Laissez-nous tranquilles #6 : La vie continue

16/11/2015

Ce week-end, les attentats ont touché Paris, mais ils ont affecté les esprits dans toute la France et dans le monde entier, qui se sont unis derrière la capitale française. La meilleure réponse à apporter aux terroristes.
 

 Lundi 16 novembre, place de la République, des Parisiens rendent hommage aux victimes des attentats de vendredi dernier. (Léo Sanmarty)


La tristesse nous saisit parfois d’une façon indéscripitible. Tout notre corps tremble, et notre esprit se perd dans un océan de pensées négatives à nous faire perdre tout sens de l’endroit où nous sommes et de ce que nous sommes en train de faire. Vendredi soir, une grande partie d’entre nous a dû ressentir cela. Nous avons pourtant déjà connu des évènements tragiques, le 7 janvier nous ayant prouvé à tous que l’Etat Islamique pouvait s’attaquer à notre pays. Mais en ce tristement bien nommé vendredi 13, la douleur indescriptible s’est propagée encore plus profondément dans les cœurs meurtris des Français. Les 129 personnes assassinées durant cette attaque sont peut-être moins symboliques que les dessinateurs et les collaborateurs de Charlie Hebdo, ces attentats inhumains de Daesh nous les assimilent tout de même à des proches, à tel point que l’on ressent comme une boule dans notre ventre, comme si, même en tant que personnes non-touchées directement par les attentats, nous avions tous perdu une part de notre vie aussi en ce soir de novembre. Mais la vérité est là : nous sommes bel et bien toujours en vie, et même si nous nous mettons dans la tête que chacun d'entre nous aurait pu être à la place des victimes des attaques de vendredi, il faut continuer à vivre. Comme avant. Ne pas se laisser envahir par la peur de mourir, par la crainte d’aller dans des bars, à des concerts ou dans des stades de foot seulement parce que des fanatiques ont voulu nous montrer que ce n’était pas une bonne chose. Mettons en avant la joie de vivre, la solidarité et l’unité face au malheur, car c’est le seul et unique moyen de ne pas se noyer dans la tristesse. Après tout, nous sommes en France, à Paris, qui mieux que nous peut se vanter de représenter l’esprit positif et les soirées interminables dans la bonne humeur et l’amour des choses de la vie ? Faut-il laisser l’Etat Islamique nous dégoûter de ces choses qu’on adore parce qu’elles pourraient causer notre mort, juste par malchance ? Enfin, faut-il écouter Nicolas Sarkozy et consorts quand ils refusent l'union politique? Non, non et encore non. Nous ne sommes pas nés pour craindre, nous sommes nés pour profiter de la chance qui nous est offerte en venant au monde, même si celui-ci est rempli de défauts. Français comme étrangers, si nous luttons contre Daesh, c’est parce qu’ils veulent nous empêcher de profiter de tout ça. Aussi arrogants que nous pouvons parfois être, surtout en tant que Parisiens, nous avons également des valeurs fortes dans nos ADN, qui nous poussent à continuer le combat de manière simple, à nous rassembler face à l'interdit, et pafois face au risque. Nous sommes inarrêtables quand il s’agit de lutter en silence, de vivre à 200 à l’heure dans des rues animées jusqu’à l’aube et de voir l’alcool couler à flots de nos verres du vendredi soir. Et que le sang qui a coulé ne nous fasse pas frémir, les balles ne nous fassent pas flancher, et le bruit des explosifs ne nous assourdisse pas définitivement. Ecoutez plutôt le doux son du silence qui s’est élevé ce lundi midi dans toute la France, mais aussi dans le monde. Notre meilleure réponse aux attentats, c’est justement de ne pas en formuler. Oublions Daesh, les frappes aériennes, les bombes, les morts, la peur… et sourions. Car c’est la vie, tout simplement.

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