Journal satirique d'un étudiant anonyme : 12 décembre

12/12/2015

 


Cher journal, 

Je m'apprêtais à écrire une phrase parfaitement réfléchie et drolatique à souhait quand je me suis rendu compte de la stupidité de l'élocution « cher journal ». Franchement, tu es tout le contraire de cher. Tu n'es pas vraiment important pour moi, et je t'écris uniquement parce que je m'ennuie autant que Nabilla dans le public Des Chiffres et Des Lettres. Ensuite, ton prix n'est pas formidablement élevé, et même en francs il se compterait en centimes. Non, en réalité je devrais t'appeler « pauvre journal », ou même « journal ». Après tout, on ne se connaît pas encore bien tous les deux, et je ne vois pas pourquoi je commencerais les familiarités avec un morceau de plastique imitation croco immonde, comme si tu avais été directement découpé dans un pantalon de Florent Pagny. Mais je m'éternise sur des sujets inintéressants, passons aux choses sérieuses.
   La semaine dernière, je t'ai écrit en sachant très bien que mes mots ne resteraient pas secrets longtemps. En effet, ton destin n'est pas d'être un journal intime, mais plutôt à moi de rester anonyme tout en te dévoilant aux yeux d'un public dépressif. Le problème, c'est que ma mère t'est tombée dessus, par inadvertance sans doute. Et tu la connais-d'ailleurs non, tu ne la connais pas, mais fais comme si-elle m'a grillé assez rapidement. Elle a même trouvé le moyen de me dire que si je me faisais chier au point de t'écrire, je cite, « autant de conneries », ça vaudrait peut-être le coup qu'elle me mette au travail elle-même.



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