Jonah Lomu, une légende s'en est allée

Jonah Lomu n’est plus. Alors que le sport mondial montrait hier soir au Wembley Stadium de Londres l’une de ses plus belles faces, il vient de subir un nouveau drame ce mercredi matin : l’ex-rugbyman néo-zélandais Jonah Lomu s’est éteint.
 

A 20 ans seulement, Jonah Lomu était déjà une machine à essais sous le maillot néo-zélandais. (AFP/Vincent Amalvy)


Né en 1975, Jonah Lomu était une grande figure du rugby mondial. Souvent considéré comme l’un des rois de ce sport, il souffrait depuis 1997 d’un dysfonctionnement rénal, ce qui l'avait forcé à a se retirer des terrains à seulement 27 ans. Après treize années difficiles marquées par la maladie, la légende All-Black est morte cette nuit à Auckland d'une attaque cardiaque.

Un héros de son sport…

Jonah Lomu s’est fait connaitre du grand public en 1995 lors de sa fantastique Coupe du Monde en terres sud-africaines. Héros des All Blacks, il aura porté à 63 reprises le célèbre maillot noir du XV de la fougère. Contrait d’arrêter sa carrière internationale en 2002, il a plusieurs fois essayé de revenir sur les terrains de rugby, malheureusement sans succès.
Sur les terrains, Lomu était un monstre que tout le monde craignait. Le Néo-Zélandais a pourtant évolué à peine plus de quatre ans au plus haut niveau, une courte période suffisante pour faire vivre sa légende à travers les années. Deux Coupes du Monde, pour le révéler aux yeux du grand public, en 1995 et 1999, dans lesquelles il aura éclairé de sa classe les stades sud-africains et britanniques. Lomu, c'était l'archétype du joueur de rugby idéal, un ailier aussi puissant que rapide -  il courait le 100 mètres en moins de 11 secondes - qui pouvait inscire des essais d'anthologie sans l'aide de personne. L'essai où il piétine littéralement Mike Catt avant d'aller aplatir contre l'Angleterre en 1995, et ses deux réalisations face à la France quatre ans plus tard sont des chefs-d'oeuvre rugbystiques qui n'ont que rarement été égalés, si ce n'est jamais. Les témoignages d'après-match de ses adversaires, que l'on pourrait quasiment considérer comme des victimes tant ses charges étaient dévastatrices, symbolisent le côté unique de Lomu dans l'histoire du rugby mondial. Il n'a pourtant pas remporté de Coupe du Monde, lui qui est pourtant le meilleur marqueur d'essais de l'histoire de la compétition avec 15 réalisations, échouant en finale contre les Sprigboks Sud-Africains en 1995, puis en demi-finale en 1999 face à l'équipe de France, dans ce qui reste aujourd'hui encore l'humiliation la plus importante de l'histoire du rugby néo-zélandais. Comme pour d'autres immenses champions, l'absence de palmarès n'est qu'un prétexte visant à limiter l'influence de Jonah Lomu, qui dépasse les frontières mêmes du rugby sur le sol Néo-Zélandais. Sur ses terres, la légende Lomu est une référence, une icône issue du sport phare d'un pays qui ne bénéficie pas d'une place importante dans le monde sportif en général. Il est un modèle pour beaucoup de jeunes rugbymen kiwis, mais pas que : son attitude sur et en dehors des terrains était également appréciée aussi bien en Nouvelle-Zélande que dans le reste des pays de la planète rugby. Ainsi, la mort de Lomu est ressentie par beaucoup de Néo-Zélandais comme la perte d'un être cher, qui aura marqué à sa manière une petite partie de l'histoire du pays  d'Océanie, déjà endeuillé cette année par le décès accidentel de Jerry Collins.

…Terrassé par la maladie.

Jonah Lomu souffrait d’un syndrome néphrotique et avait subi une transplantation de rein en 2004. Sa maladie avait commencé à l'affecter en 1997, mais au prix d'efforts physiques et mentaux éprouvants, il avait tout de même réussi à revenir sur les terrains quelques mois avant la Coupe du Monde 1999, qui a malheureusement constitué son dernier fait de "gloire". Jonah Lomu n'a jamais réussi à retrouver son meilleur niveau par la suite, l'état de son rein ne lui permettant plus de jouer au rugby de la manière qui l'avait élevé au rang de meilleur joueur de la planète le temps de quelques grandes affiches. Depuis sa retraite, après s'être essayé à une brève carrière de boxeur, Lomu voyait sa vie rythmée par les séances de dialyse pour maiintenir en état son rein greffé. On a malgré tout pu l'apercevoir durant la dernière Coupe du Monde en Angleterre, où, fidèle à son habitude, il n'hésitait pas à passer du temps avec les nombreux fans présents aux matchs et évènements auxquels il assistait.
Après avoir déjà frôlé le décès en 2011, il a cette fois succombé cette nuit de manière foudroyante. Pour preuve, il annonçait il y a peu lors d’un entretien au Daily Mail : « Mon but est de tenir jusqu’aux 21 ans de mes enfants ». Ils sont aujourd'hui âgés de six et cinq ans... Les témoignages de solidarité du monde du rugby ont bien évidemment été très nombreux pour honorer la mémoire de ce monument de l’histoire de l'ovalie, des hommages les plus sobres aux hakas de joueurs et d'écoles de rugby néo-zélandaises.

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