Ligue des champions : le PSG rassuré mais plein de regrets

Hier soir à l'Estadio Santiago Barnabeu de Madrid, le PSG venait défier le Real avec pour principale ambition de se rassurer après un premier match très moyen face aux Merengues. Alors, mission accomplie ?  
 

Le dépit des Parisiens Rabiot, Di Maria et Ibrahimovic (de gauche à droite), après l'ouverture du score madrilène.
 

Rassuré dans le jeu ?

 

Le PSG a livré son meilleur match de la saison mardi soir. Avec l'éclatante victoire contre Saint-Etienne (4-1), ce match à Madrid marque les esprits. D'une défense conquérante à l'image de Thiago Silva à un milieu sans complexe, comme la prouvé le valeureux Rabiot, le Real peut s'estimer heureux d'avoir empoché trois points. C'est d'ailleurs l'avis de la presse espagnole qui parle de "miracle" pour les Merengues. Si le PSG s'était attiré les critiques après un premier match décevant face aux Madrilènes, les enchaînements, la folie qu'ont montré les Parisiens hier soir laisse augurer de belles choses pour la suite de la saison.

Il y a quinze jours, Paris avait déçu en ne se montrant pas assez conquérant face à une équipe du Real très diminuée. Le milieu ne jouait pas vraiment l'attaque, laissant un goût d'inachevé aux supporters. Ce n'est pas tant que Paris ne pouvait pas, c'est que Paris ne voulait pas, et là était la principale différence avec les années précédentes. Mardi, l'équipe de Laurent Blanc n'a fait aucun complexe à l'extérieur, alors que l'on aurait pu penser que le match allait être plus dur. S'il ne faut évidemment pas occulter le fait que Madrid, rappelons-le, avait des absents de marque et que les Galactiques n'ont pas livré du tout un excellent match, il n'est absolument pas superflu de penser que la tactique parisienne a empêché le Real de développer son jeu, éteignant un Cristiano Ronaldo invisible et n'encaissant une but gag que sur une faillite individuelle. Dans de nombreux secteurs de jeu, Paris a rassuré mardi soir et c'est pour cela que, malgré la défaite, les critiques ne pleuvent pas dans la presse, comme cela avait été le cas il y a deux semaines, malgré un résultat statistiquement plus favorable. C'est la bonne et, paradoxalement, la mauvaise nouvelle pour le PSG.

 

Un manque d'efficacité rédhibitoire

 

Eh oui, l'adage a raison : dominer n'est pas gagner. Sa première demi-heure de folie furieuse a laissé entrevoir le meilleur aux supporters parisiens. Zlatan Ibrahimovic, très affuté à gaspillé deux munitions (22' et 29') face à Navas, Rabiot a touché le poteau sur une magnifique reprise (22') et, surtout, Cavani a raté un face à face contre le portier madrilène juste avant la pause (45') qui aurait pu inverser le rapport de force. Ce manque d'efficacité est absolument incompatible avec les performances de très haut niveau. Certes ce n'est pas un souci récurrent pour le PSG mais c'est ce qui a choqué mardi. Il est possible de voir le verre à moitié plein en se disant que Paris aurait mérité de battre ce Real-là et qu'il en va ainsi de l'apprentissage du très haut niveau mais le temps presse et le PSG ne peut pas tellement se permettre de telles erreurs dans sa quête du Graal. Ce n'était qu'un match de poules mais Paris aurait rencontré le même problème en élimination directe et c'est précisément ce qui inquiète. Angel Di Maria a, lui aussi, échoué par deux fois sur les montants (78' et 88'). Embêtant car c'est aussi pour cela qu'il a été recruté : faire la différence dans les matchs couperets. Raté.

 

Des individualités à la peine

 

Finalement, c'est peut-être ça, le réel souci du PSG. Des individualités qui font défaut. Outre les ratés de Cavani avant la pause, comment occulter la nouvelle boulette de Kevin Trapp face à Nacho, erreur qui coûte le match à son équipe. Expliquant "ne pas avoir vu" le joueur du Real, le gardien allemand se plonge dans une pression qui pourrait se révéler négative. Ce n'est pas la première fois qu'il se rate, souvenons nous du match face à Bordeaux... S'il a aussi réalisé quelques exploits, le côté particulier de son poste vient aussi du fait que l'erreur est interdite. Il a encaissé un but gag mardi et son équipe s'est pris un coup de bâton sur la tête.

Ainsi, malgré sa très bonne prestations d'ensemble, Paris est plombé par deux individualités. Il suffit pour s'en rendre compte de regarder les notes des joueurs, ici selon Eurosport : la moyenne du PSG à onze est de 5,54. Sans Trapp et Cavani, elle est de 6. Un souci criant qui ne doit néanmoins pas occulter la bonne campagne parisienne en C1. Bonne, mais pas excellente. L'exploit dans la continuité, les supporters l'attendent toujours. Laissons du temps au temps.

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