COP21 : Des promesses qui ne suffiront pas

09/11/2015

L’ONU, dans un rapport publié le 6 novembre, alerte la communauté internationale : les promesses faites par les États pour réduire leur production de gaz à effet de serre ne permettront pas de contenir la hausse du mercure en dessous de la barre des 2°C.
 

 La COP21 se tiendra à Paris du 30 novembre au 11 décembre.
 

Des promesses « sans précédent »...

 

Selon un rapport du Programme des Nations Unies pour le Climat (PNUE), « un effort mondial sans précédent » est en cours pour lutter contre le réchauffement climatique.

Plus de 150 pays sur les 195 membres de la Convention Cadre des Nations Unies pour les Changements Climatiques (CCNUCC) ont déjà remis leur rapport pour préparer la COP21 qui se tiendra à partir du 30 novembre à Paris. Cette conférence, dont le but est de prendre la suite du Protocole de Kyoto à l’horizon 2020, se fixe également l’objectif d’entériner l’idée d’une transition énergétique au niveau mondial, pour se détourner des énergies fossiles et limiter la hausse de la température à l’échelle planétaire. Tous les pays qui ont déjà rendu leur rapport se disent prêts à réduire leur production de Gaz à Effet de Serre (GES). De nombreux pays, notamment les pays producteurs de pétrole, n’ont pas encore remis leur copie. On compte parmi eux, l’Arabie Saoudite, l’Iran, l’Oman, le Qatar, le Koweït, le Nigéria ou encore le Venezuela.

 

... mais « loin d’être suffisantes »

 

Selon une étude menée par le Grantham Institute de la London School of Economics publiée dans ce même rapport, les promesses des États faites jusqu’à maintenant ne permettront pas de limiter à 2°C la montée de la température. Au-delà de cette limite, les scientifiques estiment que les conséquences seraient irrémédiables pour la planète : le réchauffement climatique provoquerait la destruction de nombreux écosystèmes, la fonte des glaciers, la montée des eaux, etc. Or, selon cette étude, la température augmenterait de 3 à 3,5°C en 2100 avec les engagements actuels... Ainsi, même si les pays tiennent leur promesse, les deux tiers du chemin resteraient à parcourir. Pour ne pas dépasser la barre fatidique des +2°C, il ne faudrait plus émettre que 42 Gigatonnes (Gt) de CO2 en 2030, contre 53 Gt aujourd’hui. Si tous les États tiennent leurs promesses, on en serait encore à 54 Gt en 2030. C’est moins que si l’on poursuit sur la voie actuelle du « business as usual » qui nous amènerait à 60 Gt, mais c’est toujours 12 Gt de trop.

 

La  gestion internationale du climat : une utopie ?

 

Ces calculs permettent de fixer les véritables attentes que l’on doit avoir vis-à-vis de la COP21. Le gouffre est énorme entre les attentes et les promesses, à tel point que l’on peut se demander s’il est vraiment possible que les États parviennent à trouver un semblant d’accord pour remédier à la situation. Tous n’ont pas un intérêt immédiat à la mise en place de normes et de règlementation, notamment les pays pétroliers tels que le Venezuela, le Gabon, le Venezuela... dont l’économie repose principalement sur la production et l’exportation du pétrole. Penser ainsi, c’est voir les choses à court terme, or le climat se pense sur le long terme : il faut plus que des décisions prises autour d’une table. Il faut une révolution dans les manières de penser, ainsi que dans les choix politiques, culturels et sociaux des gouvernements pour espérer changer la donne.

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