L’impact du Projet du Grand Paris sur l’Ile-de-France

Paris est une ville mondiale qui perd tous les jours un peu plus son rang face aux villes des pays émergents. Si son statut de 6ème puissance économique mondiale n’est pas menacé, c’est au delà des frontières que la France l’est. En Europe, la ville Lumière commence à être distancée par Londres, sa grande rivale de toujours, sur les emplois, la croissance ou les investissements étrangers.

Pour répondre à la nouvelle concurrence entre villes, les politiques ont mis en place le projet de la métropole du Grand Paris. Ce projet s’attaquera au défi auquel fait actuellement face la capitale française.

 

La métropole de Paris divisée en 3 zones
 

Le principal problème de la métropole de Paris est sa délimitation. A l’inverse des autres grandes capitales européennes comme Londres ou Berlin, la superficie de Paris est depuis longtemps la même, le dernier agrandissement de la ville remontant à la loi du 16 juin 1859. Et est donc totalement en désaccord avec la réalité actuelle. Aujourd’hui, on peut définir 3 zones dans Paris et sa métropole. La première est la plus simple : c’est Paris Intra-muros. En tant que telle on ne peut pas la considérer comme une ville mondiale puisque sa population dépasse péniblement les 2 millions d’habitants et le quartier financier se trouve en dehors de la ville (La Défense se situe dans les Hauts de Seine). La deuxième zone comporte Paris et la petite couronne, ici par contre on peut parler de ville mondiale, avec tous les centres de décision nécessaires. Cette délimitation est peuplée par 6,1 millions d’habitants pour une superficie de 755km². Enfin la troisième zone est Paris Métropole, qui elle ne s’arrête pas à la petite couronne mais va plus loin, et comporte au total 9,32 millions d’habitants pour une superficie de 2546km². L’un des buts du projet Grand Paris est de  simplifier toute les couches administratives existantes comme les communes, les intercommunalités ou encore les communautés d’agglomérations.  

 

Un projet qui touchera en premier lieu les transports en commun

 

Le Grand Paris Express, c’est le nom donné au projet de réseau de transport. Celui-ci sera composé de quatre lignes de métro et de l’extension de 2 lignes déjà existantes. Il faut savoir que les transports à Paris et en banlieue sont organisés en toile d’araignée, c'est-à-dire que tous les métros, et les RER partent de Paris dans 4 ou 5 pôles importants par exemple Gare Saint Lazare, Chatelet ou la Gare Montparnasse. A cela il faut préciser que les lignes de métro s’aventurent peu hors de Paris. Cela résulte a des déplacements banlieue – banlieue très compliqués et très longs, et qu’on doit souvent passer par Paris.

Les 4 lignes créées seront majoritairement basées dans la petite couronne (départements 92,93 et 94) et dans la grande couronne (départements 77, 78,91 et 95). Celles-ci seront organisées en rocade autour de la capitale, facilitant ces fameux déplacements inter-banlieue. Aux niveaux des lignes agrandies il y a le métro 14 qui désormais reliera Orly au sud, jusqu'à Saint Denis Pleyel, où elle aura une liaison avec le métro 13 ainsi qu’avec trois des nouvelles lignes. Enfin le métro 11 sera prolongé à l’est jusqu'à Noisy-Champs. Cet ambitieux projet a pour but d’améliorer le déplacement des 8.5 millions de voyageurs qui empruntent quotidiennement les transports, ainsi que tous les touristes.

 

Le Grand Paris, c’est aussi une régénération de certains quartiers abandonnés

 

Certaines de ces gares se trouveront sur des zones dites enclavées, c'est-à-dire des zones qui sont difficiles d’accès et qui connaissent un climat social difficile, c’est principalement le cas dans des villes de la Seine Saint Denis et dans le Val de Marne. Ce projet devrait avoir un impact social, outre les milliers d’emploi crées, ces quartiers, et mêmes les villes dans leur ensemble devraient être régénéré. Créations de nouveaux logements, refontes des anciens, de nouveaux lieux culturels, etc. Ces quartiers désenclavés devraient permettre d’assurer une certaine paix sociale dans ces territoires politiquement très clivés.

 

Un futur gouffre financier ?

 

En ces temps de crises, le financement est scruté par tous les observateurs, et si le coût total n’est pas encore connu, nous savons que Le Grand Paris Express, qui comporte 200km de voies et 75 gares était originellement évalué à 18.3 milliards d’euros en 2010. Ce chiffre a bien évidemment évolué, et est monté à 29.9 milliards d’euros selon le rapport Auzannet remis à l’ex-ministre Cécile Duflot. . Il faut rajouter à tout cela les futurs logements, les reconstructions, le marketing... mais aussi les délais qui ne devraient pas être respectés.

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