Assaut à Saint-Denis, à la recherche d’Abdelhamid Abaaoud

18/11/2015

Une importante opération du RAID a eu lieu ce matin dans le centre de la ville de Saint Denis.
 

 Les forces de police dans le centre-ville de Saint-Denis, ce matin. (photo AFP)


Vers 4H20 du matin, à Saint Denis, près de la célèbre basilique, les forces de l’ordre ont lancé une opération du RAID dans un appartement ou était cachées plusieurs personnes liées aux attentats du 13 novembre. Au moins deux de ces individus sont morts dont une femme qui s’est fait exploser après avoir ouvert le feu sur le RAID, une première sur le sol français. Sept autres personnes ont été interpellées lors de l’assaut qui s’est déroulé dans un contexte jamais vu auparavant selon le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve. L’opération antiterroriste, menée par le RAID et la BRI (brigade de recherche et d’intervention), visait l’instigateur présumé des terribles attentats, Abdelhamid Abaaoud, qui était susceptible de se trouver à Saint-Denis. Aucune confirmation de sa présence n’a pour le moment été annoncée.
Selon le communiqué du Procureur de la République de Paris, l’assaut est désormais terminé et tous les terroristes ont été appréhendés. Dès le de début de l’opération, une femme a utilisé son gilet explosif, un deuxième terroriste est mort lors de l’assaut puis trois individus ont été par la suite placés en garde à vue. Six policiers du RAID et de la BRI ont été blessés, tandis que des riverains ont été touchés par des ricochets de balle. Ce sont donc sept individus qui se sont confrontés aux forces de l’ordre, lourdement armés. Les policiers avaient d’abord été mis sur la piste d’un point de chute des attentats de vendredi dernier, grâce à un téléphone retrouvé dans une poubelle non loin du Bataclan. Dans ce téléphone, les inspecteurs ont retrouvés un message envoyé le soir des attentats : « on est parti on commence ». La géolocalisation a indiqué que l’appareil appartenait à un individu qui était passé dans cette ville de Saint Denis.

Les lieux publics fermés et l’Etat d’urgence prolongé

Il était fortement conseillé aux habitants de Saint Denis et à ceux qui devaient s’y rendre pour travailler, de rester chez soi. La ville de Saint-Denis a diffusé la liste des établissement scolaires fermés. Même si L’université Paris-VIII a indiqué sur les réseaux sociaux ne pas avoir reçu de demande de fermeture, la direction a finalement pris l’initiative de demander à ses étudiants de ne pas venir. Le trafic est par ailleurs perturbé sur la ligne 13 entre les stations Saint-Denis Université et Carrefour-Pleyel. Suite à ces évènements, l’état d’urgence pourrait être prolongé pendant plusieurs mois, alors que certaines personnes estiment que cette décision irait à l’encontre de nos libertés. Une idée qu’avait déjà soulevée François Hollande suite aux attentats du 13 novembre, qui accroît les pouvoirs des autorités policières et administratives.
Pour être clair avec l’état d’urgence, il n’y a plus de contrôle judiciaire lors de perquisitions, ce qui pourrait engendrer plusieurs dérives. Le contrôle de la presse serait de rigueur, et le projet de loi supprime une ancienne disposition du texte datant de 1995, permettant la censure de la presse. Le régime de l’assignation à résidence serait modernisé et élargi à toute personne à l’égard de laquelle il existerait des raisons sérieuses de penser que son comportement serait dangereux. De ce fait la question de la sécurité au prix de notre liberté se pose, la menace justifie-t-elle ce type de contraintes ? La priorité, en ce moment, reste avant tout l’identification des terroristes interpellés lors de l’assaut de Saint-Denis, afin de savoir si Abdelhamid Abaaoud ou encore Salah Abdeslam, le huitième terroriste de vendredi, étaient bien présents ce matin. Si la présence d'au moins un des deux hommes est avérée, cela pose des questions de sécurité encore plus sérieuses au niveau des frontières françaises. Le président de la République François Hollande s’est quant à lui exprimé vers 13h, indiquant qu'il avait pris la décision d'élargir l’etat d’urgence et de rétablir le contrôle aux frontières, tout en exprimant "sa gratitude envers les forces de l'ordre".

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