les migrants, empêchant une migration sauvage qui se conclut bien souvent de manière catastrophique. Aujourd’hui, Erdogan est plus que jamais en position de force, et rien ne semble pouvoir limiter son pouvoir...

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