Arabie Saoudite, entre politique expansionniste et déficit record

C’est bientôt la nouvelle année, et l’an 1437, ou 2016 pour nous autres occidentaux, s'accompagnera de bonnes résolutions pour l’Arabie Saoudite, incluant notamment une diversification de son économie, beaucoup trop dépendante au pétrole. Avec la récente chute du prix du baril, le déficit du royaume wahhabite a en effet littéralement explosé, atteignant un record de 89 milliards d’euros en 2015.
 

 
Un puits d’abondance moins rentable… ?
 

Le Venezuela, la Russie et surtout l’Arabie Saoudite sont actuellement lancés dans une véritable guerre économique contre les Etats-Unis sur les prix du pétrole. Depuis la découverte et l’exploitation des champs de gaz de schiste sur le territoire américain, ce dernier est redevenu un producteur important de pétrole, au point même d’en devenir le premier depuis début 2014. Conséquence, pour éviter de perdre des parts du marché, les pays de l’OPEP, dont fait partie l’Arabie Saoudite, pratiquent une politique de baisse des prix. Le modèle d’exploitation des Etats Unis étant très couteux, il est plus rentable quand le prix du baril passe en dessous des 40 dollars, alors que l’Arabie Saoudite peut supporter des prix descendant jusqu'à 10 dollars/baril.

Les répercussions se font sentir principalement sur le Royaume Arabe. Si le sacrifice du prix a permis de minimiser les pertes de parts de marché, aux niveaux social et économique c’est autre chose. La baisse des recettes est synonyme d’une moins grande arrivée d’argent dans les caisses du royaume, pourtant richissime mais très dépensier, particulièrement dans le domaine militaire de par sa peur de l’Iran et de montée en puissance de Daesh. Il est par ailleurs le sercteur numéro un au niveau budgétaire avec 52 milliards d’euros déboursé cette année, c'est-à-dire le quart du budget.

L’or noir ne fait donc plus recette. A titre d’exemple, les prix du pétrole ont perdu autour de 60% de leur valeur.  Le fonds souverain recèle encore de près de 400 milliards de dollars mais ces derniers s’effritent à une vitesse foudroyante. Tout comme la France, l’Arabie Saoudite est un Etat qui mise beaucoup sur son secteur public : 95% des salariés du pays sont fonctionnaires… Il s’agit donc également d’un important secteur de dépense.


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