C'est exact #4 : Mars, c'est pour bientôt?

06/11/2015

Depuis la découverte de saumure à base d'eau liquide sur Mars, l'intérêt du public pour la planète rouge est relancé. Il ne faut pas penser que, avant cette découverte, les projets d'exploration de la planète rouge étaient arrêtés pour autant, et la NASA esquisse sérieusement de futures missions habitées à destination de Mars. Il y a quelques jours, la NASA a organisé une réunion de travail pour établir une pré-sélection des régions les plus propices à l’atterrissage d'une mission habitée sur Mars. Retour sur l'hypothèse du canyon, proposée par Cathy Quantin-Nataf.
 

 La faille de Valles Marineris, où se trouve le canyon de Melas Chasma. (Deviantart/Kingmango)


Les missions habitées à destination de Mars ne seront pas réalisées avant plusieurs décennies, admet la NASA. L'organisme américain prépare tout de même le terrain, et c'était le but de cet atelier de travail, dont sont ressorties deux possibles régions d'atterrissage sur Mars pour une mission habitée. Tout d'abord, des régions proches de l'équateur martien, ou bien des régions situées aux latitudes moyennes de la planète. Les sites d'atterrissage doivent remplir de nombreuses conditions, dont la présence d'eau (quelle que soit son état), de matériaux de construction exploitables, de températures ne nécessitant pas d'excès d'énergie pour garder les structures humaines en état, ainsi qu'un terrain assez plat pour ne pas risquer d'accidents au moment de l'atterrissage. Les rovers qui seront envoyés sur Mars permettront aux astronautes de parcourir des centaines de kilomètres, mais les ressources principales et essentielles doivent être à moins de 3 km de la station martienne. Ainsi, les deux régions proposées ont chacune leurs avantages et défauts. Aux latitudes moyennes, l'eau peut être trouvée sous forme de glace assez facilement et peu profondément sous terre, à en croire les études. En revanche, les températures rudes engendreraient des consommations d'énergie très, voire trop, importantes. A l'équateur au contraire, les températures sont plus douces, mais l'eau est bien plus difficilement accessible. Il s'agit donc pour les scientifiques de la NASA de trouver l'endroit qui puisse avoir les meilleurs compromis.

Melas Chasma, lieu idéal ?

La géologue Cathy Quantin-Nataf, qui est notamment responsable du projet e-Mars, a proposé lors de cette réunion de travail le canyon de Melas Chasma. Loin d'être une inconnue, Quantin-Nataf est celle qui a proposé le site d'Oxia Planum pour l'atterrissage de la sonde européenne ExoMars, site qui a été retenu et validé par l'ESA (l'Agence Spatiale Européenne) la semaine dernière. Situé non loin de l'équateur, le canyon de Melas Chasma est bien connu des scientifiques, pour être situé au fond d'une fracture de 9 km de profondeur, intégrée à Valles Marineris, la grande faille qui balafre Mars. Les équipes de la NASA ont très longtemps refusé d'y envoyer quelconque robot, à causes des conditions présumées y régnant, et notamment des vents très forts. Pourtant, des études récentes laissent à penser que le vent n'y est pas plus fort qu'ailleurs sur Mars, et l'intérêt pour ce canyon renaît petit à petit chez les astronomes. La géologue explique que Melas Chasma serait le site idéal pour sa situation, proche de l'équateur, et pour sa profondeur. En effet, l'exposition de la croûte martienne fait que les dépôts de sédiments y sont nombreux, des couches sédimentaires auxquelles de l'eau est liée selon Cathy Quantin-Nataf. C'est d'ailleurs dans cette région qu'a été trouvée la saumure fin septembre dernier. Le dernier avantage exprimé par la géologue est sa pression atmosphérique. En effet, la profondeur du canyon engendre une plus forte pression de l'atmosphère, une pression bien plus favorable pour la stabilité de l'eau et pour l'homme.

Contrer les fléaux naturels

 

Les astronomes se penchent depuis longtemps sur les profondeurs de Mars. Il est en effet suspecté que des réseaux de rivières et de lacs souterrains s'y trouveraient. Mais l'intérêt des scientifiques en charge de missions habitées à destination de la planète rouge se porte très souvent sur des galeries, creusées par des coulées de lave au sein de Mars, notamment autour du Mont Olympe (volcan et plus haute montagne du système solaire). En effet, ces galeries, si elles étaient occupées par l'homme, permettraient un accès à des matériaux et minéraux bien plus facilement qu'à la surface de Mars, mais également préserveraient les installations humaines d'un des fléaux de Mars : la poussière. La poussière martienne, très volatile et recouvrant toute la planète, se faufile dans tous les recoins des équipements humains présents sur Mars, et une station habitée sur Mars devrait constamment être nettoyée de fond en combles pour éviter de gripper des mécanismes, ou pour empêcher les astronautes d'en inhaler, ce qui pourrait être très dangereux, au vue de la finesse des particules, ainsi que leur grand nombre. Peu importe l'endroit décidé pour envoyer une mission habitée vers Mars, il est sur que tous les autres défis posés aux scientifiques ne seront pas résolus de sitôt, et il faudra encore attendre quelques années avant de voir tous ces projets se concrétiser.

Please reload